Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

15 mai 2024

Renga n°5

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : — Martine @ 7 h 17 min

.

Voici pour ce cinquième Renga, deux groupes, avec comme consigne de partir d’un même vers: « devant la barrière »:

Le premier, composé  de: Claudie , ABC, Jill Bill

 

Devant la barrière ( Claudie)

la forêt mystérieuse-

cap sur l’aventure!

 

aventure sous-marine ( ABC)

des coraux en péril

*

A travers les nues ( Jill Bill)

flânerie en mongolfière

terre mosaïque

 

des villes urbanisées ( Claudie)

habitacles troglodytes

*

coucher de soleil  (ABC )

sur lelit du Saint Laurent-

les colons débarquent

 

le chien loup dresse l’oreille ( Jill Bill )

un renard lorgne les poules

*

entre chien et loup ( Claudie)

le mystrèe est bien touffu-

barque à la dérive! barque à la dérive!

 

un cerf brame au fond des bois (ABC)

dans le ciel la lune s’éclipse

*

Perrette rêvasse ( Jill Bill )

tour du monde dans sa tête

pot au lait dessus

 

ne vous payez pas sa tête ( Claudie)

la vie est un grand défi

*

sombre ciel nocturne ( ABC )

ses grêlons de la colère

arbres foudroyés

 

faire tomber les barrières ( Jill Bill )

libre comme tous les vents

********************

Le second groupe est composé de: Balaline , Martine, Adamante

 

Devant la barrière ( Balaline)

des parfums de seringa

douceur d’un regard

 

les yeux bleu gris de grand-mère ( Martine)

m’expliquant le point de croix

*

point de l’évasion ( Adamante )

je chevauche avec Zorri-

le lavoir coasse

 

escapade ensoleillée ( Balaline)

notre galop dans les vagues

*

l’été en Camargue- ( Martine )

gardians, taureaux, flamands roses …

et les tellines!

 

deux lèvres brûlées de sel  ( Adamante)

aspirent au baiser du froid

*

la mer apaisée ( Balaline )

la brise dans la voilure

respirer ses rêves

 

à la proue du voilier blanc ( Martine)

juste toi, moi et l’amour

*

éperon de feu ( Adamante )

tourbillon de la poussière-

un repos cendré

 

la nuit chemine lentement ( Balaline)

l’enfant dort au clair de lune

*

nuit bleue africaine- ( Martine )

tam-tams, chants, danses sans frein

aube d’un bébé blanc

 

la tête couronnée d’or ( Adamante )

la voix du silence fuse

*

MMR ( tous droits réservés)

27 mars 2024

Renga n°3

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , — Martine @ 17 h 55 min

Renga n° 3 avec l’Herbier de poésie, orchestré par Adamante. Cette fois nous sommes huit: Françoise , Josette, Marine, Adamante,  Martine,  ABC, Jill Bill,  Balaline

 

Envol, vertige & liberté

De haut en bas, de bas en haut, échos printaniers 

 

 

.

au jardin je dors

premiers rendez-vous twittés

réveil des oiseaux

Françoise

le chat derrière la fenêtre

dehors une pluie battante

Josette

.

sur la rocaille

bruyères et pervenches

ont fraternisé

Marine 

sur la partition humaine

syncope à contre-vie

Adamante 

.

mars tout engourdi

en sa palette de gris

le téléphone sonne

ABC

j‘ai rendez-vous avec vous

j’en oublie mon parapluie

Jill Bill 

.

écoute mon fils

les murmures de l’aube

la grâce est née

Balaline 

dès l’aube nous partirons

escalader l’Everest

Françoise

.

la tige du souci

une montagne à gravir

dit l’escargot 

Josette 

si le papillon l’entend

tout le monde le saura

Marine

.

envie de voler

de looping – grisée de cimes

le cœur fou de joie

Adamante 

depuis le plus haut sommet

être la reine du monde

Martine

.

le vertige me prend

de sommet en sommet-

maman je vole

ABC 

un cerf-volant de papier

au-dessus du nid de l’aigle

Jill Bill

.

voici le printemps-

son surpuissant regard d’aigle

traque la vermine

Martine 

un oiseau sur la branche

fêtons l’enfant poète

Balaline

.

MMR ( tous droits réservés)

Merci pour vos commentaires très appréciés.

28 février 2024

Renga n°2 avec l’Herbier de poésie

Filed under: l'herbier de poésie,mini poèmes, Haïkus, tanka, haïbuns... — Étiquettes : , , , , , , — Martine @ 8 h 05 min

Renga, quand tu nous tiens! 😀

Après le plaisir d’écriture partagé à cinq, Adamante nous propose de participer à un nouveau Renga. Cette fois, nous sommes sept participantes, avec, par ordre d’entrée en scène:

ABC , Martine , Jill Bill, Adamante, Marine, Françoise, Balaline .

 

.

1) ABC

mot locomotive

tirant ses wagons en phrases


l’alphabet voyage

 

2) Martine

sourd aux bruits de la maison

ah! Divine lecture!

 

3) Jill Bill

là plus rien n’existe

le monde peut s’écrouler

une autre planète

 

4) Adamante

palpitations d’un soleil

la page d’un livre ouvert

 

5) Marine

au bord du chemin

un bouquet de myosotis

venu me saluer

 

6) Françoise

parfums du jardin fleuri

confidences bleues bonheur

 

7) Balaline

un rêve de bleu

l’enfant court vers l’océan

les mots s’apaisent

 

8) ABC (second tour)

en s’éloignant du rivage

les syllabes s’aventurent

 

9) Martine

sieste sur un yacht-

les vagues emportent au loin

l’envie d’écriture

 

10) Jill Bill

bercé sur une mer d’huile

oiseau blanc pour seul nuage

 

11) Adamante

juste un point virgule

temps béni pour le repos

le verbe alangui

 

12) Marine

si tu vas à la pêche

Je veux bien t’accompagner

 

13) Françoise

pain fromage et vin

sur la nappe à carreaux rouges

soleil et printemps

 

14) Balaline

nos balades océanes
tendresse universelle

 

Fin ∞

.

MMR ( tous droits réservés)

 

20 février 2024

Renga n°1 avec l’Herbier de poésie

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , — Martine @ 7 h 38 min

Ma blogopote Marine D et moi avions écrit un Renga en 2015: ICI

Aujourd’hui, nous récidivons mais, cette fois, à cinq à l’instigation d’Adamante. Avec Marine D, ABC , Françoise, Adamante/l’Herbier

Haïkus ou tankas, un peu au petit bonheur, à notre fantaisie, chacun répondant au précédent. Une série d’échanges excitante et ludique. Merci à Adamante et aux brins de l’Herbier de poésie:

 

1 – Marine

Nous avons trouvé

le jour de Saint Valentin

notre banc public

 

2 – Françoise

Devant un bassin

Tout petit oiseau fiérot

Miroir futile

 

3 – ABC

En reflet dans l’eau
trouver son meilleur profil
l’oiseau charmeur pose

 

4 – Adamante

juste un souffle de vent

le reflet ébouriffé

impermanence

 

5 – Martine

Quiétude moirée-

Zéphyr joue le trouble fête

un poisson bondit

 

6-7 –   Marine

Jeux de ricochets

des ronds concentriques

brouillent mon ciel

         Adamante

Cataracte en petit lit

Grand chamboulement

 

8/9 – ABC

La nuit enrobe

un croissant de lune

la chouette hulule

        Françoise

Odeur d’un chocolat chaud

des pas se font entendre

 

10 Martine

Scène nocturne-

Vif appel des rainettes

sur fond de brouillard

 

L’appeau d’un cacao chaud

Séduction irrésistible

.

17 décembre 2015

Un parfum de Renga

Filed under: mini poèmes, Haïkus, tanka, haïbuns... — Étiquettes : , — Martine @ 6 h 06 min

Mais qu’elle est donc cette fleur? Un titre qui peut prêter à confusion. 🙂

Ce n’est pas un végétal. Mais un échange de tankas entre deux ou plusieurs personnes.

Pour rappel: le tanka est un poème japonais composé de cinq vers : 5/7/5 /7/7.  Des règles librement interprétées pour ce dialogue poétique.

Un jour, Marine D m’a invitée à cet échange. Un ping-pong  très ludique.

à gauche:  Martine-                                                     à droite:  Marine

.

Un! Deux! Trois! Printemps!

1                                                                                      2

Au coin du trottoir                                                           Il prend le soleil

Il se la coule douce                                                         sa peau absorbe enfin

veinard de lézard                                                            les premiers rayons

Courir, et courir encore                                                  lové sur le pavé

à en perdre ses rêves…                                                   à quelques pas du printemps

.                                                                                       .

3                                                                                       4

Premier pissenlit-                                                            Un baiser de toi

Deux mouches vrombissent, aïe!                                   colore en pourpre mon ciel

Trop près du lézard                                                          j’oublie les tourments

La vie est si peu de chose                                               une ritournelle m’emporte

ce soir: toi, moi et l’amour                                               à la vue d’une violette

.                                                                                         .

5                                                                                         6

Festival vernal-                                                                  Le prunus fleurit

bleuet, lin, scille, pervenche                                              même sous les averses

moins bleus que tes yeux                                                  il brûle les étapes

sur ton océan changeant                                                   la patience n’est pas son fort

voyager d’îles en îles…                                                       il décide de faire le show

.                                                                                            .

7                                                                                           8

Brutal coup de vent-                                                            Le mistral fripon

Il a la boule à zéro                                                               emporte les chapeaux

le prunus précoce                                                                 il ose trousser

mon jupon s’envole aussi                                                     sur le Pont des Arts

sous tes mains polissonnes.                                                 les jupes et falbalas

.                                                                                              .

9                                                                                            10

Un! Deux! Trois! printemps!                                                  Inlassablement

On joue à guichets fermés                                                    la pluie frappe sur le toit

« le caprice nu »                                                                     elle résonne et cascade

Deux coqs pour une pintade                                                  j’attends une éclaircie

se font pigeonner                                                                   mon arrosoir est rempli

.                                                                                                .

11                                                                                             12

Entre les gouttes                                                                     Vols impatients

celles d’un parfum fleuri                                                          pépiements dans les branches

sur mes joues                                                                          enfin l’éclaircie

A trop écouter le merle                                                            Ils font des plans de nichées

j’en oublie mon plat au four                                                     les petits architectes

.                                                                                                  .

13                                                                                               14

Au grand soleil-                                                                          La petite violette

sur les bourgeons du rosier                                                       exhale ses fragrances

pucerons en liesse                                                                     malgré les averses

que de fourmis parmi eux                                                          je n’ai pas entendu passer

las, pas une coccinelle.                                                               les grues du mois de mars

.                                                                                                          .

 Merci  pour vos commentaires qui font très plaisir. J’y répondrai…. plus tard

😉

28 avril 2012

Entre deux giboulées!

Passez la souris sur les photos pour agrandir s’il vous plaît, merci.

Il fait un temps pourri. Mais le jardin resplendit de contentement. De l’eau! Encore de l’eau  clame-t-il vers le ciel!

Oui! Bon! Un peu ça va! Mais une pause de temps en temps, hein?

J’ai envie de dire pouce!

Du bleu ! DU BLEU! DU BLEU!

C’est ma rengaine, mon refrain chagrin du matin à la face du ciel.

Le 21 avril était si merveilleux. Une journée presque estivale.

Le genêt ( une variété non parfumée 🙁 ) brillait, luisait , capturait la lumière.Tout un petit monde s’y activait. « Vite! Vite! Pas une minute à perdre! » bourdonnait-il. Mouches, abeilles sauvages ou domestiques plongeaient au cœur des fleurs; se dégageaient poudrés d’or bruni; se hâtaient vers l’offrande affriolante suivante sans perdre une seconde.

Ce gros balourd de bourdon dédaigna ce matin-là les papillons dorés pour ceux rose fuchsia de l’arbre de Judée.  Il pressait, farfouillait du nez, passait  au délice suivant très concentré sur le but de sa quête. Quelle belle fourrure! L’envie me démangeait de la caresser. Je me contentais… sagement… de le chatouiller du regard. 🙂

Les bourdons se nourrissent de nectar et de pollen. Ils ont leur rôle à tenir dans la biodiversité. J’en ai observés couverts de pollen. Pareil pour les abeilles et les mouches. De temps en temps, ils se posent et font toilette.

Mais ce jour-là, tout le monde semblait pressé comme un citron. Midi, l’heure de pointe approchait. Une lève-tard? Ou bien une exploratrice venant de loin?  Sur le coussin rose pâle de la sarriette, une énorme mouche butinait sans façon toutes les lèvres offertes.  Tachina Fera, insecte diptère de la famille des Tachinidae. Marrante avec son gros popotin poilu. Mais une redoutable dont les larves parasitent et tuent les chenilles.

Ses cousines, aux robes aussi variées que celle de leur menu du jour, butinaient, se goinfraient du suc sur les énormes euphorbes.  Parfois ça se disputaient bien un peu. Mais la table étant bien fournie, on retournait très vite au festin.

Une belle galerie de portraits. Ce sera l’occasion d’un nouvel article.

 A l’ombre de l’arbre de Judée, deux ravissantes tulipes à fleur de lys s’épanouissaient .

Tendre duo ,

Frais tête à tête,

Un teint neige et cerise qu’aurait enviée la vilaine reine de Blanche Neige.

Si élégantes,

Si fines,

Si radieuses

Si….trompeuses

Entreprenant vainement de s’agripper au satin virginal, un drap mortuaire multipliait les tentatives pour échapper au piège de l’une d’elles.! Tapi, un regard menaçant le surveillait. Une thomise se fondait à la blancheur laiteuse de la liliacée. Estima-t-elle son cuir trop indigeste? Le veinard s’en tira  à bon compte  pour cette fois. Mais attention à la prochaine maladresse…

MMR t tous droits réservés)

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