Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

12 avril 2026

Le rocher noir

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , , , , , — Martine @ 7 h 06 min

Pour l‘Herbier de poésies, Adamante nous propose d’écrire sur cette photo intrigante prise par le fils  dABC

 

– Le soleil est encore haut! Allons nous promener, hein?  Tu veux bien! Dis, tu veux bien? Insiste cajoleuse Auriane.

– Pas si haut que ça, ronchonne son frère, tout en scrutant le ciel.

– Allez! Juste un petit tour jusqu’au rocher noir.

Lubin hésite . Au fond, lui aussi a très envie de courir, de dépenser son trop plein d’énergie. toute la matinée, et encore un peu après le repas, il n’a cessé d’aider leur père à ranger les buches contre le mur sud de leur maison, en prévision de l’hiver. Le jeu n’était guère amusant. Auriane, le devinant prêt à céder se fait tentatrice.

– Souviens-toi du beau roncier à côté. Il était joliment fleuri à notre dernière visite. A présent, il doit être couvert de beaux fruits bien juteux!

– Tu as raison, reconnaît son frère cédant volontiers au démon de la gourmandise. Allons-y! Le premier arrivé aura gagné! Jette-t-il , tout en s’élançant et riant.

Les jumeaux courent à perdre haleine car, effectivement, l’après-midi est bien avancé. Et le but de cette expédition gourmande est à un bon quart de lieue. Enfin, essoufflés et heureux, les voici arrivés. Force est de constater qu’Auriane avait bien supposé. Le feuillage du roncier disparaît presque sous les petites baies noires. Aussitôt, les enfants se jettent dessus. Ils s’empiffrent, se gorgent et rient en constatant qu’ils sont maculés de jus violet. Lorsque soudain, un courant d’air violent se lève et brise net leur joie et leur enthousiasme. Craintive, Auriane se rapproche de Lubin qui, au fond de lui, n’en même pas large non plus.  Le flux s’intensifie et vire à la bourrasque. A présent, ça gronde, ça siffle autour des petits abasourdis.

– Qui vient me voler ? Questionne une voix gutturale.

Affolés les enfants fixent le rocher noir. Quelle est cette sorcellerie? Ce dernier abrite-t-il un esprit mauvais? Tétanisés, ils grelottent et chevrotent un petit « nous » craintif.

– Qui ça, nous? Insiste la voix rugissante.

– Lubin et Auriane, répond courageusement  le garçonnet. Nous sommes les enfants du bûcheron.

– Ah bon? Alors ça va, proclame la voix un ton plus bas. Puis elle ajoute: Surprise! Et brusquement, une tête hilare apparaît au dessus du roncier.

– Salut vous autres! Je suis  Brinztap de la tribu des Brinz *. Je vis à l’écart des miens, dans cette grotte. Vous avez troublé mon sommeil.

– Désolés, messire Brinzpap.

– Pas messire. Juste Brinztap!  Bah! Ce n’est rien. J’ai assez dormi, de toute manière. Aimez-vous la musique?

– Heu… oui, répond Auriane au bon sourire du drôle de petit bonhomme .

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Surprise sylvestre-

notes sucrées et musique

quel mariage exquis!

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  • Brinztap: https://martinemrichard.fr/blog/?p=19982

26 octobre 2025

Brinztap

Pour la page 249 de l’Herbier de poésies,  Adamante nous propose d’écrire  en nous inspirant de sa photo ci-dessous:

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Petit, bedonnant, rougeaud, des yeux ronds et noirs, le nez court en trompette surplombant une large bouche aux deux tiers édentée, aussi chevelu qu’un œuf, tel est Brinztap, un fou de musique.

Ce nain, de la tribu des Brinz, vit un peu à l’écart des membres de son clan. Et pour cause: ces derniers ne supportent plus le vacarme que leur frère a le toupet de nommer mélodie.

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Musique! O musique-

nul n’est prophète en son pays

pauvre incompris

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Brinztap est une heureuse nature, invariablement gai, toujours prêt à rendre service. C’est le meilleur des compagnons. Tout le monde l’aime en dépit d’un terrible défaut: son amour immodéré de la musique. Enfin, si l’on peut nommer cela musique! Brinztap, à l’aide de quelques pierres, de formules magiques et d’un peu d’eau chipée à la source chantante, a créé un instrument bizarre, brillant, lisse, aux nuances changeantes de bleu sidéral. Celui-ci réagit au toucher plus ou moins prononcé de son inventeur. S’élèvent alors des sons tantôt aigus, stridents; tantôt caverneux, sépulcraux. Les yeux à demi fermés, Brinztap sourit de bonheur en composant son hymne à la vie sylvestre. Tandis que tout le monde se bouche les oreilles en lui hurlant d’arrêter le massacre.

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Sous les étoiles-

en compagnie des grillons

accords discordants

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21 juin 2013

La musique d’hier ou d’aujourd’hui

Filed under: mini poèmes, Haïkus, tanka, haïbuns... — Étiquettes : , , — Martine @ 5 h 12 min

Thème sur une idée d’Éliane pour le « Coucou du haïku », créé par Marie-Alice et Mamylilou

.Chanson-Eliane

Dimanche matin-

Sur un air d’accordéon

l’image de mon père

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