Les voyages immobiles…

30 mai 2010

Ma mère

Filed under: Poèmes — Martine @ 6 h 23 min

Que tu étais jolie Maman,

Dans ta belle robe blanche

Parsemée de papillons!

Tu marchais à pas pressés,

Me tenant fermement la main,

Passant devant les militaires

Qui chantaient:

« J’irai à la chasse aux papillons ».

Tu passais,

Si droite,

Si fière,

Secrètement flattée.

Tu étais si jolie Maman,

Talons ailés,

Épaules dorées.

Dans ta belle robe blanche,

Au soleil d’Afrique,

Tu resplendissais!

MMR tous droits réservés

24 mai 2010

Castelnaudary

Filed under: Expositions,mes oeuvres — Martine @ 12 h 15 min


Le temps est magnifique! Un bleu d’espérance estivale… Les talus s’ébouriffent de nuances vertes aux éclats métalliques, ciselures argentées…Sous le soleil, Les coquelicots flamboient leur satin, lézardent en attendant l’heure Tramontane…. J’admire et emplis mes yeux de ces bosquets, petites haies, cloisonnant jeunes vignes, jachères, parfois monceaux de ceps arrachés, champs de pois fourragés, blés barbus, colza déjà en graines… Je tente de graver le souvenir de ce pin parasol , si majestueux pour un projet qui me tient à cœur.

Enfin, voici Castelnaudary, perché sur son éminence, s’étalant, tranquille , jusqu’au Canal du Midi. Nous oublions son joli port, rendez-vous oblige. Nous arrivons largement dans les temps et attendons l’ouverture des portes en compagnie des premiers arrivés déjà nombreux. Il fait bon dans ce jardin, près de la pièce d’eau d’où s’élèvent de superbes plantes aquatiques éclaboussées de lumière. Sur la façade de la Mairie ( dont une partie des locaux sert aux manifestations artistiques ), une décoration naturelle peu commune attire mon regard: un énorme pied de campanules d’un bleu assez chaud, agrippé à la pierre. Clic-clac: dans la boite à images!

Onze heures: ouvertures des portes de la Galerie Paul Sibra pour le 43ème salon des Peintres du Lauragais. Tout le monde se presse, bouchonne et nous devons patienter deux ou trois minutes… Enfin, nous pénétrons et , nouvelle station, à droite, près d’une longue table. Des bénévoles de l’association vendent le catalogue. Celui-ci est gratuit pour les exposants sur la remise d’un bon ( que cette année, je n’ai pas oublié). La présidente Dominique Marteau, accueille, tout sourire, la foule qui se densifie de plus en plus. Un bisou, un gentil mot de bienvenu et nous la laissons à ses responsabilités. La première salle à gauche nous séduit par la qualité des tableaux. A la suite, la seconde salle, légèrement plus petite, abrite sur la moitié de ses murs les œuvres des artistes concourant pour le thème: « Rouge comme…» Cette année, un de mes grands Pastels est en compétition. Je découvre, admire le travail de chacun. La tâche du Jury n’a pas dû être facile devant ce bon niveau. Nous poursuivons la visite, nous glissant entre les groupes agglutinés par-ci, par-là, devant la grande huile d’un ami, la petite aquarelle d’un autre… Nous voici à présent dans le vaste couloir, menant à droite vers l’entrée et à gauche vers les trois espaces les plus beaux de la Galerie: un magnifique écrin en pierres de taille à la chaude carnation. Mon regard va , s’éparpille, s’attarde, revient, se pose sur un détail, scrute une technique inédite. J’évite soigneusement le micro, les tables chargées des verres, bouteilles et autres chips. Ce qui n’est pas toujours évident vu le nombre d’amateurs qui discutent, interpellent, bousculent ( seuls au monde). La salle du milieu est dédiée à l’invité d’honneur. Un artiste dont j’ai pu apprécier la magnifique inspiration, plus d’une fois à Carcassonne. Je découvre deux autres de mes tableaux ( des tournesols)dans la dernière salle parmi d’autres pastels. Partout, natures mortes, paysages, quelques nus, allégories brillent sur les murs et ravissent les amateurs. L’ensemble est rehaussé par d’admirables statues, bustes, têtes… Les conversations meublent l’espace d’un brouhaha montant en puissance. Beaucoup de figures connues, de copains que je n’ai pas vus depuis un an et parfois plus. En admiration face à de merveilleuses sculptures, je croise le sourire de Corinne Lodziac, femme de l’invité d’honneur. Nous bavardons un petit moment. Corinne me parle de mes rouges avec admiration; ce qui me touche beaucoup, de ses projets… Mais la pression, l’afflux des admirateurs met un point final à notre échange si intéressant. Bonjour par -ci, une bise par-là… puis un tap!tap!bruyant au micro me surprend à trois pas de lui. Dominique rassemble son monde autour d’elle, demande le silence à la nombreuse assistance: c’est l’instant-discours! Monsieur le Maire, visiblement content d’être là, lit le sien, plaisant et agréable. L’hommage rendu aux deux présidents précédents a été très apprécié, Je me trouvais d’ailleurs à la droite de l’un deux, visiblement satisfait de cette reconnaissance pour l’énorme travail accompli. Dominique reprend la parole ( extraits de son discours), parlant de leurs efforts axés sur la communication: création d’un site ouvrant le Salon sur le monde. Cela a provoqué un afflux de candidatures très important , élargissant le choix des sélections , permettant de hausser encore le niveau, contribuant au rayonnement de la culture artistique dans notre région. ( puis, se tournant vers l’invité d’honneur, le présentant):

Ce Lauragais qui a séduit ce grand voyageur qu’est notre invité d’honneur aujourd’hui: Thierry LODZIAC, au point qu’il décide de s’établir à Carcassonne en 2007. Il ouvre une galerie dans la Cité avant de s’attaquer à un nouveau challenge, faire du jardin du presbytère un lieu d’art contemporain suite à sa rencontre avec Monseigneur Bertrand de la Soujeole. Ce projet sera mené en étroite collaboration avec le recteur de la basilique Saint Nazaire et Celse; un lien fort entre le passé et le présent qui s’inscrit dans la durée d’un développement artistique haut de gamme.

Nous accueillons donc avec plaisir, ce grand artiste et voisin.» Lodziac prend la suite, très brièvement, sous des applaudissements fournis et amusés. Monsieur le président du Jury Jean-Louis avril ( rédacteur du magazine Univers des Arts) ira aussi de son petit laïus habituel sympathique et diplomate rendant le micro à la Présidente pour la lecture des récompenses: médailles de bronze, d’argent, d’or pour huiles et acryliques; viennent ensuite les mêmes énumérations en catégorie dessins, aquarelles, pastels ( pas pour moi cette année, tant pis…)Prix du Conseil général , Prix de la ville, Prix de la présidente, Prix Univers des Arts à Martine Madelaine-Richard à l’unanimité du jury… il me faut bien une ou deux secondes pour réaliser. Mes yeux s’écarquillent! Mes lèvres s’entre-ouvrent sur un oh muet.. En trois pas je suis près de Jean-Louis. Il m’embrasse, me félicite en me tendant le magazine d’art. Près de lui, Monsieur le Maire n’est pas en reste et réclame aussi son bisou. J.L Avril en quelques mots tente d’expliquer la démarche, le choix du Jury. Mon « Rouge feu» est celui qui collait le mieux au thème «Rouge comme…», sans parler du traitement de la couleur aux multiples rouges ou de la sensibilité exprimée, le fait d’aller au delà de la couleur…. Après avoir dégluti, un merci force le passage de ma gorge très contactée. J’embrasse Dominique qui me complimente chaudement. Je serre la main ou embrasse je ne sais plus, Corinne Lodziac ainsi que Jean Claude Garouste ( organisateur de l’immense Manifestation «L’art s’invite à Magrie»), arbitres, eux aussi, de ce vote en ma faveur. J’ai une pensée très émue pour mon amie inhumée la veille. Elle qui aimait tant mes pétales, m’encourageait à continuer à chercher, à aller au delà des apparences… Elle aurait été si heureuse pour moi! Avant de me laisser repartir auprès de Paul ( tout fier de son artiste), JL Avril me demande de lui envoyer un cliché car il va m’écrire un rédactionnel dans «Univers des Arts» quel beau prix! Je suis abasourdie et si contente!! Madame la Présidente remet les dernières récompenses pour les sculptures… Des récompenses sont aussi offertes aux élèves représentant le Lycée Jean Durand et le collège des Fontanilles pour les travaux concourant pour le thème « Rouge comme…». Puis tout le monde est invité à partager le verre de l’amitié. Des copains, de vagues connaissances viennent me serrer la main, ML.. et son mari G… m’embrassent très fort, le visage rayonnant. Mon amie Suzy est si heureuse pour moi, son fils aussi. Les artistes exposants sont appelés à l’extérieur pour la traditionnelle photo de groupe. Mais , j’étais complétement au fond. Le temps de me frayer un chemin, d’échapper à l’un ou à l’autre, de m’extraire…. trop tard! Encore un dernier tour de piste pour dire au-revoir, échanger des adresses courriels…. je rejoins mon Cher et Tendre vaguement impatient. Son estomac crie un peu famine ( le mien aussi) et nous avons une demi-heure de route devant nous….

15 mai 2010

Alcool fort

Filed under: Poèmes — Martine @ 18 h 26 min

Tableaux vivants, éphémères,

Un rendez-vous toujours prisé,

Vibrent, chaleur printanière,

Coquelicots et oliviers.

Troncs noirs, sinueux, se tordent,

Chapeautés de gris argenté.

Masets  ou petites bordes

Possèdent tous l’arbre de paix.

En Mai et Juin, nappes de feu

Envahissent champs et prairies,

Violents, brûlants sous le ciel bleu,

Comme une oeuvre d’Ambrodgiani.

Je déguste et m’enivre,

Cœur chaviré, tout chamboulé.

Ah Gaïa, tu me délivres…

Mon âme vole , enchantée….

MMR tous droits réservés

12 mai 2010

Abandon

Filed under: Poèmes — Martine @ 4 h 56 min

A demi échouée,

Algue parmi les algues,

Amollie, dorlotée,

Je m’abandonne aux vagues…

Epave chahutée,

Par l’océan peu sage,

Habillée de clarté,

Mon âme part en voyage…

Plume de goéland,

Ocellée de saphirs,

Je flotte sur le Temps

De délicieux soupirs…

Un monde de lumière,

Sous mes paupières baissées,

Arrase mes barrières,

L’ombre de mes pensées.

Lentement sous mes reins

L’eau creuse un nid de sable,

Où je me livre aux mains

Des flots vénérables…

MMR  tous droits réservés

9 mai 2010

Rencontres poétiques

Filed under: Poèmes,Rencontres poétiques — Martine @ 16 h 26 min

NARBONNE-PLAGE mai 2010

Rencontres poétiques mensuelles sur un thème en rapport avec l’ouvrage de l’invité de Marie-Andrée Balbastre. Nous terminons autour d’un apéritif-buffet où chacun apporte un plat, un gâteau, une boisson à partager…

« Rendez-vous chez moi à 15h30″ avait écrit MA.

Cela devient une habitude: la confection de deux cakes salés: un pour les copains poètes et l’autre pour mon mari. La recette varie d’un mois sur l’autre au grès de ma fantaisie ou de ce que contient le réfrigérateur: gruyère ou tome de brebis ( avec celui de chèvre, c’est pas mal non plus), olives vertes ou noires ( ou les deux), tomates séchées, noisettes, dés de jambon, herbes, bâtonnets de poivrons, carottes, haricots verts cuits à la vapeur… Leur parfum croustillant envahit la maison et anticipe le plaisir à venir. J’en connais qui vont se régaler ce soir!

Programme: en première partie: nos textes ( écrits sur le thème des animaux, poèmes, fables…). Seconde partie: conférence de Francis Crespin fabuliste, poète, auteur de plusieurs livres). » As-tu composé quelque chose à propos de la marée noire, des oiseaux mazoutés? La Louisiane est au cœur de l’actualité? » m’a demandé MA.  » Non, répondis-je, je n’ai rien à ce sujet. Cela fait bientôt trois semaines que la Muse m’abandonne. Heureusement que j’ai quelques poèmes en réserve. » Après avoir vérifié si tout était en ordre, un dernier regard au maquillage, me voilà prête. Pas encore bien familiarisée avec la nouvelle voiture, je pars à 15h10 pour éviter la pression. « Red Flat » ronronne doucement. La conduite douce, très souple est agréable. Cela me change de ma vieille skoda, si fidèle pourtant malgré son âge canonique. En arrivant, je me gare près de la piscine. Le petit chemin bordé de hauts murs en pierres sèches qui passe devant chez MA, m’impressionne trop. Pas question de risquer un accroc à la belle robe rouge de ma petite merveille. C’est donc à pieds que j’arrive pile-poil à l’heure du rendez-vous. « Coucou, c’est moi! ». Bisous… MA appelle son mari qui aujourd’hui porte la « casquette » de chauffeur. Une courte attente qui me permet d’admirer leur splendide glycine colonisant presque entièrement la pergola. Ses tresses blanc/parme se balancent mollement. Les taches d’iris, giroflées… éclairent l’immensité tendre de la pelouse. Un merle vole en rase-mottes, poussant un cri effrayé. Pas de chansons. Le temps est trop froid. G… nous invite à monter dans son carrosse, manœuvre avec aisance en rasant les pierres des murs et c’est parti. Direction la mer avec un arrêt pour prendre au passage Jeannine( poète et artiste-peintre). G… parle peu, concentré sur la conduite. Derrière J… et moi nous nous exclamons sur l’exubérance flamboyante des coquelicots. Il suffit d’un talus abrupt bien ensoleillé ou d’une jachère près d’une pinède pour qu’ils explosent de joie rayonnante. Nous regrettons cette bouderie de Phébus qui nous prive de superbes contrastes.  Passé les encombrements de Narbonne, voici le Massif de la Clape qui se profile. J’attire l’attention de mes copines sur l’élégance éblouissante des aigrettes pataugeant dans un petit marais. La traversée est plaisante malgré les plaies toujours visibles de la fameuse tempête de l’an dernier. Nous sortons de la forêt, dominons la mer brouillée, brumeuse puis c’est la plongeon sur la côte, Narbonne-plage et sa mairie-annexe. G… se gare au plus près de l’entrée. Le vent, saturé d’humidité, brasse des monceaux de bourre cotonneuse, blanchâtre. Elle tombe des peupliers en volant paresseusement, monte, descend, tourbillonne , finissant par nous chatouiller le nez. Horrible! Nous nous empressons de transporter paniers pique-nique, guitare, trépied, etc… et nous réfugions dans la salle. Il faut déplacer tables , chaises abandonnées telles que par une précédente réunion.; réorganiser l’espace au goût de MA. Voilà! Tout est prêt. Il est bientôt dix huit heures et… personne à part une chatte furetant un peu partout. Nous tentons de la chasser car son flair la guide vers nos provisions. Puis un poète arrive: c’est Jean-Louis N…  Tout de suite MA et lui répètent leur traditionnel duo d’accueil. Quelques accords de guitare et nos chanteurs interprètent » le petit cheval » de Georges Brassens. Le porte s’entrouvre sur un autre poète, puis un autre, suivi d’un trio… Les gens arrivent un figés par le froid. Petit à petit le groupe s’étoffe. Embrassades, plaisanteries réchauffent l’atmosphère. Le coin repas s’enrichit de pizzas, quiches, fromages, gâteaux, bouteilles, etc… Nous n’allons pas nous laisser abattre. Tap! Tap! Tap! MA sonne les trois coups, saisit sa gratte.  Sa voix monte , cristalline, soutenue par celle de JL à peine grave, très agréable. Nos chanteurs interprètent « le petit cheval » de G. Brassens. Nous reprenons tous en chœur le célèbre refrain. Dans la foulée, JL nous lit quelques petites histoires d’animaux , assez courtes où l’humour le dispute à la tendresse, tirées des romans de  Jules renard ou de Jean Anouilh. Charles trenet ne sera pas oublié lui non plus. Un délice. MA nous invite chacun à notre tour à lui succéder derrière le micro. Pour ma part je propose  » Les canards ». Une comparaison entre les cols verts des Hautes Alpes et ceux de Andernos sur le Bassin d’Arcachon: des lieux que je connais très bien. J… Nous sort une nouvelle de son chapeau: une jolie histoire d’araignée.  Camille ( Fredolisad), clin d’oeil doux et humoristique, nous raconte ses  » dinosaures ». Simon , de sa voix basse et timide, fouille sa mémoire afin de nous déclamer un souvenir émouvant. Un nouveau membre, se nourrissant de l’actualité , nous régale d’un texte drôle, parfois caustique. Un vrai chansonnier.  Et d’autres encore, qu’ils me pardonnent de zapper leurs noms, se succèdent avec talent. Certains poètes étant prolixes, guitares et chansons  reviennent de temps en temps afin de dynamiser, rythmer. Fin de la première partie.  MA se lève, présente Monsieur Crespin, lui offrant de prendre la parole. Cet écrivain, originaire de Lille, très souriant, parle de sa jeunesse, de ses voyages ( trente ans passés au Québec, quelques années en Afrique…), de son désir de retrouver ses racines à l’âge de la retraite. Ses fables sont adorables, malicieuses, vives. D’une voix claire, bien placée, il nous narre trois ou quatre d’entre elles. Ses recueils sont tous illustrés par le même artiste. Des dessins au style fin, amusant, très original se promènent au fil des pages… Mais il se fait tard. Les estomacs grognent, protestent.  Des mains tentent de cacher quelques bâillements. MA remercie cet auteur si attrayant, puis nous invite tous à prendre le pot de l’amitié. Après les nourritures spirituelles, voici venu le temps de passer à celles bien terrestres. L’humeur est gaie, très conviviale. Nous sommes tous heureux de nous retrouver, de tenir à l’écart, pour quelques heures, nos soucis. Une guitare reprend du servie. Soudain une pluie de notes très connues survole cette aimable assemblée: le sirtaki, musique du film  Zorba le grec. Deux dames tentent de retrouver les pas de cette danse. Mes jambes s’ impatientent, puis les accompagnent avec allégresse.  Au début hésitante, puis prenant confiance, hop!, revoilà Martine et 15 printemps. La cadence endiablée rougit sûrement mes joues. Qu’importe. Wouaw! Que c’est chouette! Suis même pas essoufflée! Finalement, comme le vélo, cela ne s’oublie pas et revient au triple galop! La chatte, une fois de plus, profitant du passage de quelqu’un pour entrer, rode, lèche une miette de thon par-ci, quémande un brin de jambon blanc par là… Après un dernier refrain, chacun se prépare à rejoindre ses pénates. Il est tard. Vingt et une heures trente minutes. La pluie accélère le repli général. G… et Marie-Andrée décident d’emprunter l’autoroute pour un retour plus rapide. Mes paupières papillonnent . Difficile de tenir le coup pour embrasser Jeannine lorsque nous la laissons chez elle. Puis c’est mon tour, un quart d’heure après, de retrouver mon petit coquelicot métallique.  Un réverbère m’éclaire suffisamment pour glisser la clef dans la serrure. Mais ensuite… heu…voyons… comment allumer les feux de route? Léger tâtonnement… c’est bon  » et la lumière fût! »Maintenant, les essuie-glaces? Zut!C’est le lave-glace. J’appuie à l’extrémité de la manette, tente de la baisser, de pousser en avant, en arrière… Zou, de nouveau le lave-glace asperge tout. Ah, pour ça, le pare-brise va être im-pe- cca-ble!  Enfin, soulag’ment d’ma part! Les balais vont et viennent bien gentiment.  Je me marre toute seule dans le désert silencieux de la nuit. Vivement la maison. La fatigue commence à me tomber sur les épaules, la tête, les réflexes… Vingt trois heures trente: ouf! « Home sweet home »: suis chez moi!

LES CANARDS

Qu’ils soient des Hautes Alpes

Ou bien à Andernos,

Le cou ceint d’une écharpe

Petits chiens cherchant l’os,

Les canards se dandinent.

Volontiers ricaneurs

Sur la glace, ils patinent.

Sur l’étang , les rameurs,

Offent le même spectacle

De comiques disputes,

Poussent un coin-coin qui claque!

Pour un croûton, quelle lutte!

Ils plongent à qui mieux mieux,

Portant haut le croupion,

Plantés comme des pieux

Dans l’ Bassin d’ Arcachon!

Mais font triste mine

Dans l’air de la montagne,

Se gèlent, se ratatinent

Et délaissent leurs compagnes.

Tous ces petits Donald

Réveillent la région,

Courses et cavalcades,

A grands coups de clairon!

MMR tous droits réservés

2 mai 2010

Un an !

Filed under: Poèmes — Martine @ 13 h 04 min

Cela fait un an que nous nous connaissons( enfin.. à peu près). Un matin, j’ai découvert ton gentil commentaire. L’avatar était superbe. Quel masque mutin, et élégant en même temps. Au fil des jours, apprenant à te connaître, il s’est révélé bien choisi: c’était tout toi. De cabrioles esthétiques en jeux de mots humoristiques tu m’as fait rire, réfléchir ou rêver…. Et tu continues avec gentillesse et talent. Pour marquer le coup, voici un poème que tu aimes beaucoup. Belle journée à toi ma chère Odile. Gros gros bisous bien sonores!!! Martine

LE REMPAILLEUR

Appliqué,

Concentré,

Gestes simples,

Efficaces,

Beau métier, si discret,

Bien loin des populaces.

Les doigts tricotent,

Agiles,

Tissent,

Entrelacent.

Cela a l’air si facile,

Comme un rêve que l’on casse.

Il plie les brins de paille,

A l’endroit, à l’envers.

Recule,

Juge le travail,

L’étrange pull-over:

Une chaise, un fauteuil,

Un banc, un tabouret.

Il a le compas dans l’oeil,

Travaille sans filet.

Dans la lumière blonde

Flottent mille particules.

Ses bras y créent des ondes,

Bizarres majuscules.

Un parfum sec,

Piquant,

Chatouille les narines,

Fait naître le souvenir

Des courses dans les champs,

La chanson des clarines,

Celui des Grands Parents

Au coin de la cheminée

Ravissant les enfants

De sorcières et de fées…

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