Les voyages immobiles…

26 février 2012

a gla!gla! suite et fin

Filed under: Promenades ici et ailleurs... — Martine @ 19 h 46 min

Oui, qu’y avait-il de l’autre côté du pont? ( cliquez sur les photos pour agrandir, merci)

J’avais beau ne pas m’occuper de la montre, là-haut Phébus se faisait plus présent.  De gros glaçons arrivaient de l’inconnu hors de vue, glissaient nonchalamment ,stoppés net par le barrage blanc-bleu de la glace. Cherchant des yeux la percée de l’aller, un mouvement subtil  me fit tourner la tête juste à temps. Presque trop tard. Un ragondin nageait tranquille, nullement troublé par ma présence. Trop rapide, il fût vite hors de ma vue.

Chaud fanal lumineux, un buisson de houx me permit de retrouver les marches ronces et orties. Avant de quitter cet univers insensible, ma faim de beauté captura une superbe nature morte. Enroulée sur sa vie évanouie, une feuille irradiait, malgré tout, l’automne en robe de bure. Prisonnière, aimantée à son givre, sa carnation d’argent vieilli était exaltée par l’hiver.

La petite route, vide d’humains, offrait son long ruban verglacé à un colloque de pies. Quel était le motif de leur réunion bruyante? Nul ne le saura jamais car elles s’enfuirent dans un grand froissement d’ailes à mon approche.  A leur exemple, Luna s’éclipsa en flou artistique. Ce n’était pas son éclat qui pouvait allonger les faux-semblants ,  nimber la congère d’une aura menthe ricqlès.

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Si Luna fuyait Phébus, moi, je recherchai son lyrisme doré. De l’autre côté de la grand route, l’ancienne voie côtoyait une propriété enclose de véritables « remparts ». L’abandon de son parc résonnait de chansons empennées.  Riches partitions musicales bientôt couvertes par celle puissante du Fresquel.

Plus de murmures, de soupirs frissonnants. Ici l’eau bouscule , jaillit triomphante de l’étau glacé. Elle se moque du rictus carnassier sibérien. Pourtant, le fauve aux dents pointues n’abdique pas facilement. Partout s’exprime sa fantaisie polaire.

Excitée, le cœur gonflé de joie, ma quête se poursuivit, friande de trésors…

L’artisan d’art immémorial rivalisait d’imagination avec lui-même. La moindre brindille,  le cuir grenu défeuillé  des platanes, les osselets corsetés de sorbet du barrage, tout était prétexte à sculpter, marteler, modeler la fluidité vert amande…

Le soleil réveillait, sublimait des gouttelettes suspendues  dans leur course, amalgamées en grappes translucides pour des vendanges fantasmagoriques … Parfois, immobile, à l’écoute, j’ouvrais grand mes arcanes à ce mystère bruissant, grondant, cascadant, virevoltant et mourant aux lèvres gercées du rivage.

Résille flegmatique

Étirant sa langueur,

Douce illusion d’optique

Griffonne, sans vigueur.

Sur parchemin banquise,

Entrelacs et gelures,

Ébauchent, exquise,

Une errance mercure..

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MMR ( tous droits réservés)

24 février 2012

Carnaval

Filed under: Haïkus, tanka, haïbuns... — Mots-clés : , , , , , , — Martine @ 8 h 05 min

Thème de ce vendredi pour la communauté « Le coucou du haïku », ICI , d’Alice et Mamylilou: Carnaval, sur une composition  d’Alice

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Tout en écoutant le carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns

Voici ma participation

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Bugnes et merveilles-

Au retour des petits masques

Danse des papilles

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En découvrant ce nouveau thème, je me rends compte que j’ai très peu de souvenirs personnels sur le carnaval. Certes, les masques confectionnés à l’école, les maquillages, mais pas de défilés dans les rues, adolescente ou jeune-fille.  La télévision m’a permis de découvrir le mystère de celui de Venise, la folie colorée de  Rio de Janeiro et d’autres encore… Et puis les hasards de la vie m’ont amenée à faire connaissance avec le plus long carnaval du monde: à Limoux   cliquez sur ce lien bleu pour en savoir plus.

Lien vers le carnaval de Limoux.

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Dimanche matin-

Défilé sous les arcades

Fécos solennels

La foule en liesse applaudit

Grimaces sous jets de farine

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Photo d’un de mes vieux pastels :  une libre interprétation du carnaval de Limoux

MMR ( tous droits réservés)

19 février 2012

A gla! gla! suite

Ce matin là,  13 février dernier, je décidai de faire une virée au bord du Fresquel qui passe pas très loin du village. La météo annonçait le redoux pour les prochains jours….   Si je voulais capturer quelques effets intéressants il était plus que temps de partir à l’aventure. L’aventure, c’est beaucoup dire. Mais enfin,  emmitouflée comme une poupée russe, me voilà filant comme le vent…

Couleurs sibyllines,

Calme marmoréen

Que piquent les merles

A petits coups transis.

Engourdi par le froid, le soleil s’extirpait laborieusement de ses draps brumeux. Mes joues, mon nez s’accordaient sûrement à ses vapeurs rosées virant au framboise écrasé. Oui, a gla!gla!. Il n’y avait  pas que l’air qui était givré. :)

Abandonnant la route, j’empruntai une voie parallèle festonnée de congères.L’ostensoir  platine s’emparait du ciel, veloutait la neige de nuances beurrées. Hallucination? Huumm… la belle chantilly . Une pie lève-tôt survola en se moquant cette bipède rêveuse invétérée.

Allons, pressons! Pressons!La crêpe pâlichonne va virer à l’or le plus pur, mordre dans cette blancheur nivéenne…  Quelques maisons éparses calfeutrées sur leurs secrets me cachaient le rivage. Il devait bien y avoir un passage quelque part entre ces jardins, ces haies et autres vergers… Des traces de roues me guidèrent vers une trouée et là…. les yeux écarquillés, le cœur battant la chamade je découvris  une vue à couper le souffle. Ah mes Maîtres impressionnistes, mes Fauves, si vous pouviez  guider ma main pour balbutier toute cette beauté sur mes toiles.

J’interrogeai l’opacité des buissons, le grillage des branches… Le sentier  longeait le cours d’eau sans jamais s’approcher.  Frustration. Nappes glacées, ressac figé , que de merveilles tentaient la photographe…

Au bout d’une centaine de mètres, enfin, une échancrure dans tout ce fouillis végétal me permit d’apercevoir l’extrême bord. La descente était tapissée d’orties brutalisées, de ronces armées jusqu’aux dents. Grâce à la complaisance de quelques arbustes assez robustes je pus m’aventurer jusqu’au bord de la rivière.


Gaïa, maître verrier génial, comblait toutes mes attentes. Tout m’appelait, m’interpellait. Ma paire d’yeux ne me suffisait pas. Il y avait tant et tant à voir, à moissonner…

Oubliée la montre, la pendule, la trotteuse insensible. Les mots dansaient une gigue joyeuse, composaient et recomposaient odes et contes, s’évanouissant  aussi vite que l’éclair…

Parchemin boréal,

Bleu stylet antarctique,

Le solfège torrentiel

De soupirs en silences

Cherche sa clef de sol,

Ses octaves laiteux

Que cisèle Soleil.

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Mais…

Qu’y avait-il de l’autre côté du pont? A suivre

MMR ( tous droits réservés)

(cliquez sur les photos pour agrandir, merci)

17 février 2012

Gourmandise bis

Filed under: Haïkus, tanka, haïbuns... — Mots-clés : , , , — Martine @ 8 h 16 min

Pour notre rendez-vous avec « Le coucou du haïku » d’Alice et Mamylilou, ICI , le thème est gourmandise

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Faute de tes lèvres-

Savourer pêche et fraises

Ersatz sucré

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Au salon de thé-

Florilège de douceurs

Régime chancelant

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MMR ( tous droits réservés)

14 février 2012

Jeux de lumières

Filed under: entre ombre et lumière — Martine @ 17 h 12 min

Pour la communauté de Hauteclaire  » Entre ombre et lumière » , ICI , le thème du jour est: Jeux de lumière, idée proposée par ABC, ICI .

N’oubliez pas de cliquer sur les photos pour les agrandir, merci.

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Un souvenir ramené de ma visite à Albi en septembre. Les jeux de lumières  à travers un vitrail de la cathédrale.

Parfum d’encens

Chuchotements

Froissements d’étoffe d’un fidèle qui s’agenouille

L’aigu interrogatif d’une jeune voix impatiente

Et

La lumière qui se raconte sur la pierre…

Et puis… d’autre jeux lumineux hier matin…

J’ai décidé d’aller contempler de plus près les rives d’une petite rivière coulant pas très loin de chez moi.

La  promenade très revigorante a été de toute beauté.

De la glace partout:  en éclats, en boules, en chandelles, en draperies…

Et les rayons du soleil de 8h30 s’amusant à ourler de doré ici, marteler de bronze là…

Un petit zoom?

Il n’y a que l’embarras du choix…

Sous la glace l’eau prisonnière laissait filtrer quelques glou glou

Entre les bras fatigués d’un arbre, de gros glaçons s’étaient amalgamés. Imitant le vitrail de la cathédrale d’Albi, ceux -ci fragmentaient, dissociaient les étincelles de Phébus. Le vert jade liquide  pulsaient au lent ressac, se mêlait d’or et d’argent…. Le cristal palpitait d’une vie aquatique ne demandant qu’à se libérer…

Bonne rêverie ;)

MMR ( tous droits réservés)

 

 

12 février 2012

A gla!gla!

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Dimanche en huit, peu de temps après avoir photographié un lever de soleil extraordinaire, ICI , Il se mit à neiger comme un fou. Par moment, il tombait  « des mouchoirs » ( expression entendue en Provence ). La pauvre petite anémone , ICI ,  semblait bien misérable en compagnie de trois brins d’herbes brûlées par l’hiver.   Vers le soir les nuages en eurent  assez de disperser leurs fleurs virginales, d’effilocher leur ouate. Nous  fermâmes les volets sur une interrogation. Qu’allions nous découvrir au matin? Tout d’abord, un autre merveilleux lever aux teintes assourdies.

Le jardin étincelait sous les premiers rayons transis. Les ombres gardaient encore leur mystère bleu nuit. Ce clair-obscur me ramenait à celui de la montagne, de ses congères, de ses ravins d’éternel silence. Mon esprit vagabondait sur les cimes lointaines en glissant sur ce manteau glacé. Tandis qu’au soleil mille et un diamants étincelaient.

Certaines plantes résistent envers et contre tout, à l’image de cette touffe de narcisses très précoces.  Le froid pesant de tout ses degrés négatifs me tirait les larmes, me pinçait les doigts….  Mon petit univers mutait vers l’indicible poésie nordique…

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Le mardi suivant, en descendant au Marché, je découvris la fontaine près de la gare, sortie tout droit d’un conte d’Andersen. Quelques jets d’eau tentaient vaillamment de se frayer un passage. Au retour, c’était fini. Bâillonnée la chanson glougloutante et grelottante. Muette aussi celle de la place Carnot . La Reine des neiges l’avait effleurée de sa baguette magique figeant ses orbes musicales.

Après avoir remonté la rue piétonne ( anciennement rue de la gare), dernier coup d’œil admiratif à la sculpture glacée qu’était  devenue la fontaine. L’horloge de la gare m’autorisant encore un peu d’école buissonnière avant l’arrivée du bus, je décidai une nouvelle chasse aux clichés. Le port gardait prisonnières les péniches dans un étau blanc laiteux où se mourait le ciel.  La Martine risque-tout de mes jeunes années ressurgit , bravant le tapis verglacé entremêlé d’îlots neigeux. Avec d’infinies précautions je me hasardai à 50 centimètres du bord. L’écluse avait perdu de nombreuses chandelles mais offrait encore de belles décorations.

Le sas , inerte, témoignait de cette météo extrême  mordant et déchirant. Débâcle sur le Canal du Midi… Étoiles givrées, fêlures, lignes brisées,  rondes bosses, apparitions fantastiques gravées par la gouge climatique. L’onglée  s’invitant douloureusement, je fuis vers l’abri-bus les mains tétanisées…

MMR ( tous droits réservés)

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Aspic de pommes au coulis de fruits rouges

Préparation: 20mn

Cuisson: 20mn

Pour 4 personnes

750gr de pommes

1/2 verre d’eau

2gr d’agar-agar

1 zeste de citron

Un peu de cannelle ( ou de vanille)

Coulis:

I ou 2 tasses de cassis ou de framboises

Sucre

Préparation:

Éplucher les pommes et les couper en gros dés.  Les cuire 20mn environ, à feu doux, avec l’eau, le zeste de citron et le parfum. En fin de cuisson, ajouter l’agar-agar. Verser dans un moule et laisser refroidir.

Mettre les framboises ou les cassis dans une casserole et porter à ébullition. Retirer du feu dès le premier bouillon, passer les fruits au moulin à légumes ( grille fine) et sucrer selon le goût.

Démouler l’aspic de pommes, le napper de ce coulis et servir bien frais.

Variante: on peut remplacer le coulis aux fruits rouges par un lait d’amandes épais parfumé à la vanille. 

Pour ma part j’ai opté pour un mélange aux fruits des bois ( vendu en surgelés). Quant aux pommes, ce sont des Chantecler: variété très parfumée et sucrée. Donc, avec elles, inutile d’ajouter du sucre à la compote.

A la saison, utiliser les fruits frais.

( Photos MMR: tous droits réservés)

10 février 2012

Autour du thé

Filed under: Haïkus, tanka, haïbuns... — Martine @ 6 h 19 min

Pour ce nouveau rendez-vous du vendredi du « Coucou du haïku » , ICI , d’Alice et Mamylilou, le thème est : autour du thé.

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Rite à 17 heures-

Douce vapeur du thé vert

Entre nos sourires

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MMR ( tous droits réservés)

7 février 2012

Gourmandise

Cette semaine, le nouveau thème d’ « Ombre et lumière » , ICI , de Hauteclaire, est : Gourmandise.

Un des sept pêchers capitaux. :) Quelle tristesse que de vouloir montrer du doigt, sanctionner, le plaisir d’apprécier les bonnes choses. La goinfrerie oui, mais la gourmandise… tss.tss! :)

Le matin, le lever du soleil prend des allures de confitures aux fruits rouges. Pour la friande de couleurs que je suis, les références sont toutes trouvées.

Gelées de groseilles, cassis

Confitures de framboises, fraises

Tartes aux mûres, cerises

Sans oublier les myrtilles

Douceur du thé pris chez une dame de nos amies lorsque j’étais gamine. Sur un guéridon recouvert d’une belle nappe brodée blanc sur blanc, rutilait un service en porcelaine finement décoré de bleu. Puis arrivaient l’assiette de toasts, le beurre parfumé d’une ferme des environs,  et de merveilleuses gelées…

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Tout ça pour vous parler d’un dessert que j’affectionne particulièrement:

L’aspic de pommes nappé de son coulis aux fruits des bois. Légèreté de ces délicatesses sucrées aux parfums du verger… gâteaux aux mousses de fraises ou autres….

 

 

 

 

 

 

 

Dans une vitrine  à St Jean de Luz ( je crois),du sec, du confit, de quoi saliver face à cette palette brillante . Supplice de tantale pour ceux qui font attention à leur ligne.Confidence pour confidence je craque plutôt pour le salé. ;)

MMR ( tous droits réservés)

5 février 2012

Matin frileux

Filed under: Promenades ici et ailleurs... — Mots-clés : , , , , , , , , , , , , , , , — Martine @ 10 h 38 min

Ce matin….

Rien…

Le silence…

La tramontane a enfin cessé de rugir. Lorsque j’ai aperçu le ciel par le fenestrou de la cage d’escalier, aaaaahhh :) le lever était intéressant.

La nuit entrouvrait ses voiles sous la pression du jour.

- 7°.

A glagla! Emmitouflée jusqu’au ras des yeux me voici frémissante à attendre les trois coups.

Phébus n’est pas pressé.Mes doigts commencent un peu à protester.

La solitude? Oui, là, elle est la bienvenue, désirée, réclamée. Je râle intérieurement si une voiture passe. Non!Non! Martine est au spectacle , prête pour le cliché du siècle. On diffère sa sortie s’il vous plaît! On respecte son rendez-vous favori…

Fichtre, ce qu’il fait froid!

Quelques pas impatients vers ce grand pin à gauche pour échapper à l’éclat d’un réverbère. L’herbe crisse sous mes chaussons ( et oui, la hâte,  la crainte de rater le début de la représentation me font risquer la « mort »  :) )

Raffut au dessus de ma tête! Envol fracassant de tourterelles dérangées par l’importune . J’ai manqué un battement de cœur sur le coup.Mais j’oublie vite car les premières mesures d’une symphonie wagnérienne résonnent assourdies.

Les yeux écarquillés, ces instants se gravent comme au burin dans un coin de mémoire. Comparaisons, images, symboles se bousculent face à cette féérie.

J’aimerais pouvoir inventer des mots nouveaux pour décrire cette merveille. Les nuages virent lentement ( en apparence) d’un noir velouté vers des tons bleu-marine striés de fumée parme…. Puis le feu embrase les volutes qui se tordent, s’enroulent, tressent l’incroyable chevelure de l’aurore.

Il est 7h58. Deux automobilistes ont à peine gêné ma concentration. Car l’onglée n’est pas loin. Mon corps est bien au chaud . Par contre pour manier ce nouvel appareil, beaucoup plus petit que le précédent, impossible d’avoir des gants. Le bouton est petit et très sensible. Du doigté! Car il n’est pas question de gâcher ces instantanés.

Les draperies se meuvent, ondoient. Me voici face à un fleuve de lave en fusion.

C’est grand! C’est magique! Quelle émotion!

Jamais assouvie,

Jamais rassasiée,

J’ai faim de cette beauté,

De cette splendeur qui me transporte dans une autre dimension. Ce torrent incandescent envahit tout l’horizon. Vagues après vagues le voici au dessus de ma petite insignifiance. Le lève-tard dominical passe à côté de quelque chose de grandiose.

Mon regard s’embue, se brouille. Décidément, il est temps de rentrer. Les couleurs virent petit à petit vers un beige rosé, puis jaunâtre secoué d’un soubresaut ardent. Ultime offrande captivante avant de se noyer dans un gris assorti à celui des tourterelles effarouchées.

Mon nez est insensible,

Mes menottes s’engourdissent,

Mon estomac crie famine,

Les couleurs ternissent,

Retour au bercail dare-dare..

Avant de m’engouffrer dans la chaude protection de la maison, dernier coup d’œil en arrière.

Le snack est ouvert. Chip! chip!chip! Bonjour mésange!

MMR ( tous droits réservés)

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