Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

6 novembre 2022

P’tit Roux

Filed under: animaux, insectes...,Océan et Bassin d'Arcachon — Étiquettes : , , , — Martine @ 7 h 44 min

Fruutttt! Il est là! Fruutttt! Déjà là-bas! P’tit Roux court le long des troncs, vers le haut, vers le bas, de ses routes aériennes.

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Hop! Le voici sur la branche tendant la main vers le fruit du chêne centenaire.

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Installé posément, il décortique sa prise. Ce gland chauffé au soleil estival est un délice dont il ne se lasse pas.

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Quel joli tableau! Mais le poids de mon regard le gêne, l’embarrasse. Alors, courroucé, il me jette un coup œil, puis jaillit sans crier gare dans la lumière ambrée! Son trésor dans la gueule, l’écureuil se fond parmi les ombres aux senteurs d’iode et de résine. Ce sauvageon me laisse plantée là, sous le charme.

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MMR ( tous droits réservés)

28 août 2022

Être ou ne pas être…

Filed under: animaux, insectes... — Étiquettes : , , , , , , , — Martine @ 7 h 27 min

IMG_0005_v1Être ou ne pas être… beau : telle est la question.

En contemplant quelques représentants du monde animal, c’est une réflexion qui me trotte dans un coin de la tête. Pardon à Mr. William  Shakespeare d’avoir détourné son vers si célèbre.

Cliquez sur les photos pour agrandir svp, merci.

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-Ma chère, que penses-tu de « Col étriqué »?

– Il fait le malin, se donne en spectacle. C’est qu’il est amoureux!

– A ton avis, qui est l’heureuse élue?

–  Tu me poses une colle. Car toutes ces dames font toilette.

–  Moi, je parie sur la  rousse aux yeux surlignés. Elle a du chien cette petite.

–  Huummm….Elle cancane trop, à mon goût.

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– Et les cygnes?

– Et bien quoi les cygnes?

– Vois comme ils se font beaux. Et que je  te lisse les plumes. Et que je t’ébouriffe le jabot. Y aurait-il de l’amour dans l’air là aussi?

–  Pas sûr. On peut se parer juste pour le plaisir de se sentir bien, d’être agréable à voir. D’autre part, les oiseaux doivent prendre soin de leur vêture.  Ils aèrent, graissent pour se préserver du froid humide.

– Quel travail!

– Bah, question d’habitude.

– Moi, j’aimerais être chat-huant.

– Tiens donc! Que reproches-tu à ta condition de canard?

– Je n’aime pas l’eau. Elle m’oblige à passer un temps fou sur chaque plume pour les imperméabiliser. Et puis,  la séduction de la nuit riche de mystère frissonnant; ce troublant domaine de la hulotte. .. Son cri si intrigant, autrement plus distingué que notre coin-coin nasillard .

–  Notre « coin-coin » comme tu dis, est riche de personnalité.

– Quel clairon!

– Hé! hé! Un instrument très apprécié du voisinage lorsqu’on aperçoit les moustaches affamées de Renard.

– Il est vrai que pour ça, nous sommes pourvus d’un bel organe.

– Ah, je suis heureux que tu le reconnaisses. Tiens, tu as une plume rebelle là, près du cou.

– Où?

-Attends, laisse-moi faire. Voiiiilà! C’est réparé.  Tu es éblouissant, à tomber. Elle est pas belle la vie?

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  • « être ou ne pas être: telle est la question » vers que déclame  Hamlet

Les oiseaux passent une grande partie de leur temps à se faire beau. IMG_0042_v1En passant et repassant inlassablement leur bec dans leur plumage.

à droite: le héron cendré saisi en pleine opération lustrage.

 

Une petite fantaisie écrite en novembre 2014 .

A cette époque j’avais encore l’option d’agrandir les photos sur le blog. Alors, n’hésitez pas à cliquer sur chacune.

Merci pour tous vos commentaires que je découvre semaine après semaine avec curiosité et joie.

5 juin 2022

La lune ronde

Filed under: Océan et Bassin d'Arcachon — Étiquettes : , , , , , , , , — Martine @ 7 h 23 min

Le vent froisse à peine les feuilles du vieux chêne dominant notre toit.  C’est une nuit estivale chaude et parfumée. La fenêtre entrebâillée laisse pénétrer un léger souffle rafraîchissant.

Sur mon somme évanoui

Criquet violoncelle

Deux notes, juste deux

Tee-shirt, short et espadrilles, vite, me voici dehors.  Quelle douceur! Capiteuses, les fragrances sucrées des eleagnus m’enjôlent et me grisent. J’aurais presque envie de rester là, assise sur les marches, à boire cet obscur enivrant.

Sur le souffle du vent bohème

Flottent les rimes d’antan

Que dorlote la lune ronde

Pourtant, comme tirée par une laisse, je réponds à l’appel du Bassin . Sur le sable de sa page, mes pieds écrivent un message  silencieux et heureux.  L’eau clapote doucement sa bienvenue à la lève-tôt. Au dessus de ma tête l’espace est  un velours constellé de diamants. A l’horizon,  les lumières d’Arès, et plus loin encore,  quelques unes d’Andernos, clignotent  comme un enfant qui se réveille.

Fin de nuit

Sur le murmure de l’eau

Un poisson sauteur

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19 décembre 2021

La sieste

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , , — Martine @ 1 h 02 min

Pour l’Herbier de poésies, ICI, Adamante nous propose d’écrire sur cette toile.

C’est dimanche. Allongée sur un transat, derrière mes paupières,  j’abandonne le monde à sa course folle…

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A l’ombre de l’olivier

Lézard taille XXL

Ah! Sieste divine!

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Je m’abandonne à la douceur des bras de Morphée. Les mouches zonzonnent au dessus de l’arbre. Au loin, dans la pinède quelques cigales  cymbalisent avec un bel enthousiasme.  Ce symbole de l’été ne me dérange pas. Bien au contraire. Cette bruyante présence me sécurise, me parle vacances. Ce que je les aime ces insectes!

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Pause estivale-

Les aiguilles de l’horloge

Fondent comme cire

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29 août 2021

Griserie iodée

Filed under: Océan et Bassin d'Arcachon — Étiquettes : , , , , — Martine @ 5 h 28 min

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L’esprit gorgé d’azur et de flemme ensoleillée, je me dirige vers l’eau et sa fraîcheur bienfaisante. L’océan est aussi paresseux que moi. Ou bien est-ce le contraire?

 

Sur le sable

Coquillages et baigneuse

Torpeur estivale

 

Phébus  embrasse l’univers avec sa fougue brûlante. De ses doigts chauds et élastiques il m’a malaxée, assouplie, amollie et merveilleusement décontractée.

 

Clapotis charmeurs

L’appel de l’océan

Son chant de sirène

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Se lever en luttant contre un relâchement bienheureux. Puis, lentement obéir à la séduction marine. Faire chanter le sable sec en trainant fortement les pieds ( ce jeu si amusant de mon enfance sur les plages landaises). Pour enfin arriver à la frange des vaguelettes de ce charmeur irrésistible.  Chatouillis de l’onde sur ma carnation dorée.  Becquetages, frôlements, attraction irrépressible … ce baratineur sait y faire pour me tenter. J’abdique et plonge au cœur de cet enchanteur aquatique.

 

Griserie iodée

Bulle parmi les bulles

Le Temps aboli

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6 juin 2021

Doré comme…

Lever doré. Phébus sort nonchalamment de sa couette nuageuse.  Il promène sur le monde un regard incandescent, insoutenable. Mais paradoxalement, ce que ce feu fait du bien.  L’or solaire coule, ruisselle, allume des reflets mordorés sur ma peau, sur l’eau du Bassin. Richesse d’un instant proche de la perfection.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette couleur si précieuse, d’autres ont décidé de la « chiper » à l’astre du jour.  Je la retrouve aux pétales d’un sedum, d’un pissenlit, d’une giroflée. Mais également sur la somptueuse tenue de gala d’une minusculee araignée saltique; sur le corset d’un syrphe * ou d’une  toute petite abeille sauvage.**

Les jours où le mauvais temps s’éternise, cette teinte fait tant rêver à l’été.  Je lui cherche des synonymes qui roulent sur la langue comme autant de bonbons: ambré, blond, fauve, cuivré, vermeil, safran… Le vent agite les jaunets de mes tomates poires. Or sucré, juteux, si frais: une vraie gourmandise!

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MMR ( tous droits réservés)

* syrphe: mouche appartenant à l’ordre des diptères

** peut-être une halicte?

23 mai 2021

Nuit estivale

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , , , , — Martine @ 5 h 21 min

Pour l’Herbier de poésie, Adamante, ICI ,  nous propose d’écrire sur sa photo en écoutant un concert de grillons lors d’une belle nuit d’été.

Août

Il fait chaud, très chaud.  Volets entrebâillés, fenêtre grande ouverte, un léger souffle d’air agite à peine  les rideaux.

Entre deux rêves-

Le merle dans l’olivier

Insomnie aussi?

Je repousse le drap et  décide de descendre à la cuisine.  Un verre d’eau fraîche à peine citronnée à la main  je sors sur la terrasse.

Nuit estivale-

Concert criquets et grillons

Solo d’un oiseau

Pas un nuage. La lune règne sans partage. Sous sa lumière éblouissante, tout prend un relief absolu.  Héliotropes et chèvrefeuilles composent une partition lourde et enivrante. Je me laisse envahir par une douce langueur.

L’argent astral

Dégouline de feuille en feuille-

Un papillon s’y baigne

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14 mars 2021

Feu solaire

Pour l’Herbier de poésie, Adamante,  ICI nous propose au choix deux Fauves,  à l’écriture d’un haïbun.

 

« La joie de vivre » d’Henri Matisse .

Huile sur toile de 174X238, exposée à la fondation Barnes , près de Philadelphie

 

Ou ( et)

André Derain  (1880- 1954)

« L’Estaque, route tournante », 1906,

Huile sur toile de 129,5X195, exposée au Museum of Fine Arts Houston

 

5 choses à savoir sur le fauvisme dont Henri Matisse fût le chef de file: ICI

L’inspiration m’a conduite à m’inspirer des deux peintures en même temps.

 

 

C’est dimanche. Le temps est merveilleux.Trois jeunes filles, trois collègues de travail , cheveux au vent, sourire éclatant, filent vers la Méditerranée au train laborieux d’une vieille 4L. Qu’importe le rythme poussif de cette pauvre voiture, le moral est au beau fixe.

Matin radieux-

Rafales de rires  et

la chanson des cigales

Les paysages se succèdent comme autant de cartes postales. Bleu, rouge, vert, ocre…  La journée est comme peinte par un artiste fou de couleurs.  Des noms affluent et se bousculent dans ma tête: Georges Braque, Charles Camoin, Maurice de Vlaminck, Henri Matisse, André Derain…

Éclaboussures-

Sur la toile des pensées

Tableaux de Maîtres

Parties à l’aventure, à moment donné, une décision doit être prise. Quelle direction prendre? La première propose: « Le lavandou? » Huum! Depuis Aix en Provence? Trop loin!  La seconde lance: « Lestaque? » Moues dubitatives. La troisième prend les choses en mains: « c’est moi qui conduis? Alors c’est moi qui décide! »

Sur la route des vacances

Flotte

Un petit air guilleret

Allez! Fouette cocher! Vaille que vaille nous avançons vers une… surprise. La route semble onduler sous la chaleur. Pins, oliviers, vignes, pins encore… Parfois, rompant la monotonie,  un cyprès dresse son pinceau vers l’azur. Veut-il, peintre fauve, barbouiller le ciel en vert?  Les contours tremblent dans l’air de plus en plus brûlant. Vivement que l’on arrive! Comme pour me répondre,  voici un panneau indicateur: Cassis. Aaaah ! Enfin! Trouver une place à l’ombre pour la voiture. Prendre sacs et serviettes et zou! A nous le farniente en monokini sur Les Roches Plates. Sous les assauts de la lumière, le temps est aboli.

Feu solaire-

Plus un mot. Juste

le soupir du vent

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10 janvier 2021

L’enfant pain d’épices

Filed under: Océan et Bassin d'Arcachon — Étiquettes : , , , , , , , , , , — Martine @ 5 h 30 min

 

Je pose ma valise

Sous un coin de ciel bleu

Abandonnant au vent

Ma triste pensée grise

 

Reviennent les années

Glissant nues sur la plage

Où un beau coquillage

Recueille  leurs secrets

 

L’enfant pain d’épices

Joue avec les bulles

Évadées de la vague

Engourdie par l’Été

 

Quelle joie de courir

Après un fil de rêve

De graver dans le sable

Le bonheur de l’instant

 

Le rire d’une mouette

Les facéties d’un chien

Comme autant de soleils

Réchauffent la mémoire

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22 novembre 2020

bleu bleuet

Filed under: mes oeuvres,Poèmes — Étiquettes : , , , , , , , , — Martine @ 4 h 51 min

 

Bleu bleuet

Elle saute et saute encore

Chevrette insouciante, biquette mutine

La soie de ses jambes accroche la lumière

Dérobe en douce à juillet son teint  coquelicot

 

Bleu bleuet

Son regard embrasse l’air, la vie, la prairie d’herbes folles

Son rire clair  jaillit  à l’assaut d’un nuage

Cueille grain à grain la chanson des  blés blonds

La tresse au talent strident d’un grillon musicien

 

Bleu bleuet

Farfadet malicieux singeant les papillons

La fille transalpine danse et cabriole

Taquine un criquet trop gourmand de fétuque

Entraine dans sa gigue toute la création.

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Œuvre réalisée aux pastels secs .

MMR ( tous droits réservés)

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