Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

28 septembre 2012

Aurore mandarine

Filed under: Océan et Bassin d'Arcachon — Étiquettes : , , , , , , , — Martine @ 6 h 40 min

On dit que les maisons ont une âme. Mais qu’en est-il d’un bateau?

En admirant le lever du soleil sur ces silhouettes amarrées, je me posais la question. Quelque chose d’indéfinissable semblait se dégager des ombres veloutées. Légers clapots de l’eau mandarine, caresses, murmures sur ces coques regardant vers la passe du Cap Ferret. Le vent lui-même semblait respecter cette communion. Une plate* se balançait à peine  à deux brasses de mes pensées. Phébus animait sa cabine, s’emparait des commandes pour tanguer sur les bulles de silence. Un long vol d’aigrettes s’étirait vers Arès. Une mouette me tenait compagnie, pas farouche. La beauté du moment, elle n’en avait que faire. « Ventre affamé n’a pas d’oreille », ni ressenti pour l’art. 🙂

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Miroir sirupeux-

Aurore carte postale

Mouette claque- faim*

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* claque-faim: affamé

*plate: bateau dont se servent les ostréiculteurs

MMR ( tous droits réservés)

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Je vous remercie toutes et tous pour vos commentaires et vos passages répétés pour certains. Cela fait très plaisir de voir que l’on ne m’oublie pas. Mais après quelques jours de congés,  je suis de nouveau dans les expositions, ainsi que prise par des travaux à la maison. Je répondrai à tout le monde la semaine prochaine.

Encore merci pour vos pensées amicales, cet intérêt pour mes mots.

Bonne fin de semaine à toutes et tous

😉

8 août 2012

Au bord de l’eau…

Filed under: entre ombre et lumière — Étiquettes : , , , , , , , , — Martine @ 21 h 16 min

Pour la communauté « entre ombre et lumière »  ICI  de Hauteclaire,  le thème de ce mardi est « flâner au bord de l’eau, rives, berges »

Là, j’ai tant de photos que le choix est difficile. Les rives du Canal du Midi, ceux de l’Aude et autres rivières .. Finalement dans ce vaste thème je retiens mon préféré: celui des rives et  berges salées.

Commençons par la balade au petit jour  au bord du Bassin d’Arcachon. Moments ineffables et intenses.

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 Sirop grenadine

Ou orange pressée

Jusant matinal

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Plusieurs billets ont été consacrés à ces instants extraordinaires. L’aurore aux doigts de soie composant et recomposant chaque jour , inlassablement, des tableaux hors du commun.

Imperceptiblement  , la lumière s’enhardit, découvre …

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Au soleil liquide-

Jeu de billes abandonné

par les vers de sable

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En fin de matinée, nous décidons de saluer l’océan. En chemin, petite halte photographique où le rivage est surtout fréquenté par les oiseaux quémandeurs…

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Miroir eau dormante-

Mouettes et canards flânochent

en gobant les mouches.

Un quidam jette du pain

Tourbillon plumes et cris

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Nous poursuivons notre chemin vers l’immensité grondante ou murmurante. Forêts de pins, puis la dune et enfin…

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Si léger le bleu-

Du ciel ou de l’océan?

L’horizon s’y perd

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Fouler ce sable,miel si doux, si chaud , puis courir  vers les flots , patauger, s’éclabousser comme des mômes. S’abandonner, flocon d’écume sur l’esprit  des vagues.Flânerie bienfaisante oublieuse de la montre. Mais il faut bien rentrer…

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L’écume du jour

Se mêle à celle des flots

Une mouette pêche

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MMR ( tous droits réservés)

 

 

2 juillet 2012

Soleil

Filed under: au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — Martine @ 5 h 27 min

Lorsque Phébus veut bien nous sourire.

Dès le matin, c’est un enchantement. Le ciel secoue ses jupons, ses dentelles et soies orientales.

Là-bas….

Vers méditerranée…

J’imagine le réveil paresseux d’une eau aigue-marine,

Un crabe surpris par la lumière se hâtant vers le repli de sa cache humide,

Le rire affamé des mouettes découvrant un banc d’écailles surprises.

Ici,

Dans les terres,

Pas une goutte de rosée.

La lumière caresse une gaura,

Traverse sa carnation neigeuse

De tendre indiscrétion solaire.

Le merle, toujours prêt,

Lance au ciel maintes vocalises.

Sifflets et trilles impriment l’azur naissant,

Attisent pies et martinets,

Stimulent gentes tourterelles

Quelques moineaux en quête de rapines…

Au creux du parme mystère,

Là où l’ombre hésite encore,

Un rayon hardi et fervent

Enferre la raideur laiteuse

D’une comtesse ébouriffée.

C’est le matin de tous les possibles,

De cette espérance mousseuse

Comme une coupe de champagne rosé.

Envie…

Caprice de ne rien faire,

Juste une lubie,

Celle de se lover autour du Temps,

D’en déguster lentement les secondes,

Dévorer ses minutes à petits coups léchés,

Se pourlécher,

Se régaler,

Se délecter avec gourmandise,

Oublier juste un instant que la Terre continue de tourner….

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MMR ( tous droits réservés)

19 février 2012

A gla! gla! suite

Ce matin là,  13 février dernier, je décidai de faire une virée au bord du Fresquel qui passe pas très loin du village. La météo annonçait le redoux pour les prochains jours….   Si je voulais capturer quelques effets intéressants il était plus que temps de partir à l’aventure. L’aventure, c’est beaucoup dire. Mais enfin,  emmitouflée comme une poupée russe, me voilà filant comme le vent…

Couleurs sibyllines,

Calme marmoréen

Que piquent les merles

A petits coups transis.

Engourdi par le froid, le soleil s’extirpait laborieusement de ses draps brumeux. Mes joues, mon nez s’accordaient sûrement à ses vapeurs rosées virant au framboise écrasé. Oui, a gla!gla!. Il n’y avait  pas que l’air qui était givré. 🙂

Abandonnant la route, j’empruntai une voie parallèle festonnée de congères.L’ostensoir  platine s’emparait du ciel, veloutait la neige de nuances beurrées. Hallucination? Huumm… la belle chantilly . Une pie lève-tôt survola en se moquant cette bipède rêveuse invétérée.

Allons, pressons! Pressons!La crêpe pâlichonne va virer à l’or le plus pur, mordre dans cette blancheur nivéenne…  Quelques maisons éparses calfeutrées sur leurs secrets me cachaient le rivage. Il devait bien y avoir un passage quelque part entre ces jardins, ces haies et autres vergers… Des traces de roues me guidèrent vers une trouée et là…. les yeux écarquillés, le cœur battant la chamade je découvris  une vue à couper le souffle. Ah mes Maîtres impressionnistes, mes Fauves, si vous pouviez  guider ma main pour balbutier toute cette beauté sur mes toiles.

J’interrogeai l’opacité des buissons, le grillage des branches… Le sentier  longeait le cours d’eau sans jamais s’approcher.  Frustration. Nappes glacées, ressac figé , que de merveilles tentaient la photographe…

Au bout d’une centaine de mètres, enfin, une échancrure dans tout ce fouillis végétal me permit d’apercevoir l’extrême bord. La descente était tapissée d’orties brutalisées, de ronces armées jusqu’aux dents. Grâce à la complaisance de quelques arbustes assez robustes je pus m’aventurer jusqu’au bord de la rivière.


Gaïa, maître verrier génial, comblait toutes mes attentes. Tout m’appelait, m’interpellait. Ma paire d’yeux ne me suffisait pas. Il y avait tant et tant à voir, à moissonner…

Oubliée la montre, la pendule, la trotteuse insensible. Les mots dansaient une gigue joyeuse, composaient et recomposaient odes et contes, s’évanouissant  aussi vite que l’éclair…

Parchemin boréal,

Bleu stylet antarctique,

Le solfège torrentiel

De soupirs en silences

Cherche sa clef de sol,

Ses octaves laiteux

Que cisèle Soleil.

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Mais…

Qu’y avait-il de l’autre côté du pont? A suivre

MMR ( tous droits réservés)

(cliquez sur les photos pour agrandir, merci)

12 février 2012

A gla!gla!

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Dimanche en huit, peu de temps après avoir photographié un lever de soleil extraordinaire, ICI , Il se mit à neiger comme un fou. Par moment, il tombait  « des mouchoirs » ( expression entendue en Provence ). La pauvre petite anémone , ICI ,  semblait bien misérable en compagnie de trois brins d’herbes brûlées par l’hiver.   Vers le soir les nuages en eurent  assez de disperser leurs fleurs virginales, d’effilocher leur ouate. Nous  fermâmes les volets sur une interrogation. Qu’allions nous découvrir au matin? Tout d’abord, un autre merveilleux lever aux teintes assourdies.

Le jardin étincelait sous les premiers rayons transis. Les ombres gardaient encore leur mystère bleu nuit. Ce clair-obscur me ramenait à celui de la montagne, de ses congères, de ses ravins d’éternel silence. Mon esprit vagabondait sur les cimes lointaines en glissant sur ce manteau glacé. Tandis qu’au soleil mille et un diamants étincelaient.

Certaines plantes résistent envers et contre tout, à l’image de cette touffe de narcisses très précoces.  Le froid pesant de tout ses degrés négatifs me tirait les larmes, me pinçait les doigts….  Mon petit univers mutait vers l’indicible poésie nordique…

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Le mardi suivant, en descendant au Marché, je découvris la fontaine près de la gare, sortie tout droit d’un conte d’Andersen. Quelques jets d’eau tentaient vaillamment de se frayer un passage. Au retour, c’était fini. Bâillonnée la chanson glougloutante et grelottante. Muette aussi celle de la place Carnot . La Reine des neiges l’avait effleurée de sa baguette magique figeant ses orbes musicales.

Après avoir remonté la rue piétonne ( anciennement rue de la gare), dernier coup d’œil admiratif à la sculpture glacée qu’était  devenue la fontaine. L’horloge de la gare m’autorisant encore un peu d’école buissonnière avant l’arrivée du bus, je décidai une nouvelle chasse aux clichés. Le port gardait prisonnières les péniches dans un étau blanc laiteux où se mourait le ciel.  La Martine risque-tout de mes jeunes années ressurgit , bravant le tapis verglacé entremêlé d’îlots neigeux. Avec d’infinies précautions je me hasardai à 50 centimètres du bord. L’écluse avait perdu de nombreuses chandelles mais offrait encore de belles décorations.

Le sas , inerte, témoignait de cette météo extrême  mordant et déchirant. Débâcle sur le Canal du Midi… Étoiles givrées, fêlures, lignes brisées,  rondes bosses, apparitions fantastiques gravées par la gouge climatique. L’onglée  s’invitant douloureusement, je fuis vers l’abri-bus les mains tétanisées…

MMR ( tous droits réservés)

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7 février 2012

Gourmandise

Cette semaine, le nouveau thème d’ « Ombre et lumière » , ICI , de Hauteclaire, est : Gourmandise.

Un des sept pêchers capitaux. 🙂 Quelle tristesse que de vouloir montrer du doigt, sanctionner, le plaisir d’apprécier les bonnes choses. La goinfrerie oui, mais la gourmandise… tss.tss! 🙂

Le matin, le lever du soleil prend des allures de confitures aux fruits rouges. Pour la friande de couleurs que je suis, les références sont toutes trouvées.

Gelées de groseilles, cassis

Confitures de framboises, fraises

Tartes aux mûres, cerises

Sans oublier les myrtilles

Douceur du thé pris chez une dame de nos amies lorsque j’étais gamine. Sur un guéridon recouvert d’une belle nappe brodée blanc sur blanc, rutilait un service en porcelaine finement décoré de bleu. Puis arrivaient l’assiette de toasts, le beurre parfumé d’une ferme des environs,  et de merveilleuses gelées…

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Tout ça pour vous parler d’un dessert que j’affectionne particulièrement:

L’aspic de pommes nappé de son coulis aux fruits des bois. Légèreté de ces délicatesses sucrées aux parfums du verger… gâteaux aux mousses de fraises ou autres….

 

 

 

 

 

 

 

Dans une vitrine  à St Jean de Luz ( je crois),du sec, du confit, de quoi saliver face à cette palette brillante . Supplice de tantale pour ceux qui font attention à leur ligne.Confidence pour confidence je craque plutôt pour le salé. 😉

MMR ( tous droits réservés)

6 septembre 2011

L’aube ou le crépuscule?

Filed under: entre ombre et lumière,Poèmes — Étiquettes : , , , — Martine @ 4 h 42 min

Nouveau thème ce mardi,  pour la communauté « entre ombre et lumière » de Hauteclaire, ici , aube ou crépuscule.

Je n’ai jamais su faire la différence. C’est plutôt affaire de sensation. Pour le lever, comment choisir parmi mes milliers de photos?

Voici quelques levers derrière le grand Yucca de mes voisins:

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Début de mon poème « Prémices »:

A pas de loup

Au petit jour

Lorsque la nuit traine dans les coins

Quel délice ce petit tour dans la fraîcheur de mon jardin…

D’autres levers:

ici,

et encore

ici,

Après l’aube aussi légère qu’une plume sur le parfum des lauriers blancs , passons maintenant au coucher.

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Début de mon poème « Au coucher »:

Chaque soir différent,

Romantique ou tragique,

Parfois inexistant,

Il nous snobe lunatique.

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Le soleil nous accorde,

De ses longs doigts de feu,

Une danse espagnole

Ou un slow langoureux. »

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MMR ( tous droits réservés)

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