
Plusieurs jours de pluie d’affilée, c’est d’un mortel!
Même en me gourmandant ( c’est bon pour les nappes phréatiques et le jardin), n’importe. Je sature.
Les gouttes dessinent sur la vitre de curieux chemins hésitant sur la direction à suivre. Faut-il aller à gauche ou à droite?
Depuis le vaisseau nuage qui les a vues naître, elles ont déjà effectué un long voyage. Leur indécision serait-elle due à la fatigue?
Pour ma part, ces minuscules trajets aquatiques me ramènent à ceux observés sur le sable océanique.
Je remonte le Temps et revis ces instants parfaits.
Pataugeant délicieusement après le retrait de la vague, je m’emplis les yeux de reflets scintillants, de mouettes plongeant et replongeant à la limite des rouleaux écumants.
Un peu plus loin, un couple promène son petit chien blanc et noir. Ce dernier aboie comme un fou à chaque flux venant lui lécher les pattes. Les insulte-t-il? Les nargue-t-il? « Na na na na nè-re! Tu m’attraperas pas! »
Amusée, je l’abandonne à son jeu et laisse errer mon regard vers les dunes. Oups! Un nudiste, affichant sans complexe ses parties les plus intimes, va croiser ma route. Confuse, je baisse la tête et découvre émerveillée ( et soulagée) un gisement de coquillages. Les années ont beau passer, je ne me lasse pas de les admirer. Coques, moules, couteaux, bigorneaux, huîtres, patelles, scalaires, tellines, troques… etc. L’enfance affleure à mon présent.
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Entre vent et pluie-
Confier les rênes aux rêves
Partir en voyage
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