PRINTEMPS
♥
Le vent des violettes
Apporte, triomphant
A tous les cœurs transis
Sa chaude pétulance
♥
Madame, mutine
Piétine l’hiver
Enjambant, zélée
Le seuil de son cloître.
♥
MMR (tous droits réservés
Poème écrit le 04/05/2024

PRINTEMPS
♥
Le vent des violettes
Apporte, triomphant
A tous les cœurs transis
Sa chaude pétulance
♥
Madame, mutine
Piétine l’hiver
Enjambant, zélée
Le seuil de son cloître.
♥
MMR (tous droits réservés
Poème écrit le 04/05/2024


Plusieurs jours de pluie d’affilée, c’est d’un mortel!
Même en me gourmandant ( c’est bon pour les nappes phréatiques et le jardin), n’importe. Je sature.
Les gouttes dessinent sur la vitre de curieux chemins hésitant sur la direction à suivre. Faut-il aller à gauche ou à droite?
Depuis le vaisseau nuage qui les a vues naître, elles ont déjà effectué un long voyage. Leur indécision serait-elle due à la fatigue?
Pour ma part, ces minuscules trajets aquatiques me ramènent à ceux observés sur le sable océanique.
Je remonte le Temps et revis ces instants parfaits.
Pataugeant délicieusement après le retrait de la vague, je m’emplis les yeux de reflets scintillants, de mouettes plongeant et replongeant à la limite des rouleaux écumants.
Un peu plus loin, un couple promène son petit chien blanc et noir. Ce dernier aboie comme un fou à chaque flux venant lui lécher les pattes. Les insulte-t-il? Les nargue-t-il? « Na na na na nè-re! Tu m’attraperas pas! »
Amusée, je l’abandonne à son jeu et laisse errer mon regard vers les dunes. Oups! Un nudiste, affichant sans complexe ses parties les plus intimes, va croiser ma route. Confuse, je baisse la tête et découvre émerveillée ( et soulagée) un gisement de coquillages. Les années ont beau passer, je ne me lasse pas de les admirer. Coques, moules, couteaux, bigorneaux, huîtres, patelles, scalaires, tellines, troques… etc. L’enfance affleure à mon présent.
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Entre vent et pluie-
Confier les rênes aux rêves
Partir en voyage
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MMR (tous droits réservés)

Entre deux ris argent
De l’onde vagabonde
Une ablette a happé
Une mouche trop soule.
*
La diptère goulue
N’avait su résister
A l’affolant nectar
De l’iris des marais.
*
Elle buvait…buvait
Ne pouvant s’arrêter
Si bien que la gourmande
Enfla comme un ballon.
*
Un léger coup de vent
Balança l’imprudente
Sur l’étendue aqueuse
Brisant net son destin.
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MMR ( tous droits réservés)
Poème écrit en 2023
Mes illustrations:
1- Lucille soyeuse – Lucilla caesar, peut-être.Famille: Calliphoridae. Il existe plus de vingt sortes de mouches vertes en France. Elle butine différentes fleurs, fruits ou matières sucrées, également viandes, poissons, excréments.
2- L’iris des marais-Iris pseudacorus. Appelé également: iris faux acore, iris jaune. Famille iridacées. Cette belle fleur pousse à foison le long des berges du Canal du Midi.
3- Mouche à damier – Sarcophaga cf. Canarria. Mouche grise de la viande. famille Sarcophagidae. Même régime alimentaire que la mouche verte.
Il rit à pleines dents
Au bon mot du passant,
Se croyant spirituel
Au bras de sa donzelle.
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Il rit ( c’est agaçant)
Ce benêt hennissant
Trouvant qu’une poubelle
Est d’ l’art conceptuel.
Il rit, tout son content,
Intimidant le vent,
La mouette et l’hirondelle
Rétifs aux décibels.
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Il rit ce bon géant,
De grand cœur, tout le temps,
Au point qu’ dans la ruelle
C’est l’ rire ascensionnel!
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MMR ( tous droits réservés)
J’ai été inspirée par cette sculpture, décorant l’entrée d’un restaurant ostréicole au village de l’Herbe, sur la presqu’île du Cap-Ferret (Gironde).
Merci pour tous vos commentaires qui me réjouissent chaque semaine!

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Silhouettes graciles,
Sculptées par la lumière
De Phébus indolent,
Les aigrettes valsent.
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Les notes légères
Du vent dans la pinède,
Du Bassin s’ébrouant,
Chorégraphient leurs pas.
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Galbes angéliques
Marchant, sautant, volant,
Interprètent la vie
Poétique et légère.
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MMR (tous droits réservés)
Merci pour tous vos commentaires très appréciés et motivants.
🙂
Pour l’herbier de poésies, ICI , Adamante nous propose d’écrire sur une de ses œuvres figurant dans son recueil « Le faiseur d’accueil, et autres contes » ICI
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Il était une fois… c’est ainsi, en général, que grand-mère commence son récit. Elle en a plein son sac à souvenirs. Invariablement , assis bien sagement autour d’elle, nous attendons cette introduction riche de promesses.
– Il était une fois une jeune fille, assise sur le siège en pierre de la plus monumentale cheminée que vous ne verrez jamais.
– Elle était grande comment cette cheminée, dis, Mamie?
– Grande comme… comme une énooorme bouche d’ogre! Pensez! On pouvait y déposer un tronc d’arbre entier!
– oooooh!
– Ah, c’est vrai que j’ai oublié de vous préciser que la jeune fille habitait un château. Je continue. Voyons, où en étais-je? Ah oui! La jeune demoiselle assise près du feu était transie de froid, certes, mais aussi d’inquiétude… Son père, son frère ainé, ainsi que tous les chevaliers n’étaient toujours pas rentrés de leur expédition punitive. La nuit était tombée. Les plaintes du vent descendaient du conduit de fumée comme pour mieux glacer son âme. Tourmentée, la pauvrette, l’esprit absent, fixait les flammes vives. Celles-ci dansaient de joie soudainement ravivées par le souffle d’Éole rugissant tout là-haut. Elles montaient, s’étiraient léchant le contre-cœur*. L’étrange chorégraphie s’éloignait, revenait, puis s’écartait à nouveau abandonnant à chaque fois toujours plus d’escarbilles. Éléonore finit par remarquer l’étrange manège du feu. Les étincelles demeuraient fixées, de plus en plus nombreuses. Quelle diablerie était-ce là? Inconsciemment, elle se penchait en avant fascinée par le phénomène. Peu à peu, un visage incandescent apparut. Son expression était d’une tristesse infinie. Homme ou femme? Éléonore aurait été bien en peine de le dire. Soudain! Vociférations, rires et martellement martial d’un groupe d’hommes. Enfin! Les voici de retour! La jeune fille, heureusement distraite, se tourna vers l’entrée de la vaste salle. Son père était là, puissant et rassurant avec sans doute un récit de bataille à conter. Mais, cette fois, elle aussi avait quelque chose à raconter, à montrer, se dit-elle en jetant un coup d’œil à la plaque de la cheminée. Effarée et déçue, elle découvrit que l’étrange portrait avait disparu.
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A la chandelle-
L’auditoire sous le charme
Ronflements du chien
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MMR ( tous droits réservés)
* Contre-cœur: il s’agit de la plaque en fonte protégeant le mur du fond de l’âtre
Merci pour vos commentaires ici et hors blog. Je suis heureuse que vous aimiez ce mini conte. Mais, gardez à l’esprit que ma plume est convalescente. Ce qui explique en partie la brièveté de mon texte.
🙂
Pour l’Herbier de poésies, ICI , Adamante nous propose d’écrire sur une photo de Jeanne Fadosi
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Vent du Nord! Vent du Nord!
Tes mots blessent mes joues
De mille fleurs de glace
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Vent d’Est! Vent d’Est
Ton haleine marine
Désaltère mes fleurs
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Vent d’Ouest! Vent d’Ouest!
Tu dessines dans mon ciel
Un grand troupeau bêlant
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Vent du Sud! Vent du Sud!
Tu cavales au rythme
Castagnettes et fuego
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A tous les vents tournants
Ma girouette vire
Cherchant l’horizon bleu
Où s’enfuit Hirondelle
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MMR ( tous droits réservés)

Papillon translucide
Ma pensée virevolte
Valsant aux bras du vent
Cavalier éthéré.
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Tourbillon fabuleux
La danse nous entraine
Sur un tapis de lune
Velouté d’utopie.
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Balancés, entrechats
Figures inédites
S’accordent au rythme lent
Des notes astrales.

MMR ( tous droits réservés)

Je pose ma valise
Sous un coin de ciel bleu
Abandonnant au vent
Ma triste pensée grise

Reviennent les années
Glissant nues sur la plage
Où un beau coquillage
Recueille leurs secrets
L’enfant pain d’épices
Joue avec les bulles
Évadées de la vague
Engourdie par l’Été
Quelle joie de courir
Après un fil de rêve
De graver dans le sable
Le bonheur de l’instant
Le rire d’une mouette
Les facéties d’un chien
Comme autant de soleils
Réchauffent la mémoire
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MMR ( tous droits réservés)
Pour l’Herbier de poésie, Adamante, ICI , nous propose d’écrire sur les œuvres du sculpteur Théo Jansen, ICI
Sur la longue plage blonde, les crabes aiment à courir à marée basse. Les petits limicoles picorent crevettes et vers de sable. Au loin, océan et ciel se disputent l’horizon. Tandis qu’au bord de l’eau…
Entre deux algues
Un coquillage doré
Baye aux corneilles
L’automne ganté de froidure a chassé les vacanciers. Pas un humain trouble fête. Le rire des mouettes nargue les nuages aux ventres rebondis.
Ressac serein
Sur la laisse de mer
Trois mouettes festoient
Quand soudain, toute cette tranquillité marine vole en éclats. Un étrange insecte, surgi de nulle part, se précipite sur le sable humide. C’est un géant, un mastodonte tout en ailes et en pattes grêles. Il déroule sa longue carcasse aérienne à folle allure.
Les ailes du vent
Celles de l’insecte
Union éphémère
Cet animal extraordinaire sort tout droit de l’imagination d’un artiste venu du Nord. Mélange de plastique recyclé et de bois, ses œuvres unissent avec bonheur les sciences à la poésie.
Illusion d’optique
Des animaux fabuleux
Un rêve prend corps
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MMR (tous droits réservés)
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