Les voyages immobiles…

20 avril 2014

Sous le signe du cerisier

Pour le coucou du haïku géré par Marie-Alice, j’ai choisi le thème libre

Dimanche dernier, j’étais à IMG_3910_v1une rencontre poétique. Journée organisée par Marie-Andrée Balbastre, présidente de l’association de poésie Terpsichore  , sur une idée de Martine J ,  membre et poète  . Nous avions tous remarqué les nombreux vergers de cerisiers près, et autour, de son village mais… en novembre. Quelle frustration que d’imaginer leur beauté printanière  à l’approche de l’hiver. Aussi, rendez-vous fut pris pour les admirer en 2014. Pour moi cette journée commence en arrivant chez MA. Qu’il est beau son jardin sous le soleil paresseux.

Tout le bleu du ciel

réfugié au cœurIMG_4050_v1

du céanothe

.

Nous sommes plusieurs dans la voiture de notre présidente. En avant toute. Direction  la Montagne Noire. J’ai hâte de contempler ce joli petit coin au printemps. Plus nous approchons, plus c’est spectaculaire. IMG_3942_v1Marie-Andrée s’arrête plusieurs fois pour me laisser jouer au reporter photographe.

Sous les cerisiers

Clic-clac de mon APN

Écho d’un coucou

.

Un peu en retard, nous voiciIMG_3986_v1 enfin au bout de la route. « Bonjour ! Bonjour! »  Les premiers arrivés s’installent dans une jolie petite chapelle désaffectée. C’est l’heure de l’assemblée générale de Terpsichore. Puis, chacun apporte de quoi garnir la table du pique-nique. Installation des plateaux , chaises, buffet largement garni.  Les poètes, comme les peintres , apprécient le bon vivre.

.A l’apéritif-

Entre les rires se glisse

le chant d’un oiseau

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Ce week-end des Rameaux, pas un son de cloche.

Le clocher muet

Une guitare en profite

pour emplir son vide

.

Dernière goutte de café avalée, les IMG_4032_v1poètes partent en balade. Il est temps d’aller admirer les cerisiers de plus près.

Sous le soleil

Il n’y a pas que les abeilles

qui bourdonnent

.

IMG_4070_v1Au long du chemin nous apprécions la beauté de la nature, échangeons sur tout ce qui nous entoure: violettes, orchidées, coronilles… le tout entrecoupé de deux haltes poétiques

Douce cerisaie-

Un temple d’oubli

le temps d’une pause

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Chacun lit ou déclame de bien belles choses. Lorsque vient mon tour,Marie-Andrée me demande de présenter mon nouveau recueil. Ce que j’accepte avec plaisir .Puis je choisis de partager « Soleil » . Mes amis poètes m’applaudissent et me félicitent.

.

Le soleil

vient caresser mes mots-

Un pétale aussi

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Commencée sous les nuages la journée se termine sous un ciel merveilleux.

Bleu! Blanc! Bleu!Blanc!Bleu!

Au sacre du printemps

Ciel bleu royal

Boules, fusées végétales

Les cerisiers sont en fête

..

MMR ( tous droits réservés)

5 juillet 2010

Lundi poétique: le désert… le Maroc…

Filed under: Rencontres poétiques — Martine @ 7 h 15 min

Narbonne-plage! Dernier rendez-vous Terpsichore avant l’Été, sous le signe de la chaleur… l’Afrique… le Maroc…

J’attends Marie-Andrée et son mari derrière ma fenêtre. Il pleut; pas très engageant ce temps. Le jardin, lui, respire d’aise, boit cette provende avec avidité. Un escargot étire sa précipitation vers un pissenlit. Pas grave. Du moment où il ne se fait pas les dents sur mes dahlias, rien à redire. Ronronnement d’un moteur… les voici!  » Bonjour! » Mes poèmes, mon cake et moi, nous installons en compagnie d’un chevalet en bois.MA propose aux membres de l’association ( plusieurs sont artistes) d’exposer peintures, photos, sculptures en accord avec le thème. En avril, le sujet était « La Femme » dans l’œuvre de Christine Clairmont. J’avais apporté plusieurs toiles: une déclinaison de ma « femme vigne ». Mais ce soir, aucun de mes tableaux ne convient. Les larmes du ciel noient le paysage d’un flou mélancolique. MA et G… décident de prendre l’autoroute. Choix judicieux. A quoi bon suivre le chemin des écoliers. Il n’y a rien à voir, personne d’autre à prendre au passage… Passé Narbonne, voici le Massif de La Clape. Aucune lassitude pour cette jolie route serpentant entre aiguilles et genêts, même sous la pluie. Les pins font le gros dos sous les rafales, se raréfient… la garrigue moutonne jusqu’au sommet et.. c’est le choc! Jamais blasée, je découvre l’horizon, ces bleus merveilleux… pailletés d’argent: la Méditerranée… une bouffée d’évasion, d’inconnu iodé… d’images exotiques…

G.. nous laisse, MA et moi, à la salle Henri de Monfreid. Nous déplaçons tables et chaises à notre convenance… bientôt rejointes par l’invité d’honneur: Patrick Hierard. Tandis qu’il s’installe, MA lui décrit le déroulement de la soirée. Puis elle sort s’enquérir auprès d’un responsable, d’un écran pour le diaporama du conférencier. La tête d’Élisabeth passe timidement par l’entrebâillement de la porte: » Il y a quelqu’un? »… devançant Danielle chargée de matériel. Voici la grande silhouette de Ruppert, portant beau dans son kilt… Jean-Louis amène la chaleur de son sourire… précédant Simon et sa charmante femme… Voici Hélène, chargée comme un mulet de sacs et panier… Les premiers poètes sont un peu longs à venir… finalement Marie-Andrée décide de démarrer devant une quinzaine de personnes… Petit à petit la salle continue de se remplir…  » Jean-Louis! A toi l’honneur! » JL ouvre un livre de poche ( petit soutien pour sa mémoire) puis, nous offre, a cappella, la chanson de Barbara  » Les voyages ». Applaudissements nourris! MA se tourne vers moi:  » Martine? Tu as quelque chose sur le Maroc… le désert? »  » Oui, j’ai quelque chose mais c’est sur le Sénégal. » Le micro accueille la confidence de mon souvenir, avec toujours un nœud au ventre lorsque cela touche à l’enfance, la famille… Simon prend ma suite en demandant à interpréter « Adieu mon pays » d’Enrico Macias. ( texte déposé un partout sur les sièges). Sa voix s’élève, voilée, un peu tremblante. Touchant. Dans la  foulée, il nous récite « El Maktoub ». Le regard perdu au-dessus de nous, il vit son texte, s’évade dans le Passé… L’émotion passe… Clap! clap! clap! clap! chaleureux! Lui succèdent Nadja qui nous raconte joliment un de ses nombreux voyages en Orient… Yoam s’avance à son tour… tranquille… cool dans sa façon de se vêtir un peu ethnique, de se mouvoir, de parler… Face à la salle, il nous regarde… lentement… tous… en se taisant… de sa barbe jaillit soudain un conseil:  » Attention, l’abus d’alcool nuit à la santé » ( il est habituel de ce genre d’introduction:)) … après une ou deux phrases, il enchaîne en racontant son voyage à Édimbourg… sa rencontre avec la sagesse Soufi… l’apparition d’un écureuil qui semble l’attendre, lui indiquer un chemin… vers un lieu ancien, surprenant, où il assiste au Lever du soleil… cette majesté, la sensation de bien-être… toucher à la paix universelle… Une improvisation passionnante et si poétique… Jean-François lit un de ses textes… Hélène nous émeut par son magnifique  » Tu étais noir et j’étais blanche »… Léonard nous conte sa nostalgie de ses années en Algérie… Élisabeth nous décrit le périple de sa famille; nous fait un petit rappel historique à propos de Massada ( petit rappel sur lequel rebondit Bernard le guitariste, par des détails et anecdotes passionnants). C’est aussi le titre de son poème qu’elle nous lit d’une voix douce… texte aussi coloré que ses toiles. Christian, quant à lui, poète très sensible au sens caché des choses,

nous captive avant de laisser la parole à Alain qui nous enchante de son  » Dis-moi ton nom Tunisie ». Toutes ces lectures sont entrecoupées de poses musicales. Marie-Andrée et Jean-Louis ,nous offrent le traditionnel duo d’ouverture avec « Adieu à mon pays » que nous reprenons tous en cœur… Danielle gratte et cascade ses notes, nous chante, magistrale, « la Mer rouge » de Gérard Manset. Extraordinaire! On croirait que c’est créé pour elle. Grande première à Narbonne-plage! Ce sera la chanson fétiche de la Salle Henri de Monfreid. Bernard, très talentueux, nous propose une de ses chansons  » randonnée Haut Atlas ». Superbe! Il est temps de clore la première partie et de présenter l’invité d’honneur. Après quelques mots MA lui laisse la place. Patrick Hierard pianote sur le clavier de son ordinateur portable, lance le diaporama… nous raconte l’histoire incroyable de son père. Une vie si riche qu’il décida d’écrire un livre en hommage:

Je cite la quatrième de couverture du livre de l’auteur : éditions du Masque d’or:

« Quand je serai grand, je ferai Berbère »

« Laissez-vous entraîner par la saga de Maurice, l’orphelin de Lorraine, qui débarque à 18 ans au Maroc en 1926 pour y mater la révolte des tribus d’Abdel Krim, mais Maurice déteste cette guerre coloniale. Suivez-le quand il s’opposera malgré lui, ce sont les ordres de Vichy, à l’armée américaine de Patton qui débarque au Maroc pendant la seconde guerre mondiale.

Il aime passionnément le Maroc, mais Maurice sera pris dans la tourmente de ce pays qui cherche son indépendance. Meurtres sauvages d’Européens,  réponse tribale de l’armée française et c’est l’engrenage dramatique. Il échappera à des attentats; il ne vivra qu’avec son révolver et sa grenade dans la poche. Le calme revient. Maurice trouve sa voix au Sud marocain en aidant les fellahs à développer leur agriculture. Il est aimé et respecté Maurice. C’est sûr, il mourra au Maroc. 1965: le retour mystérieux vers la France: il découvre l’affreux nom de  « rapatriés ». Il est étranger dans son propre pays. Maurice, à 60 ans se retrouve perdu en Ariège dans le village de Serres sur Arget… C’est le dur apprentissage du mot:  » rapatrié Pied Noir ». L’accueil des Français est plutôt frais. Maurice et sa famille souffrent en  silence, veulent s’intégrer… encore une fois!  Patrick , son jeune fils de 12 ans , se souvient. Il raconte ses souvenirs de gosse heureux au Maroc… tandis qu’en France, ce sont: les moutons de Layrole… la transhumance à la Dévèze… Serres sur Arget et les dernières boutiques du village, l’épicerie, le bureau de tabac.. l’école communale Lakanal et son instituteur.. la Mouline… les batailles de soldats de plomb avec son ami Alain… les séances de TV chez Nine (le dernier café)… Balmajou, Alzen… les foins avec les agriculteurs de la région… L’enfant se désagrège! A Foix, le CEG, le CES Lauquier… les relations difficiles avec les maquignons du champ de mars… La vie passe… L’enfant grandit… Qui va le sauver? »

La soirée se termine très conviviale autour des boissons et plats apportés par chacun. Les rires et bavardages sont parfois couverts par les notes de guitare de Bernard. Alain fête aussi son anniversaire. Sa femme lui chante au micro, d’une voix claire et fine, la chanson de Nicole Rieu  » La goutte d’eau ». Moment d’émotion partagé en comité restreint. La plupart des gens sont partis et… nous allons faire de même…

UN SOIR

Le rideau tombe soudainement

Sur cette scène,

Ce théâtre,

D’une plage Sénégalaise.

Quelques badauds,

Flânent, éblouis,

Auréolés d’or flamboyant.

Je lâche la main

De ma mère,

Effraie les mouettes et goélands…

Le clapotis

D’encre bleu-nuit

Résonne sous le débarcadère.

Entre les planches,

L’eau m’impressionne,

Mouvance sombre,éclats rubis.

Brise marine,

Âcres relents,

Épousent l’odeur des arachides.

Le bois blanchi,

Chaud de soleil,

M’offre des trésors de cacahuètes.

Cris d’enfants noirs,

Aux sourires blancs,

Petits dauphins sautent les vagues.

A l’horizon…

L’astre se couche…

Dans la soie de mes souvenirs…

MMR ( tous droits réservés)

Je remercie Marie-Andrée pour ses renseignements complémentaires sur les participants et leurs textes. Merci également à Bernard M… poète et webmaster du site Terpsichore pour le gros travail de présentation des poèmes sur les superbes photos de MA.

9 mai 2010

Rencontres poétiques

Filed under: Poèmes,Rencontres poétiques — Martine @ 16 h 26 min

NARBONNE-PLAGE mai 2010

Rencontres poétiques mensuelles sur un thème en rapport avec l’ouvrage de l’invité de Marie-Andrée Balbastre. Nous terminons autour d’un apéritif-buffet où chacun apporte un plat, un gâteau, une boisson à partager…

« Rendez-vous chez moi à 15h30″ avait écrit MA.

Cela devient une habitude: la confection de deux cakes salés: un pour les copains poètes et l’autre pour mon mari. La recette varie d’un mois sur l’autre au grès de ma fantaisie ou de ce que contient le réfrigérateur: gruyère ou tome de brebis ( avec celui de chèvre, c’est pas mal non plus), olives vertes ou noires ( ou les deux), tomates séchées, noisettes, dés de jambon, herbes, bâtonnets de poivrons, carottes, haricots verts cuits à la vapeur… Leur parfum croustillant envahit la maison et anticipe le plaisir à venir. J’en connais qui vont se régaler ce soir!

Programme: en première partie: nos textes ( écrits sur le thème des animaux, poèmes, fables…). Seconde partie: conférence de Francis Crespin fabuliste, poète, auteur de plusieurs livres). » As-tu composé quelque chose à propos de la marée noire, des oiseaux mazoutés? La Louisiane est au cœur de l’actualité? » m’a demandé MA.  » Non, répondis-je, je n’ai rien à ce sujet. Cela fait bientôt trois semaines que la Muse m’abandonne. Heureusement que j’ai quelques poèmes en réserve. » Après avoir vérifié si tout était en ordre, un dernier regard au maquillage, me voilà prête. Pas encore bien familiarisée avec la nouvelle voiture, je pars à 15h10 pour éviter la pression. « Red Flat » ronronne doucement. La conduite douce, très souple est agréable. Cela me change de ma vieille skoda, si fidèle pourtant malgré son âge canonique. En arrivant, je me gare près de la piscine. Le petit chemin bordé de hauts murs en pierres sèches qui passe devant chez MA, m’impressionne trop. Pas question de risquer un accroc à la belle robe rouge de ma petite merveille. C’est donc à pieds que j’arrive pile-poil à l’heure du rendez-vous. « Coucou, c’est moi! ». Bisous… MA appelle son mari qui aujourd’hui porte la « casquette » de chauffeur. Une courte attente qui me permet d’admirer leur splendide glycine colonisant presque entièrement la pergola. Ses tresses blanc/parme se balancent mollement. Les taches d’iris, giroflées… éclairent l’immensité tendre de la pelouse. Un merle vole en rase-mottes, poussant un cri effrayé. Pas de chansons. Le temps est trop froid. G… nous invite à monter dans son carrosse, manœuvre avec aisance en rasant les pierres des murs et c’est parti. Direction la mer avec un arrêt pour prendre au passage Jeannine( poète et artiste-peintre). G… parle peu, concentré sur la conduite. Derrière J… et moi nous nous exclamons sur l’exubérance flamboyante des coquelicots. Il suffit d’un talus abrupt bien ensoleillé ou d’une jachère près d’une pinède pour qu’ils explosent de joie rayonnante. Nous regrettons cette bouderie de Phébus qui nous prive de superbes contrastes.  Passé les encombrements de Narbonne, voici le Massif de la Clape qui se profile. J’attire l’attention de mes copines sur l’élégance éblouissante des aigrettes pataugeant dans un petit marais. La traversée est plaisante malgré les plaies toujours visibles de la fameuse tempête de l’an dernier. Nous sortons de la forêt, dominons la mer brouillée, brumeuse puis c’est la plongeon sur la côte, Narbonne-plage et sa mairie-annexe. G… se gare au plus près de l’entrée. Le vent, saturé d’humidité, brasse des monceaux de bourre cotonneuse, blanchâtre. Elle tombe des peupliers en volant paresseusement, monte, descend, tourbillonne , finissant par nous chatouiller le nez. Horrible! Nous nous empressons de transporter paniers pique-nique, guitare, trépied, etc… et nous réfugions dans la salle. Il faut déplacer tables , chaises abandonnées telles que par une précédente réunion.; réorganiser l’espace au goût de MA. Voilà! Tout est prêt. Il est bientôt dix huit heures et… personne à part une chatte furetant un peu partout. Nous tentons de la chasser car son flair la guide vers nos provisions. Puis un poète arrive: c’est Jean-Louis N…  Tout de suite MA et lui répètent leur traditionnel duo d’accueil. Quelques accords de guitare et nos chanteurs interprètent » le petit cheval » de Georges Brassens. Le porte s’entrouvre sur un autre poète, puis un autre, suivi d’un trio… Les gens arrivent un figés par le froid. Petit à petit le groupe s’étoffe. Embrassades, plaisanteries réchauffent l’atmosphère. Le coin repas s’enrichit de pizzas, quiches, fromages, gâteaux, bouteilles, etc… Nous n’allons pas nous laisser abattre. Tap! Tap! Tap! MA sonne les trois coups, saisit sa gratte.  Sa voix monte , cristalline, soutenue par celle de JL à peine grave, très agréable. Nos chanteurs interprètent « le petit cheval » de G. Brassens. Nous reprenons tous en chœur le célèbre refrain. Dans la foulée, JL nous lit quelques petites histoires d’animaux , assez courtes où l’humour le dispute à la tendresse, tirées des romans de  Jules renard ou de Jean Anouilh. Charles trenet ne sera pas oublié lui non plus. Un délice. MA nous invite chacun à notre tour à lui succéder derrière le micro. Pour ma part je propose  » Les canards ». Une comparaison entre les cols verts des Hautes Alpes et ceux de Andernos sur le Bassin d’Arcachon: des lieux que je connais très bien. J… Nous sort une nouvelle de son chapeau: une jolie histoire d’araignée.  Camille ( Fredolisad), clin d’oeil doux et humoristique, nous raconte ses  » dinosaures ». Simon , de sa voix basse et timide, fouille sa mémoire afin de nous déclamer un souvenir émouvant. Un nouveau membre, se nourrissant de l’actualité , nous régale d’un texte drôle, parfois caustique. Un vrai chansonnier.  Et d’autres encore, qu’ils me pardonnent de zapper leurs noms, se succèdent avec talent. Certains poètes étant prolixes, guitares et chansons  reviennent de temps en temps afin de dynamiser, rythmer. Fin de la première partie.  MA se lève, présente Monsieur Crespin, lui offrant de prendre la parole. Cet écrivain, originaire de Lille, très souriant, parle de sa jeunesse, de ses voyages ( trente ans passés au Québec, quelques années en Afrique…), de son désir de retrouver ses racines à l’âge de la retraite. Ses fables sont adorables, malicieuses, vives. D’une voix claire, bien placée, il nous narre trois ou quatre d’entre elles. Ses recueils sont tous illustrés par le même artiste. Des dessins au style fin, amusant, très original se promènent au fil des pages… Mais il se fait tard. Les estomacs grognent, protestent.  Des mains tentent de cacher quelques bâillements. MA remercie cet auteur si attrayant, puis nous invite tous à prendre le pot de l’amitié. Après les nourritures spirituelles, voici venu le temps de passer à celles bien terrestres. L’humeur est gaie, très conviviale. Nous sommes tous heureux de nous retrouver, de tenir à l’écart, pour quelques heures, nos soucis. Une guitare reprend du servie. Soudain une pluie de notes très connues survole cette aimable assemblée: le sirtaki, musique du film  Zorba le grec. Deux dames tentent de retrouver les pas de cette danse. Mes jambes s’ impatientent, puis les accompagnent avec allégresse.  Au début hésitante, puis prenant confiance, hop!, revoilà Martine et 15 printemps. La cadence endiablée rougit sûrement mes joues. Qu’importe. Wouaw! Que c’est chouette! Suis même pas essoufflée! Finalement, comme le vélo, cela ne s’oublie pas et revient au triple galop! La chatte, une fois de plus, profitant du passage de quelqu’un pour entrer, rode, lèche une miette de thon par-ci, quémande un brin de jambon blanc par là… Après un dernier refrain, chacun se prépare à rejoindre ses pénates. Il est tard. Vingt et une heures trente minutes. La pluie accélère le repli général. G… et Marie-Andrée décident d’emprunter l’autoroute pour un retour plus rapide. Mes paupières papillonnent . Difficile de tenir le coup pour embrasser Jeannine lorsque nous la laissons chez elle. Puis c’est mon tour, un quart d’heure après, de retrouver mon petit coquelicot métallique.  Un réverbère m’éclaire suffisamment pour glisser la clef dans la serrure. Mais ensuite… heu…voyons… comment allumer les feux de route? Léger tâtonnement… c’est bon  » et la lumière fût! »Maintenant, les essuie-glaces? Zut!C’est le lave-glace. J’appuie à l’extrémité de la manette, tente de la baisser, de pousser en avant, en arrière… Zou, de nouveau le lave-glace asperge tout. Ah, pour ça, le pare-brise va être im-pe- cca-ble!  Enfin, soulag’ment d’ma part! Les balais vont et viennent bien gentiment.  Je me marre toute seule dans le désert silencieux de la nuit. Vivement la maison. La fatigue commence à me tomber sur les épaules, la tête, les réflexes… Vingt trois heures trente: ouf! « Home sweet home »: suis chez moi!

LES CANARDS

Qu’ils soient des Hautes Alpes

Ou bien à Andernos,

Le cou ceint d’une écharpe

Petits chiens cherchant l’os,

Les canards se dandinent.

Volontiers ricaneurs

Sur la glace, ils patinent.

Sur l’étang , les rameurs,

Offent le même spectacle

De comiques disputes,

Poussent un coin-coin qui claque!

Pour un croûton, quelle lutte!

Ils plongent à qui mieux mieux,

Portant haut le croupion,

Plantés comme des pieux

Dans l’ Bassin d’ Arcachon!

Mais font triste mine

Dans l’air de la montagne,

Se gèlent, se ratatinent

Et délaissent leurs compagnes.

Tous ces petits Donald

Réveillent la région,

Courses et cavalcades,

A grands coups de clairon!

MMR tous droits réservés

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