Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

6 juin 2021

Doré comme…

Lever doré. Phébus sort nonchalamment de sa couette nuageuse.  Il promène sur le monde un regard incandescent, insoutenable. Mais paradoxalement, ce que ce feu fait du bien.  L’or solaire coule, ruisselle, allume des reflets mordorés sur ma peau, sur l’eau du Bassin. Richesse d’un instant proche de la perfection.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette couleur si précieuse, d’autres ont décidé de la « chiper » à l’astre du jour.  Je la retrouve aux pétales d’un sedum, d’un pissenlit, d’une giroflée. Mais également sur la somptueuse tenue de gala d’une minusculee araignée saltique; sur le corset d’un syrphe * ou d’une  toute petite abeille sauvage.**

Les jours où le mauvais temps s’éternise, cette teinte fait tant rêver à l’été.  Je lui cherche des synonymes qui roulent sur la langue comme autant de bonbons: ambré, blond, fauve, cuivré, vermeil, safran… Le vent agite les jaunets de mes tomates poires. Or sucré, juteux, si frais: une vraie gourmandise!

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MMR ( tous droits réservés)

* syrphe: mouche appartenant à l’ordre des diptères

** peut-être une halicte?

28 mars 2021

Printemps!

Filed under: animaux, insectes...,au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , , , , — Martine @ 6 h 14 min

Capricieux! Inconstant! Éblouissant! Ce ne sont pas les adjectifs qui manquent lorsque l’on veut parler de toi Printemps!

Pour fêter ton réveil, le 20 mars, la Météo avait commandé le soleil. Phébus, tout sourire, se plia en quatre pour faire plaisir. Il cerna d’étincelles le safran des narcisses; coula au bronze  l’or des forsythias; ébouriffa le miel des pissenlits; réveilla coucous et primevères; satina alysses et tulipes d’une chaleur bonne enfant…

Rien n’était trop beau pour toi. Le ciel, balayé de frais, devint un somptueux tapis floral: myosotis, lin, scabieuse, jacinthe, pervenche, céanothe, crocus, agapanthe… Mille nuances de bleu composèrent un tableau changeant à rendre jaloux Océan.

Infime, dans un coin d’horizon perdu, une peluche neigeuse flottait paresseusement. Ultime trace de l’oiseau tempête chassé à grands coups de rayons brûlants.

Nul ne devait assombrir  ta venue.

Tout devait être parfait.  Les fleurs offrirent le meilleur de leurs mots parfumés à la gloire de ce jour. Les oiseaux. Ah les oiseaux!  Ces petites boules de plumes  devinrent lyriques. Leurs notes amoureuses s’envolèrent à la conquête des cœurs.

En dansant sur le vent, sur ses voltes fantasques, abeilles, bourdons, mouches, papillons et autres coléoptères, célébrèrent Aphrodite, déesse de l’amour.

Même l’assommant chien d’à côté se fit un peu plus discret. Un ange poilu, museau pointu et longues oreilles, avait dû le toucher de ses ailes apaisantes. Quiétude, légèreté et joie étaient au menu de cette renaissance.

Par Vertumne,  dieu des jardins et des potagers, une envie irrépressible s’empara de moi; celle de plonger mes mains dans la terre; de nettoyer, tailler, désherber, semer, transplanter. Je me mis à féliciter  les abeilles, ces vaillantes petites ouvrières qui se dépensent sans compter.  Puis mes louanges allèrent aux  radis et à la salade à couper  prospérant résolument dans un des carrés potagers en dépit des gelées récentes. Sans oublier le talent d’imitateur du sansonnet s’époumonant, infatigable, au bord du toit. Tout à coup je me surpris à sourire pour rien, comme ça, dans le vide. Folie printanière?

Suave et ensorcelant Printemps. Quel bonheur que ton retour!

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MMR ( tous droits réservés)

31 janvier 2021

P’tit Chêne

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — Martine @ 4 h 53 min

Pour l’Herbier de poésies, Adamante, ICI, nous propose d’écrire sur une de ses photos personnelles  : L’arbre creusois

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Il est un lieu, loin, très loin, où pousse une petite forêt. Parler de forêt est peut-être excessif  car les gens du coin la nomment « Le bois sans nom ». Pour y parvenir il faut traverser prairies, ruisseaux et marécages; des ronciers imposants; une mêlée inextricable d’ herbes hautes et d’arbustes exubérants.

D’hiver à l’automne

Sur la carte routière

Une tache verte

Cette sylve, si difficile d’accès, est préservée des hommes et de leurs cognées; des voitures 4X4 et du hurlement des motos tout terrain.

L’ombre des arbres

Leur noirceur si effrayante

Chape de silence

Mais, ce n’est qu’une apparence, un leurre de Gaïa. Car, derrière ce rideau inquiétant, tout un monde saute, court ou rampe. Le lapin d’Alice secoue  sa montre gousset  en se lamentant bruyamment: « En retard! Je suis en retard! ». Alice aussi est en retard… d’une histoire. Deux gros escargots unissent leurs destins tandis que le concert des grillons couvre leurs ébats. Bambi parle à une pervenche au bleu irréel. Et l’ours Baloo  compose une berceuse pour Mowgli. C’est un autre monde où le merveilleux règne en maître.  Où les arbres ont le don de parole. Tenez, justement, j’en vois un qui se penche pour mieux écouter la chanson de la vie.

Harmonie dorée-

La ronde des champignons

Celle des mouches

P’tit Chêne à la voix flûtée

Se joint au merle siffleur

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30 août 2020

Bigarade soyeuse

Filed under: Océan et Bassin d'Arcachon — Étiquettes : , , , , , , — Martine @ 0 h 28 min

 

Crépuscule pailleté

De miettes soleil

Sa douceur capucine

Ondulant sur l’eau tiède.

Liqueur vespérale

Enivrant curaçao

Où le nageur d’un soir

Oublie ses nuages sombres.

Bigarade soyeuse

Plénitude aquatique

L’heure passe au tamis

D’une étamine miel.

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9 août 2020

Derrière le portail

Filed under: Océan et Bassin d'Arcachon — Étiquettes : , , , , , , , , — Martine @ 5 h 03 min

 

 

Silence aigue-marine

Entre les dentelles

Cistes et tamaris.

 

Pas l’ombre d’un humain

Vampirisant le rêve

Ondulant et soyeux.

 

Aux franges herbes folles

Ciselées d’or brûlé

S’accroche l’éphémère.

 

Évanescence jade

L’esprit de la Nature

Reconquiert son royaume.

 

Oyat et hélichryse

Son doigt entrebâille

Un portail blanc écume.

 

Sérénité iodée

Gaïa boit cette paix

Du Temps bleu océan…

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2 août 2020

Laurier rose et laurier tin

Filed under: au Jardin: fleurs, arbres...,Poèmes — Étiquettes : , , , , , , — Martine @ 4 h 10 min

 

Laurier rose et laurier tin

Tissent au gré de la brise

Un paravent changeant

Émeraude et neige poudrée.

 

La chanson du vent au levant

Ciselée d’ambre brasillant

Glisse ses notes flutées

Entre leurs doigts entremêlés.

 

Zestes citron et mandarine

Le Dieu-soleil au pied du jour

Travestit les deux compagnons

En sculptures d’or sirupeux.

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10 mai 2020

La clef des songes

Filed under: Océan et Bassin d'Arcachon — Étiquettes : , , , , , , — Martine @ 1 h 05 min

Bertille aime se promener

Le nez au vent..

Ce vent des fantaisies

Qui a toutes les clefs:

Celle du miroir des anges où les nuages  dessinent le mot bonheur à toutes les heures du jour.

Une autre déverrouille une cache secrète. Quelle cache? A ça, si je vous le dis, ce ne sera plus secret.

Une troisième entrouvre le rideau de la nuit pour que l’amour déclame à la lune  son plus beau poème.

La clef de sol, lustrée avec délicatesse, ébauche la mélodie que recherche tous les romantiques .

Le passe-partout  n’est pas recommandé car il ouvre n’importe quoi. Attention aux mauvaises surprises.

La clé d’or  ciselée de mystère à manier avec doigté.  L’écrivain en mal d’inspiration  l’utilise en cachette. Mais… chutttt!!!!  Motus et bouche cousue!

Et puis il y a la clef des songes. Celle de toutes les évasions.  Il suffit de la glisser dans le trou de souris libéré par le lapin blanc.

Bertille prend le précieux sésame, crochète le portail ajouré. Une simple poussée suffit et la voici  dans le bleu… cette féérie ondoyante  pailletée de soleil , d’éclaboussures et de rires…

MMR ( tous droits réservés)

Merci pour tous vos commentaires que je lis avec grand plaisir

19 avril 2020

Avril! Vous avez dit avril?

Filed under: animaux, insectes...,au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , , , , — Martine @ 3 h 09 min

Avril à l’humeur changeante

Déambulations

Cheminement méditatif

Le regard vague

Flottant et léger

Se réchauffe à l’or des euryops

Se coule au secret d’un iris ténébreux

S’arrête

Curieux

Près du cétoine doré

Occupé à brouter la neigeuse spirée.

La flânerie reprend,  langoureuse, charmée par  les trilles d’un merle inspiré.

L’air saturé de parfums enveloppe

Caresse,

Étourdit délicieusement.

Œillets mignardises

Pois de senteur

Tabacs et jasmin

Coronille et lilas

Maintes fragrances ensorcelantes

Racontent

Volubiles

Les amours mésanges

Verdiers et sansonnets

Moineaux et chardonnerets

La quête pollen de l’abeille dévouée

La séduction rustique de Punaise pour sa belle.

Tandis que sur sa souche, Zard , lézard des murailles, la faim au ventre, guette , avide, l’étourderie mouche ou chenille.

Fièvre vernale à l’enclos du jardin

Où le pas nonchalant

Erre

Détendu

Oublieux de la montre

De la folie des hommes.

Le cœur s’ouvre grand à Nature sereine.

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MMR ( tous droits réservés)

9 février 2020

Les loirs

Filed under: animaux, insectes...,Poèmes — Étiquettes : , , , , — Martine @ 6 h 07 min

Le temps se vaporise

A l’or brûlant de Phébus.

 

Jadis et aujourd’hui

S’entrelacent, lascifs,

Sur le seuil érodé

D’une vieille bâtisse.

 

Ses murs blondis au feu

Des années affairées

Gardent l’irrévélé,

Un mariage poilu.

 

Dès que la nuit étend

Son énigme obscure

Une paire de loirs

Part écumer les ombres.

 

Sur le pont de la treille

Leur course ralentit

Volant quelques grains

Aux raisins rebondis.

 

Le fouet de leur famine

Galvanisant leur quête

Le couple cavale

Vers promesse de pommes.

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MMR ( tous droits réservés)

2 février 2020

Farandole lumineuse

Filed under: Poèmes — Étiquettes : , , , , , — Martine @ 6 h 28 min

 

Matin griset

Matin timide

Mélancolie transie

Emmitouflée d’incertitude

 

 

 

Aurore allègre

Aurore radieuse

Espérance en bandoulière

Elle brûle l’indécision

Aube silence

Aube rébus

Drapée de passion sanguine

Elle séduit les amants

Lever ducat

Lever topaze

Cousu d’or et de serments

Le Temps se prend pour Crésus

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MMR ( tous droits réservés)

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