Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

15 mai 2022

Et voici mai…

Nous pourrions dire qu’en ce moment, c’est le jardin de toutes les senteurs. Œillets mignardises, pois de senteur, rosier ancien et chèvre-feuille poussent à qui mieux mieux leurs notes parfumées. C’est un enchantement olfactif!

Beaucoup de fleurs, cultivées ou sauvages, s’épanouissent en rivalisant de beauté et de fragrances étourdissantes. Ce qui fait le bonheur de maintes petites vies. Beaucoup d’oedémères ( coléoptères), de mouches ( diptères), quelques papillons ( lépidoptères) d’abeilles domestiques et sauvages ( hyménoptères) se croisent et s’entrecroisent un peu partout autour de la maison. A l’hôtel à insectes quatorze tubes de la canne de Provence ont leur bouchon d’argile. D’autres ont encore leur porte fermée l’année dernière. Chaque classe d’abeilles naissant à différents moment du printemps et de l’été. Ces jours -ci  des prétendants aux beaux yeux verts sont à l’affût et inspectent les tuyaux à tour de rôle. Ils sont trois  ce matin à faire le pied de grue sur l’hôtel ou les plantes à proximité. Ces demoiselles se font désirer.

Dans les jardinières les fraisiers sont en fleurs et commencent à développer leurs fruits. Mais les plus hâtifs sont ces jolis petits fraisiers des bois.  Pas assez sucrés mais quel parfum!

Cette année une ravissante surprise est née sous l’olivier. L’ophrys abeille ( ophrys apifera). Une orchidée sauvage très fragile et sensible à l’excès d’humidité. Ce printemps elles sont deux, à 50 cm l’une de l’autre. Dans le reste du jardin foisonnent les orchis pyramidales (anacamptis pyramidalis: rose fuchsia ou rose pâle), les sérapias rouge sang,  qui seront sous peu rejoints par les orchis bouc dont les hampes florales commencent à s’élever.

La fauvette mélanocéphale, dont je vous ai parlé la dernière fois, m’a offert une grande joie. J’ai eu la chance d’assister à sa chasse au cœur du pommier. Et celle-ci fût très positive. Mr Fauvette a capturé une grosse chenille verte bien grassouillette. De quoi bien nourrir sa nichée.

 

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

Orchis pyramidales roses et sérapias rouge sang colonisent ma petite friche mais pas seulement. Elles font  à présent le tour de la maison et apprécient même pots et jardinières.

.

Blog en pause.

MMR ( tous droits réservés)

1 mai 2022

Avril entre soleil et pluies

L’esprit préoccupé, mon évasion: le jardin.

Début avril, par le plus grand des hasards, j’ai assisté à un étrange ballet  silencieux dans le ciel.  Il m’a fallu quelques secondes pour réaliser que je contemplais des cigognes. Un énorme vol.  C’était la première fois de ma vie que je contemplais un tel spectacle. Dommage que je ne m’en sois pas aperçu plus tôt. Le temps d’attraper mon APN et la plus grande partie  était déjà hors de vue.

.

 

La semaine dernière, dans le rosier de ma voisine, monsieur Fauvette Mélanocéphale cherchait le lieu parfait pour construire son nid.  Madame et lui, après quelques allées et venues avec plumes et brins d’herbes, ont abandonné. Certainement à cause du bruit de ponceuse s’élevant de la maison de la voisine. Tant pis. Espérons que ce sera plus calme l’an prochain.

Dans ma petite friche, la floraison des orchidées se poursuit. Après celle de l’Ophrys araignée,  voici l’Ophrys lutea.  Cette adorable sauvageonne se multiplie tranquillement un peu plus chaque année.  Ainsi que le thym d’ailleurs.

Avril s’en va. Voici Mai. Je vous souhaite un bon premier Mai  accompagnée du muguet du jardin.

.

MMR ( tous droits réservés)

27 mars 2022

Une jolie envahisseuse

Filed under: au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , — Martine @ 4 h 32 min

Le printemps est bien installé. Derrière la maison, la zone laissée intentionnellement sauvage, est peu à peu  colonisée par les anémones. Chaque année c’est un enchantement. Là, vous n’en voyez qu’une partie.

A

N

E

M

O

N

E

S

Jamais une seule d’entre elles n’a été plantée dans la friche. A l’origine, de l’autre coté, j’en avais installées en bordure de la plate-bande côté cuisine ( là où poussent les hellébores déjà évoquées précédemment). En deux ou trois ans elles ont disparu. Mais leurs graines ont apprécié ce coin du jardin  à l’ombre de la maison. Au fil du temps la population des anémones s’accroit. Couleurs et formes se mélangent et créent un tapis somptueux.

Ces adorables conquérantes progressent tranquillement et quelques têtes rouges, violettes, fuchsias, blanches ou roses émergent sous l’étendoir et l’olivier en compagnie des pâquerettes. Cela nous oblige parfois à quelques gymnastiques pour les éviter. Qu’importe. Quel bonheur que ce rendez-vous annuel!

.

MMR ( tous droits réservés)

Blog en pause

Merci du fond du cœur pour toutes vos visites et commentaires qui font énormément plaisir

27 février 2022

Printemps es-tu là?

Le calendrier me dit que nous sommes en hiver. Mais, mon jardin, lui, n’est visiblement pas au courant. Il se croit au printemps.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tandis que là-haut, la buse variable me survole paresseusement, je me penche pour humer le parfum de la première jacinthe. Quel délice!  Côté cuisine, une  ravissante surprise s’épanouit au soleil: l’hellébore née  de semis. Trois ans qu’elle se faisait désirer. Quelle coquette!  Cela valait la peine de l’attendre. J’aime ses couleurs bonne-mine.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les oiseaux sont toujours aussi présents.  Un autre pinson du nord fréquente la mangeoire depuis deux jours. Il n’a pratiquement pas de noir sur la tête contrairement à celui montré dimanche dernier. Chaque année , imitant les anémones, les violettes blanches  et leurs cousines aux différents tons de violet colonisent peu à peu les pelouses. Un seul regret: elles n’exhalent rien.  A l’hôtel à insectes la vie reprend également. Un tube de canne provençale a son bouchon argileux percé. Trois petits mâles osmie cornue volent  de-ci, de-là; parfois se mesurent l’un à l’autre.  Mais le plus souvent ils restent plaqués au bois et attendent… attendent… la sortie des femelles.  Ces Roméo en tenue de gala ont bien de la patience. Bien que l’un d’eux  enfile parfois sa tête à l’entrée du nid où dort la belle Juliette. « Hou! Hou! Debout! Il fait un temps superbe! Viens respirer le bon air printanier! »

Lauriers tin et mimosas lancent à tout va leurs merveilleuses  fragrances. Printemps es-tu là?

.

Soleil flamboyant-

L’or vibrant du mimosa

Plus encore

.

MMR ( tous droits réservés)

12 décembre 2021

Une année au jardin ( suite et fin )

Filed under: animaux, insectes...,au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , — Martine @ 3 h 19 min

Juillet:  Quelle surprise en sortant de découvrir dans le sas de l’entrée ce beau papillon.  Je pense que c’est le demi-deuil: melanargia lachesis.  Mais il existe d’autres melanargia  assez semblables. Tout en transparence, on croirait contempler le dessin d’un vitrail. Il lui faut un petit moment pour comprendre qu’à sa droite la liberté lui est largement offerte.

Aout: Tranquille , ce criquet égyptien juvénile se prélasse sur la feuille du tournesol.  Effets d’ombre et lumière comme au cinéma. Cet orthoptère se la joue un peu star, non?

Septembre: Un lever de  soleil parmi tant d’autres. Mais je ne m’en lasse pas.

 

Octobre: C’est lorsque arrivent les pluies automnales que les belles de nuit s’épanouissent et éclairent ce coin toujours à l’ombre.  Fuchsia, blanche, jaune, rouge et parfois, comme ici, une panachée.

Novembre: Quel n’est pas notre étonnement en découvrant une levée de champignons dans la montée de notre garage. Celui ci-dessous ressemble à un rosé des près. D’autres, parfaitement inconnus  surgissent jusque sous la voiture formant un rond de sorcière.

Décembre: Les Pyrénées sont de toute beauté au levant.  Il a neigé en abondance très tôt cette année.  Mon imagination invente des montagnes de chantilly framboisée.

.

MMR ( tous droits réservés)

5 décembre 2021

Une année au jardin

Filed under: animaux, insectes...,au Jardin: fleurs, arbres... — Martine @ 6 h 20 min

Une année au jardin.

Combien il est difficile de choisir une photo pour chaque mois. Car celle-ci n’est pas du tout représentative. Il se passe tant de choses.

Janvier:   ce chardonneret, en arrière plan, nous a frappés par sa gloutonnerie. Nous l’avions surnommé Bouboule. Il était constamment là à se goinfrer. Il m’arrivait parfois de le chasser, pour son bien. Mais il revenait toujours guidé par son estomac insatiable.

Février:  les premières abeilles débutent leur chassé-croisé parmi les fleurs.  C’est également le début d’une activité intense  à l’hôtel à insectes.  Les mâles guettent la sortie des femelles.  Un xylocope imposant poireautait en compagnie des petits osmies.  Pour distinguer Mr xylocope de Madame, il faut regarder le bout des antennes. Madame les a complètements noires.  Chez les osmies,  Mr a un toupet de poils blancs sur la face.

Mars: Le romarin m’a émerveillée par le contraste formé avec l’éblouissant forsythia . Et puis c’est également le début de la floraison des orchidées indigènes parmi les pâquerettes et pissenlits.

Avril: Partout ça chante, ça construit des nids. Et c’est aussi le rendez-vous avec ce lilas pourpre . Une repousse prise au pied de celui de mon grand-père paternel. C’est le seul souvenir du jardin de mes grands-parents. Quel parfum!

Mai: C’est sans doute le mois où le jardin est au sommet de sa beauté. Grâce au soleil et aux pluies printanières il explose de vitalité. Un véritable enchantement de vie pépiante et zonzonnante parmi maintes couleurs.

Juin:  encore beaucoup de fleurs, ainsi que des cueillettes dans les carrés potagers. Et cette rose trémière qui assurément avait un franc succès. Abeilles  sauvages et domestiques, bourdons, mouches et coléoptères se succédaient sans relâche. Que de monde sur cette grande plante!

La suite dimanche prochain.

MMR ( tous droits réservés)

17 octobre 2021

Un si bel automne

Automne avance à petits pas, comme en hésitant. Ses journées sont chaudes et lumineuses avec des matins très très frais. Mr Mésange, se croyant au printemps, lance son cri du nid.

Plus malin, un chardonneret a repéré de délicieuses graines parmi les carrés potagers. Cosmos, tagètes, tournesols sont picorés à vitesse grand V.

Une gueule de loup,  bénéficiant d’un orage tardif, sourit à pleine bouche à ces journées quasi estivales.

 

Les asters d’automne s’étalent en toute liberté jusqu’au pied des escaliers.

.

Soleil brûlant-

Une mouche se prélasse

sur octobre moelleux

.

Si petites que souvent elles disparaissent dans l’herbe: les spiranthes d’automne ( spiranthes spiralis). Blanche au cœur vert, légèrement frisotée, voici une orchidée fleurant bon la vanille.  Chaque année cette sauvageonne étend son aire colonisant mine de rien tout le jardin.

Peu d’abeilles sauvages butinent les dernières fleurs indigènes. Par contre, quelle joie que d’écouter l’activité intense des abeilles domestiques au cœur des abélias  à la délicate floraison rose nacré.

Les surplombant, deux immenses  arbousiers regorgent de fruits et de ravissantes clochettes  laiteuses.  Papillons, mouches, guêpes,  gros bourdons et oiseaux  se partagent ces délices sucrés.

.

Azur éclatant-

Fleurs, fruits et oiseaux chanteurs

C’est l’automne? vraiment?

.

MMR ( tous droits réservés)

Un grand merci pour vos commentaires que je découvre toujours avec un immense plaisir.

6 juin 2021

Doré comme…

Lever doré. Phébus sort nonchalamment de sa couette nuageuse.  Il promène sur le monde un regard incandescent, insoutenable. Mais paradoxalement, ce que ce feu fait du bien.  L’or solaire coule, ruisselle, allume des reflets mordorés sur ma peau, sur l’eau du Bassin. Richesse d’un instant proche de la perfection.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette couleur si précieuse, d’autres ont décidé de la « chiper » à l’astre du jour.  Je la retrouve aux pétales d’un sedum, d’un pissenlit, d’une giroflée. Mais également sur la somptueuse tenue de gala d’une minusculee araignée saltique; sur le corset d’un syrphe * ou d’une  toute petite abeille sauvage.**

Les jours où le mauvais temps s’éternise, cette teinte fait tant rêver à l’été.  Je lui cherche des synonymes qui roulent sur la langue comme autant de bonbons: ambré, blond, fauve, cuivré, vermeil, safran… Le vent agite les jaunets de mes tomates poires. Or sucré, juteux, si frais: une vraie gourmandise!

.

MMR ( tous droits réservés)

* syrphe: mouche appartenant à l’ordre des diptères

** peut-être une halicte?

18 avril 2021

Avril au jardin

Entre notes florales et notes musicales, instants vibrants de vie au cœur du jardin. Le soleil réchauffe l’atmosphère. Les oiseaux ont le cœur en fête.

Sur la pergola le merle lance trille sur trille.

Là-haut, au coin du toit, le sansonnet lui répond note pour note.

Très enthousiaste, il bat des ailes de curieuse manière. Il mouline, mouline… Aurait-il la prétention de nager dans l’océan du ciel?

Tandis que plus bas, le merle, ignorant superbement ce chanteur d’opérette, vocalise avec brio  à tous les temps du Printemps.

A un mètre de ce virtuose s’épanouit la grâce  neigeuse d’une Spirée de  vanhoutte (Spiraea van houttei). Son énorme tête ploie jusqu’au sol saluant le talent de l’estimé ténor. Ses millions de fleurettes sont elles-même appréciées par une foule de visiteurs empressés. Quelques hyménoptères ( abeilles sauvages, symphites jaune et noir) et coléoptères se glissent discrètement parmi l’affluence bourdonnante des diptères.

Quelle belle diversité chez les mouches! Aussi poilue qu’un sapeur,  noire et rouge brique une grosse tachinaire  se goberge de nectar.

A deux pattes de là, un petit bijou lui vole la vedette. D’une teinte extraordinaire une calliphoridae ( nommée vulgairement mouche bleue) pompe goulûment cette ambroisie offerte.

Lorsque soudain!

Un vrombissant joyau  l’éclipse de tout son émeraude métallisé.

La cétoine dorée (Cétonia aurata)  est un gros scarabée appartenant à l’immense famille des coléoptères. Ce lourdaud adore boire le sirop subtilement parfumé. Mais plus encore brouter les étamines délicates. Voyez-le s’enfonçant à demi dans la congère de pétales.  Heureusement, solitaire ce jour-là, ses dégâts sont minimes.

Au pied de la spirée est née une fleur très rare au jardin.

Un salsifis sauvage du genre Tragopogon . Mais lequel? Il en existe plusieurs.  Peut-être tragopogon porrifolius?

Après une bouderie de deux ans, sa floraison est si courte et discrète que j’ai  failli rater ce rendez-vous.  Deux autres pieds ont préféré naitre plus loin, à l’ombre protectrice et néanmoins légère du mimosa.

Pour terminer voici une petite merveille: Ophrys lutea.  Cette orchidée indigène colonise peu à peu une grande partie du jardin.

.

 

MMR ( tous droits réservés)

28 mars 2021

Printemps!

Filed under: animaux, insectes...,au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , , , , — Martine @ 6 h 14 min

Capricieux! Inconstant! Éblouissant! Ce ne sont pas les adjectifs qui manquent lorsque l’on veut parler de toi Printemps!

Pour fêter ton réveil, le 20 mars, la Météo avait commandé le soleil. Phébus, tout sourire, se plia en quatre pour faire plaisir. Il cerna d’étincelles le safran des narcisses; coula au bronze  l’or des forsythias; ébouriffa le miel des pissenlits; réveilla coucous et primevères; satina alysses et tulipes d’une chaleur bonne enfant…

Rien n’était trop beau pour toi. Le ciel, balayé de frais, devint un somptueux tapis floral: myosotis, lin, scabieuse, jacinthe, pervenche, céanothe, crocus, agapanthe… Mille nuances de bleu composèrent un tableau changeant à rendre jaloux Océan.

Infime, dans un coin d’horizon perdu, une peluche neigeuse flottait paresseusement. Ultime trace de l’oiseau tempête chassé à grands coups de rayons brûlants.

Nul ne devait assombrir  ta venue.

Tout devait être parfait.  Les fleurs offrirent le meilleur de leurs mots parfumés à la gloire de ce jour. Les oiseaux. Ah les oiseaux!  Ces petites boules de plumes  devinrent lyriques. Leurs notes amoureuses s’envolèrent à la conquête des cœurs.

En dansant sur le vent, sur ses voltes fantasques, abeilles, bourdons, mouches, papillons et autres coléoptères, célébrèrent Aphrodite, déesse de l’amour.

Même l’assommant chien d’à côté se fit un peu plus discret. Un ange poilu, museau pointu et longues oreilles, avait dû le toucher de ses ailes apaisantes. Quiétude, légèreté et joie étaient au menu de cette renaissance.

Par Vertumne,  dieu des jardins et des potagers, une envie irrépressible s’empara de moi; celle de plonger mes mains dans la terre; de nettoyer, tailler, désherber, semer, transplanter. Je me mis à féliciter  les abeilles, ces vaillantes petites ouvrières qui se dépensent sans compter.  Puis mes louanges allèrent aux  radis et à la salade à couper  prospérant résolument dans un des carrés potagers en dépit des gelées récentes. Sans oublier le talent d’imitateur du sansonnet s’époumonant, infatigable, au bord du toit. Tout à coup je me surpris à sourire pour rien, comme ça, dans le vide. Folie printanière?

Suave et ensorcelant Printemps. Quel bonheur que ton retour!

.

 

 

 

 

MMR ( tous droits réservés)

Older Posts »

Powered by WordPress