Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

6 octobre 2013

L’appel de l’océan

Filed under: Promenades ici et ailleurs... — Étiquettes : , , , , , , , — Martine @ 3 h 14 min

Au bord de la petite baie de Bonne Anse, IMG_0848_v1 au sein de la forêt de La Coubre, j’entendais son appel. Allez, je ne pouvais pas résister plus longtemps.. C’était impérieux, nécessaire. « Me voici Océan! »

Un petit chemin, entre roseaux, tamaris, pins tourmentés, baccharis ( un arbrisseau envahisseur assez problématique), serpentait mollement  sous l’ardent soleil..

Le sable miroitait sa blancheur tranchée net par quelques ombres bienfaisantes…

IMG_0843_v1Très vite, j’ôtai mes espadrilles pour ressentir plus intimement cette ambiance sereine.  Mélange de la douceur veloutée du sable et brûlure des grains gorgés de chaleur lumineuse. J’avançai l’âme en fête; accompagnant du regard ,en l’enviant un peu, la danse légère d’un oiseau de mer. La voix d’Océan se faisait de plus en plus pressente. Pas de hâte…. Je goûtai avec gourmandise chaque seconde de cette balade… Pas après pas, la montée  vers le sommet de la dune commença à tirer sur mes jambes. Qu’importe. L’effort était lui aussi un délice me forçant à respirer plus profondément un air parfumé de mica, d’herbes, de bois desséché, de sel… Soudain, j’aperçus le chapeau rouge du phare de La Coubre

Encore quelques centaines mètres et…

Majestueux et éternel: OCÉANIMG_0857_v1!

Bleu! Si bleu !

Je restai immobile m’emplissant les yeux de son immensité. Mon bonheur était tel qu’il me serrait la gorge. Comment allonger le Temps, prolonger  cet instant pour le graver et ne rien oublier?

Brusquement, redevenant enfant, j’avalai les derniers mètres puis dévalai la pente commeIMG_0867_v1

si j’avais le diable aux trousses.

Un an d’attente. Une année de famine. Il déroulait ses vagues et les déposait à mes pieds.  Mes sentiments étaient indicibles. Ses jeux émeraude et argent résonnaient en moi, me chaviraient complètement. Nul besoin d’alcool ou autre, j’étais exaltée, grisée, brindezingue, paf, saoule, éméchée , pompette de lui.

MMR ( tous droits réservés)

Cliquez sur les photos pour agrandir svp, merci

17 octobre 2012

Toiles et filets

Filed under: entre ombre et lumière — Étiquettes : , , , , , , , , — Martine @ 4 h 55 min

Sur une idée de  Christiane, pour la communauté  » Entre ombre et lumière » de Hauteclaire, ICI ,  voici ma participation:

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Sur la toile de mes souvenirs,

Tissu maille serrée,

Piqué au petits points,

Azur paisible ,

Ciel andalou,

Nuit rêveuse,

Chaussées d’espadrilles

Mes pensées se perdent près des dunes ,

Courent le long du rivage,

Furètent ,

Découvrent l’arrière goût  tempête,

Les débris d’une pêche au filet,

L’écho lointain et mirifique

D’une conque marine

Scandant la course folle ,

Éclaboussures argent,

Mouettes et éperlans…

 

 

10 janvier 2012

Lumière

Filed under: entre ombre et lumière — Étiquettes : , , , , , — Martine @ 9 h 44 min

Nouveau thème  « entre ombre et lumière », ICI : lumière

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Lumière , jolie lumière,

Dis-moi quelle heure est-il?

Mes persiennes hésitent

Entre sieste et baignade.

Onde incandescente,

Tu ruisselles sur la toile

Du platane fatigué

D’ouvrir grand son ombrelle.

Lumière, flamme lumière,

Je cède à ton pouvoir,

A tes jeux escarbilles

Sur la soie indolente

De mon ile déserte.

Vois comme je m’abandonne.

L’alcoolat de mes sens

S’évapore… se dilue…

Lumière, ferveur lumière,

Tu as gagné Circé.

Mes rondeurs se dérobent,

Modulent leur doré

A celui de la dune.

Vanité safranée,

Estampe, je vacille

Au miroir émeraude

D’un désir océan…

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MMR ( tous droits réservés)

18 novembre 2011

A l’écoute des sons

Suite du thème de vendredi dernier pour  » le coucou du haïku », ici, de Alice et mamylilou.

D’un sentier à l’autre ou à l’écoute des sons…

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Lenteur lumineuse-

Moelleux tapis feuilles mortes

Deux pigeons roucoulent

Sur le calme de l’automne

Remous et froissements d’ailes

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D’un sentier à l’autre, souvenez-vous,  j’étais en haut de la dune, après une belle grimpette, à admirer l’océan…

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Sentier dans les dunes-

Le vent froisse les oyats

Bruissement soyeux

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La montée avait été plus longue que prévue. Craignant que mon cher et tendre ne s’inquiète, je décide de rebrousser chemin après un petit coucou à l’océan.

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Piste sable blond-

Les grains roulent sous mes pas

Froissis* satinés

La mouette ignore l’automne

Son rire emplit le ciel

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Le retour est d’une facilité qui m’encourage aux pauses: pour écouter, deviner où se cache le mystérieux, le facétieux  qui me nargue depuis quelques mètres. Cri-cri-cri lorsque je marche , cessant à mon approche… Soudain je l’aperçois petite chose bruyante. Longues antennes? Ce doit être une sauterelle se croyant encore en été! A-t-il attiré l’oiseau?

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Au soleil dunaire-

Boule de plumes sur son perchoir

Trille perce-lumière

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Me voici de nouveau sous le couvert des frondaisons bleu-nuit des pins maritimes. Leurs aiguilles se mêlent au sable, leurs graines aussi.  Manne tombée du ciel grâce à l’étourderie ou la maladresse d’un éclair roux.

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Roi en son royaume-

L’écureuil couleur d’automne

Griffe le silence

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MMR ( tous droits réservés)

* Froissis: bruits de choses froissées

6 novembre 2011

A l’ombre

Filed under: au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , , , , , , , — Martine @ 10 h 04 min

A l’ombre d’un jour solaire . D’une journée où tout le feu du ciel ruisselle sur ma peau offerte. Délice de ces heures précieuses où je m’enivre de ce soleil 2011 tant aimé, tant capricieux .

Mon regard s’évade vers cet émail trop clair, ce métal brûlant qui se nomme azur.

Cette ombre mange lumière est un havre  où il fait bon rêver. Songes ondoyants d’atolls lointains où l’océan vient mourir sur la blancheur du  sable. Ma vision se perd au doré craquant du raisin. Caresse ses promesses sucrées que surveillent et soupèsent  la guêpe ou le moucheron.

Je me laisse envahir par cette chaleur émolliente… ouvre grands mes arcanes …  me fonds au zéphyr, à ce halo scintillant d’heures safranées… bercée par le cri-cri-cri du criquet invisible.

Ces stridulations modulent et fragmentent le Temps. Mon musicien lilliputien ne connait pas la mer.  Pourtant ses notes monotones se confondent dans l’espace à celles de son cousin des sables.

D’autres ombres s’étirant sur la dune moirée d’iode et de sel…

MMR ( tous droits réservés)

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