Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

23 mai 2021

Nuit estivale

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , , , , — Martine @ 5 h 21 min

Pour l’Herbier de poésie, Adamante, ICI ,  nous propose d’écrire sur sa photo en écoutant un concert de grillons lors d’une belle nuit d’été.

Août

Il fait chaud, très chaud.  Volets entrebâillés, fenêtre grande ouverte, un léger souffle d’air agite à peine  les rideaux.

Entre deux rêves-

Le merle dans l’olivier

Insomnie aussi?

Je repousse le drap et  décide de descendre à la cuisine.  Un verre d’eau fraîche à peine citronnée à la main  je sors sur la terrasse.

Nuit estivale-

Concert criquets et grillons

Solo d’un oiseau

Pas un nuage. La lune règne sans partage. Sous sa lumière éblouissante, tout prend un relief absolu.  Héliotropes et chèvrefeuilles composent une partition lourde et enivrante. Je me laisse envahir par une douce langueur.

L’argent astral

Dégouline de feuille en feuille-

Un papillon s’y baigne

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MMR ( tous droits réservés)

14 mars 2021

Feu solaire

Pour l’Herbier de poésie, Adamante,  ICI nous propose au choix deux Fauves,  à l’écriture d’un haïbun.

 

« La joie de vivre » d’Henri Matisse .

Huile sur toile de 174X238, exposée à la fondation Barnes , près de Philadelphie

 

Ou ( et)

André Derain  (1880- 1954)

« L’Estaque, route tournante », 1906,

Huile sur toile de 129,5X195, exposée au Museum of Fine Arts Houston

 

5 choses à savoir sur le fauvisme dont Henri Matisse fût le chef de file: ICI

L’inspiration m’a conduite à m’inspirer des deux peintures en même temps.

 

 

C’est dimanche. Le temps est merveilleux.Trois jeunes filles, trois collègues de travail , cheveux au vent, sourire éclatant, filent vers la Méditerranée au train laborieux d’une vieille 4L. Qu’importe le rythme poussif de cette pauvre voiture, le moral est au beau fixe.

Matin radieux-

Rafales de rires  et

la chanson des cigales

Les paysages se succèdent comme autant de cartes postales. Bleu, rouge, vert, ocre…  La journée est comme peinte par un artiste fou de couleurs.  Des noms affluent et se bousculent dans ma tête: Georges Braque, Charles Camoin, Maurice de Vlaminck, Henri Matisse, André Derain…

Éclaboussures-

Sur la toile des pensées

Tableaux de Maîtres

Parties à l’aventure, à moment donné, une décision doit être prise. Quelle direction prendre? La première propose: « Le lavandou? » Huum! Depuis Aix en Provence? Trop loin!  La seconde lance: « Lestaque? » Moues dubitatives. La troisième prend les choses en mains: « c’est moi qui conduis? Alors c’est moi qui décide! »

Sur la route des vacances

Flotte

Un petit air guilleret

Allez! Fouette cocher! Vaille que vaille nous avançons vers une… surprise. La route semble onduler sous la chaleur. Pins, oliviers, vignes, pins encore… Parfois, rompant la monotonie,  un cyprès dresse son pinceau vers l’azur. Veut-il, peintre fauve, barbouiller le ciel en vert?  Les contours tremblent dans l’air de plus en plus brûlant. Vivement que l’on arrive! Comme pour me répondre,  voici un panneau indicateur: Cassis. Aaaah ! Enfin! Trouver une place à l’ombre pour la voiture. Prendre sacs et serviettes et zou! A nous le farniente en monokini sur Les Roches Plates. Sous les assauts de la lumière, le temps est aboli.

Feu solaire-

Plus un mot. Juste

le soupir du vent

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MMR ( tous droits réservés)

7 février 2021

Sur tes pas ( du Douanier Rousseau)

Pour l’Herbier de poésie, Adamante, ICI, nous propose d’écrire sur le tableau du Douanier Rousseau  « Le rêve » :

Le rêve, une de ses œuvres les plus emblématiques, est le dernier tableau peint par l’artiste. On y voit une femme assise sur un canapé au milieu d’une jungle luxuriante : la vie réelle est ainsi mélangée avec des éléments plus oniriques. Un tableau qui a inspiré des artistes comme Paul Delvaux ou Max Ernst pour son Jardin peuplé de chimères

.

Fatiguée, desséchée après avoir tourné en rond pendant des heures, errante, me voici perdue.  Le plan indiquant  la petite chapelle peinte dans le style du Douanier Rousseau  semble être une belle farce.  Quelle nigaude! Ah! On ne m’y reprendra pas à gober les histoires du  père Chappelut.

Au début, la promenade fût très agréable.  L’allée cavalière était facile à suivre. Mais, insensiblement, son dessin  s’estompe parmi les herbes et branches mortes. La voie royale mue en parcours d’obstacles. De vagues sentes tracées par les animaux m’entrainent Dieu sait où. Bientôt, à l’évidence, me voici égarée.

Lorsque enfin, au fond de cette forêt, entre deux arbres noirs, là: une trouée lumineuse! Courbatue, griffée, le souffle un peu court, je hâte le pas vers cette oasis éblouissant.

Cette clairière gazonnée abrite  en son cœur un ravissant étang. Dissipée ma torpeur! Oubliée la chaleur! J’arrache mes vêtements et  pénètre dans cette paix liquide. Dérobée,  à l’abri du monde et de sa vaine agitation,  quel délice que de se laisser flotter  à la surface des choses. Hésitants et confus, grenouilles  et têtards frôlent ma nudité. 

Caresses et nageoires

Tapi au fond

 L’inconnu

Retour aux sources,  je me coule hors de mon enveloppe civilisée; redeviens primitive. Dérangée par ma nage, la vie s‘approche, me frôle sans façon. De légers frissons courent sur mes cuisses. Le monde des poissons palpe la sauvage. Barbotant doucement je goûte ce délicieux supplice.

Fougères et roseaux,

Paravent d’ombre mouvante,

Fugue en tapinois

Immobile, me faisant discrète,  j’écoute battre le cœur de Gaïa. Magie d’un autre temps, la jungle minuscule m’enveloppe d’oubli, de douceur. Cette sérénité émeraude possède un charme puissant irrésistible. 

Conciliabules

Libellules et moucherons

Mon âme en fête

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MMR ( tous droits réservés)

31 janvier 2021

P’tit Chêne

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — Martine @ 4 h 53 min

Pour l’Herbier de poésies, Adamante, ICI, nous propose d’écrire sur une de ses photos personnelles  : L’arbre creusois

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Il est un lieu, loin, très loin, où pousse une petite forêt. Parler de forêt est peut-être excessif  car les gens du coin la nomment « Le bois sans nom ». Pour y parvenir il faut traverser prairies, ruisseaux et marécages; des ronciers imposants; une mêlée inextricable d’ herbes hautes et d’arbustes exubérants.

D’hiver à l’automne

Sur la carte routière

Une tache verte

Cette sylve, si difficile d’accès, est préservée des hommes et de leurs cognées; des voitures 4X4 et du hurlement des motos tout terrain.

L’ombre des arbres

Leur noirceur si effrayante

Chape de silence

Mais, ce n’est qu’une apparence, un leurre de Gaïa. Car, derrière ce rideau inquiétant, tout un monde saute, court ou rampe. Le lapin d’Alice secoue  sa montre gousset  en se lamentant bruyamment: « En retard! Je suis en retard! ». Alice aussi est en retard… d’une histoire. Deux gros escargots unissent leurs destins tandis que le concert des grillons couvre leurs ébats. Bambi parle à une pervenche au bleu irréel. Et l’ours Baloo  compose une berceuse pour Mowgli. C’est un autre monde où le merveilleux règne en maître.  Où les arbres ont le don de parole. Tenez, justement, j’en vois un qui se penche pour mieux écouter la chanson de la vie.

Harmonie dorée-

La ronde des champignons

Celle des mouches

P’tit Chêne à la voix flûtée

Se joint au merle siffleur

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MMR ( tous droits réservés)

17 janvier 2021

Soleil transi

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — Martine @ 2 h 49 min

Pour l’Herbier de poésie, Adamante, ICI, nous suggère ceci:

« Je vous propose donc un texte qui m’a beaucoup émue, un texte de Marine qu’elle a publié sur Facebook et sur son blog.

Il y a tant qui se cache derrière les mots, tant d’amour, tant de pleurs aussi parfois, tant d’absence.  Tant… à partager. »

Lisière

Marchant sur ce chemin

de flaques et d’ombres

Le froid craque sous les pas

craquelle la peau

Un oiseau siffle quelque part

Je vais puiser loin et profond

des joies anciennes

La glace brille et enjolive

la cime des arbres

A la lisière des arabesques

griffent le ciel

en vagues brunes

Donne moi ce petit rien

ce sourire si attendu

arc en ciel silencieux

quand rôde le doute

je regarde du côté du levant

Tout viendra un jour.

Marine D

Ci-dessous, mes mots  inspirés  par  ceux de Marine :

 

A la lisière cuivre de l’espoir effrité,

Là où Hiver goulu vampirise la chaleur,

J’écoute des mots neige essoufflés de gelures

Souvenirs du grand nord où dansent les flocons.

 

Ciel bleu cristal

Soleil transi

Temps indolent

 

Mélopée râpeuse évadée des hêtraies

Tout en craquements, fracas brusques et soupirs

L’harmonie sylvicole accompagne mes pas

Recueillis  sur l’absence d’un bel éclat de rire

 

Mésange bleue

Champignon sec

Baies rouge vif

 

Foulant le cuir terni des feuilles défuntes

Mon regard suit la fuite d’un merle effarouché

Caresse la gravure bourrelée d’une écorce

Boit la sérénité sourdant  des ramures

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MMR ( tous droits réservés)

Merci pour toutes vos visites et vos commentaires auxquels je suis très sensible. J’y répondrai dès que possible.

20 décembre 2020

L’amante aux larmes de lune

Filed under: l'herbier de poésie,Poèmes — Étiquettes : , , , , , , — Martine @ 2 h 37 min

Pour l’herbier de poésie, Adamante,  ICI  , nous propose  d’écrire sur  la vie de Marc Chagall ou sur l’une de ses œuvres.  J’ai choisi le tableau intitulé  « Les amants en bleu » réalisé en 1914. Comme je ne suis pas sûre que l’image soit libre de droits,  je vous propose de cliquer  ICI  pour la découvrir

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Vêtue du clair obscur

Perles nacre et soie bleu nuit

Silhouette ténébreuse

L’amante aux larmes de lune

Déambule à l’orée de ses rêves

S’immisce dans ses chimères

Trouble l’azur de son regard

Fait frissonner l’ourlet de ses lèvres.

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MMR ( tous droits réservés)

Ce poème fait partie d’un projet de recueil sur le thème de l’amour, de sa sensualité. ( 96 poèmes)  Il ne lui manque que les illustrations.  Mais… peut-être qu’il ne restera… qu’un projet. Je suis très indécise

15 novembre 2020

Sur la longue plage blonde

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , , , — Martine @ 3 h 21 min

Pour l’Herbier de poésie, Adamante, ICI  , nous propose d’écrire sur les œuvres du sculpteur  Théo Jansen,   ICI   

et puis ICI  ,   et encore ICI

 

Sur la longue plage blonde, les crabes aiment à courir à marée basse. Les petits limicoles picorent crevettes et vers de sable.  Au loin, océan et ciel se disputent l’horizon. Tandis qu’au bord de l’eau…

Entre deux algues

Un coquillage doré

Baye aux corneilles

L’automne ganté de froidure a chassé les vacanciers.  Pas un humain trouble fête.  Le rire des mouettes nargue les nuages aux ventres rebondis.

Ressac serein

Sur la laisse de mer

Trois mouettes festoient

Quand soudain, toute cette tranquillité marine vole en éclats.  Un étrange insecte,  surgi de nulle part, se précipite sur le sable humide.  C’est un géant, un mastodonte tout en ailes et en pattes grêles. Il déroule sa longue carcasse aérienne à folle allure.

Les ailes du vent

Celles de l’insecte

Union éphémère

Cet animal extraordinaire sort tout droit de l’imagination d’un artiste venu du Nord. Mélange de plastique recyclé et de bois, ses œuvres unissent avec bonheur les sciences à la poésie.

Illusion d’optique

Des animaux fabuleux

Un rêve prend corps

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MMR (tous droits réservés)

8 novembre 2020

Le petit cheval

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , — Martine @ 2 h 27 min

Pour l’Herbier, Adamante, ICI  , nous propose d’écrire sur cette toile de Franz Marc

 

L’été bat son plein en Haute Vallée.  Impérial, Phébus rayonne d’une ardeur volcanique. Quelle chaleur! L’air semble onduler sur les blés flavescents.

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Août

Son brasier

Sa fièvre

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Champs et prairies semblent déserts. Pas un mouvement. Et pourtant, en  étrécissant les yeux, là-bas, on aperçoit un troupeau de vaches ruminant paisiblement à l’ombre d’un chêne bicentenaire.

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Une pie jacasse

Sur le vol d’un bourdon-

Les cigales en joie

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 Près du bois aux cerfs, un éclat émeraude vibre d’étrange façon. En s’approchant, quelle surprise! Ce joyau est un tapis d’herbes velours bordé d’eau chantante. Oasis de fraîcheur où aime à rêvasser Flèche Nacrée, le petit cheval. Glougloutant, apaisant, le ruisseau projette alentours les larmes cristal de Gaïa; les bulles saphir volées à une truite; maintes gouttes indigo parfumées à l’aventure… Flèche Nacrée, naseaux frémissants, hume avec délice ces cadeaux ruisselants.

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Après-midi feu-

La chanson de la source

Et le rire d’un cheval

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MMR ( tous droits réservés)

Merci pour vos commentaires , vos partages . Tout est lu et très apprécié.  Ce sont eux  qui font vivre ce blog.

25 octobre 2020

Douceur sucrée soleil

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , — Martine @ 6 h 16 min

 

Pour l’Herbier, Adamante,  ICI    , nous propose d’écrire sur cette photo de Gérard Destal

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Automne, en ses atours

Rivalise d’effets

Avec l’été enfui.

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Sur ses falbalas roses

L’abeille vagabonde

S’offre un dernier pollen

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Douceur sucrée soleil

Le Temps euphorique

Compose l’ode gourmande

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MMR ( tous droits réservés)

Merci pour vos commentaires auxquels je répondrai dès que possible. Ils sont tous lus et très appréciés

😉

 

5 avril 2020

Un merveilleux tableau

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , — Martine @ 1 h 33 min

Avec beaucoup de retard sur un sujet qui m’avait attirée.

Pour l’Herbier, Adamante, ICI, nous avait proposé d’écrire sur cette œuvre de André Van Beek, ICI

A pas comptés, comme pour ne pas déranger,  elle avance sur le chemin  aux dalles mauves.   Soie invisible et chaude, un parfum indéfinissable l’enveloppe.

Soleil estival-

Hirondelles, martinets…

Et une flâneuse

 

Son regard suit, alangui et rêveur , la toile mouvante des arbres occultant l’horizon.  Peupliers, charmes, noisetiers, tilleuls, aubépines… Camaïeu de verts frémissant sous la caresse d’un zéphyr à peine perceptible.  C’est l’été en pente douce.

Sur la trame du jour

Écriture du roman

« Paroles de jardin »

 

Au fil des minutes, Phébus impose sa volonté brûlante. Le jardinier, actif dès l’aube, a fermé sa cabane à outils et s’en est allé.  « Enfin tranquilles! »  semble dire la vie animale en s’emparant des lieux.

Dimanche doré-

Abeilles, mouches, bourdons

Travail à temps plein

 

Elle se promène, l’esprit vacant, toute entière offerte à l’instant présent. La neige  des marguerites tempère le brasier  or et feu des rudbeckies .  Quant au fuchsia des echinacées , voyez comme il  rivalise avec  le rose tendre des cosmos.  Tous ces massifs composent un merveilleux tableau.

Au soleil de 10h00-

Feu d’artifice

Végétal

 

MMR ( tous droits réservés)

Merci pour tous vos commentaires, échanges,  très appréciés auxquels je répondrai dès que possible.

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