Sur mon tout petit jardin naissent
et se multiplient de jolies sauvageonnes: des orchidées indigènes.
Ces fleurs ne m’étaient pas inconnues. Bien souvent rencontrées au bord d’un chemin, d’un fossé , en lisière d’un bois… Leur feuillage est bien caractéristique d’un plante à bulbe . Aussi la première année de notre arrivée quelle ne fût pas ma surprise et ma joie de découvrir leur présence. Évidement, pas question de tondre cette pelouse assez miteuse , ni de bouleverser le terrain pour la ressemer. Je tiens à mes petites merveilles. Gros sujet de discutions avec mon Cher et Tendre qui préfère l’ordre bien ras d’un tapi. Il n’a pas tort.
Esthétiquement, l’argument se défend. Mes belles compositions printanières sont superbement mises en valeur par ce velours vert tendre où pas un poil ne dépasse ;). Mais, tant pis. Je tiens bon et propose même de tout tailler aux ciseaux s’il le faut! ( méthode appliquée cette année). Il faut dire que ces belles se plaisent bien chez nous. De quelques pieds ( évidement mal placés: en plein sous l’étendoir!) nous en avons maintenant plus d’une soixantaine. La première était facile à reconnaître. Une orchis pyramidale fuchsia: anacamptis pyramidalis. Mais par la suite, curieuse j’ai cherché plus de
renseignements . L’Aude est un des trois départements le plus riche en orchidées indigènes.: 87 sortes. Sûrement grâce à la grande diversité de ses paysages: la mer, la plaine, les garrigues, la montagne… Surtout, il ne faut pas les cueillir : la plupart sont protégées car assez rares. Il ne sert à rien non plus de les arracher: elles ont besoin de vivre en symbiose avec un champignon. Apparemment, mon terrain en est bien pourvu puisqu’elles se développent extrêmement bien. Au fil des années, elles ressortent à partir de début mars jusqu’à fin mai pour la dernière. Le détail de ces petites précieuses sera le sujet d’un prochain article. Aujourd’hui j’ai décidé de parler d’une nouvelle venue. elle a choisi le bord du trottoir… sous l’étendoir! C’est pratique tiens! Obligation de planter un bout de bois pour ne pas l’écraser! Que de grosses
feuilles! Elles ressemblent à celles de l’orchis bouc mais, c’est bien tôt! Presque un mois d’écart. Chaque jour je viens la voir, lui tourne autour, l’examine sous toutes les coutures. Qui es-tu? Quelle sera la couleur de ta robe? Petites ou grandes fleurs? Je grille de curiosité . Et mon dieu que c’est long d’attendre le bon vouloir de madame… Enfin, un matin, elle laisse deviner un peu de rose. Cela me fait penser à l’orchis abeille . Un vrai petit bijou, encore à l’état de rosette de feuilles au ras du sol. Serait-ce un hybride? Il paraît que c’est très courant chez ces fleurs; ce qui complique pour les
différencier. Ma princesse aux voiles nacrés prend son temps. Peut-être a-t-elle besoin d’un rayon de soleil pour secouer son inertie, la réchauffer , l’amener doucement à s’ouvrir au monde… Ce jour là, je n’ai pas cessé de venir pour suivre d’heure en heure sa naissance. Elle ressemble bien à une ophrys apifera. Mais elle n’en a pas les feuilles et sa tête est beaucoup plus grosse. Une sorte d’éperon s’allonge, grossit et pointe face à elle, comme un nez
camus. Quelle beauté! Je suis si contente! Je pense que c’est la septième de ma « collection ». D’où viennent-elles? A notre arrivée il y en avait deux, peut-être trois. La première à fleurir est verte, assez quelconque , passant inaperçue dans l’herbe. Seul le hasard m’a permis de la repérer. Sans doute les oiseaux larguant leurs fientes après avoir ingéré les graines sont-ils mes semeurs involontaires. Toujours est-il que la nouvelle venue peut se vanter de m’avoir tenue en haleine pendant plusieurs jours. La dernière photo montre l’orchis abeille épanouie peu de temps après. Elles se ressemblent beaucoup. Si quelqu’un peut me renseigner, merci.
Lever hésitant-
La belle au jupon soyeux
se fait désirer
.
MMR ( tous droits réservés)