Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

8 avril 2012

A Pâques

Filed under: au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , , , , , , , — Martine @ 6 h 05 min

Nuit pisse-vinaigre,

Giboulées,

Tonnerre,

Nuit brûle paupières

Où les rêves se heurtent

Aux volet malmenés.

Nuit se désagrégeant

En milles diamants fumeux

Sous le souffle soleil .

Esquisse soie orientale,

Ombre aux mots ruisselants,

S’épanchant de vernis en velours,

Carillonnant ses gouttes

Au rythme écho joyeux

Des cloches en chocolat.

Poulette cacao

A oublié ses œufs

Sous dentelles jacinthes.

Renaissance pascale 

Que croquent allégrement

Par cents ou par milliers,

Les bouches gourmandes,

Les rires impatients

Pitchouns et enfançons…

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MMR ( tous droits réservés)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19 février 2012

A gla! gla! suite

Ce matin là,  13 février dernier, je décidai de faire une virée au bord du Fresquel qui passe pas très loin du village. La météo annonçait le redoux pour les prochains jours….   Si je voulais capturer quelques effets intéressants il était plus que temps de partir à l’aventure. L’aventure, c’est beaucoup dire. Mais enfin,  emmitouflée comme une poupée russe, me voilà filant comme le vent…

Couleurs sibyllines,

Calme marmoréen

Que piquent les merles

A petits coups transis.

Engourdi par le froid, le soleil s’extirpait laborieusement de ses draps brumeux. Mes joues, mon nez s’accordaient sûrement à ses vapeurs rosées virant au framboise écrasé. Oui, a gla!gla!. Il n’y avait  pas que l’air qui était givré. 🙂

Abandonnant la route, j’empruntai une voie parallèle festonnée de congères.L’ostensoir  platine s’emparait du ciel, veloutait la neige de nuances beurrées. Hallucination? Huumm… la belle chantilly . Une pie lève-tôt survola en se moquant cette bipède rêveuse invétérée.

Allons, pressons! Pressons!La crêpe pâlichonne va virer à l’or le plus pur, mordre dans cette blancheur nivéenne…  Quelques maisons éparses calfeutrées sur leurs secrets me cachaient le rivage. Il devait bien y avoir un passage quelque part entre ces jardins, ces haies et autres vergers… Des traces de roues me guidèrent vers une trouée et là…. les yeux écarquillés, le cœur battant la chamade je découvris  une vue à couper le souffle. Ah mes Maîtres impressionnistes, mes Fauves, si vous pouviez  guider ma main pour balbutier toute cette beauté sur mes toiles.

J’interrogeai l’opacité des buissons, le grillage des branches… Le sentier  longeait le cours d’eau sans jamais s’approcher.  Frustration. Nappes glacées, ressac figé , que de merveilles tentaient la photographe…

Au bout d’une centaine de mètres, enfin, une échancrure dans tout ce fouillis végétal me permit d’apercevoir l’extrême bord. La descente était tapissée d’orties brutalisées, de ronces armées jusqu’aux dents. Grâce à la complaisance de quelques arbustes assez robustes je pus m’aventurer jusqu’au bord de la rivière.


Gaïa, maître verrier génial, comblait toutes mes attentes. Tout m’appelait, m’interpellait. Ma paire d’yeux ne me suffisait pas. Il y avait tant et tant à voir, à moissonner…

Oubliée la montre, la pendule, la trotteuse insensible. Les mots dansaient une gigue joyeuse, composaient et recomposaient odes et contes, s’évanouissant  aussi vite que l’éclair…

Parchemin boréal,

Bleu stylet antarctique,

Le solfège torrentiel

De soupirs en silences

Cherche sa clef de sol,

Ses octaves laiteux

Que cisèle Soleil.

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Mais…

Qu’y avait-il de l’autre côté du pont? A suivre

MMR ( tous droits réservés)

(cliquez sur les photos pour agrandir, merci)

12 février 2012

A gla!gla!

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Dimanche en huit, peu de temps après avoir photographié un lever de soleil extraordinaire, ICI , Il se mit à neiger comme un fou. Par moment, il tombait  « des mouchoirs » ( expression entendue en Provence ). La pauvre petite anémone , ICI ,  semblait bien misérable en compagnie de trois brins d’herbes brûlées par l’hiver.   Vers le soir les nuages en eurent  assez de disperser leurs fleurs virginales, d’effilocher leur ouate. Nous  fermâmes les volets sur une interrogation. Qu’allions nous découvrir au matin? Tout d’abord, un autre merveilleux lever aux teintes assourdies.

Le jardin étincelait sous les premiers rayons transis. Les ombres gardaient encore leur mystère bleu nuit. Ce clair-obscur me ramenait à celui de la montagne, de ses congères, de ses ravins d’éternel silence. Mon esprit vagabondait sur les cimes lointaines en glissant sur ce manteau glacé. Tandis qu’au soleil mille et un diamants étincelaient.

Certaines plantes résistent envers et contre tout, à l’image de cette touffe de narcisses très précoces.  Le froid pesant de tout ses degrés négatifs me tirait les larmes, me pinçait les doigts….  Mon petit univers mutait vers l’indicible poésie nordique…

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Le mardi suivant, en descendant au Marché, je découvris la fontaine près de la gare, sortie tout droit d’un conte d’Andersen. Quelques jets d’eau tentaient vaillamment de se frayer un passage. Au retour, c’était fini. Bâillonnée la chanson glougloutante et grelottante. Muette aussi celle de la place Carnot . La Reine des neiges l’avait effleurée de sa baguette magique figeant ses orbes musicales.

Après avoir remonté la rue piétonne ( anciennement rue de la gare), dernier coup d’œil admiratif à la sculpture glacée qu’était  devenue la fontaine. L’horloge de la gare m’autorisant encore un peu d’école buissonnière avant l’arrivée du bus, je décidai une nouvelle chasse aux clichés. Le port gardait prisonnières les péniches dans un étau blanc laiteux où se mourait le ciel.  La Martine risque-tout de mes jeunes années ressurgit , bravant le tapis verglacé entremêlé d’îlots neigeux. Avec d’infinies précautions je me hasardai à 50 centimètres du bord. L’écluse avait perdu de nombreuses chandelles mais offrait encore de belles décorations.

Le sas , inerte, témoignait de cette météo extrême  mordant et déchirant. Débâcle sur le Canal du Midi… Étoiles givrées, fêlures, lignes brisées,  rondes bosses, apparitions fantastiques gravées par la gouge climatique. L’onglée  s’invitant douloureusement, je fuis vers l’abri-bus les mains tétanisées…

MMR ( tous droits réservés)

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16 novembre 2011

Au couchant

Filed under: Océan et Bassin d'Arcachon,Poèmes — Étiquettes : , , , , , , , , , , — Martine @ 10 h 25 min

Rose

Un couchant parmi d’autres. Un spectacle sans cesse renouvelé . Une petite brise, juste une idée fraîche, caressait mes joues, glissait sa curiosité  sous mon tee-shirt flottant… Frissons dorés d’après-midi inerte. Le sable faisait silence…

L’océan ronronnait

Une berceuse bleue,

Paroles argent vieilli

Ondulant leur magie…

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L’ombre étendait ses voiles de sommeil à venir, jalonnait mes pas de parme et de violet…

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Conquête doigts palmés,

Vagues d’huile rosée,

Sur l’abandon diurne

Esquissaient l’éphémère…

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MMR ( tous droits réservés)


6 novembre 2011

A l’ombre

Filed under: au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , , , , , , , — Martine @ 10 h 04 min

A l’ombre d’un jour solaire . D’une journée où tout le feu du ciel ruisselle sur ma peau offerte. Délice de ces heures précieuses où je m’enivre de ce soleil 2011 tant aimé, tant capricieux .

Mon regard s’évade vers cet émail trop clair, ce métal brûlant qui se nomme azur.

Cette ombre mange lumière est un havre  où il fait bon rêver. Songes ondoyants d’atolls lointains où l’océan vient mourir sur la blancheur du  sable. Ma vision se perd au doré craquant du raisin. Caresse ses promesses sucrées que surveillent et soupèsent  la guêpe ou le moucheron.

Je me laisse envahir par cette chaleur émolliente… ouvre grands mes arcanes …  me fonds au zéphyr, à ce halo scintillant d’heures safranées… bercée par le cri-cri-cri du criquet invisible.

Ces stridulations modulent et fragmentent le Temps. Mon musicien lilliputien ne connait pas la mer.  Pourtant ses notes monotones se confondent dans l’espace à celles de son cousin des sables.

D’autres ombres s’étirant sur la dune moirée d’iode et de sel…

MMR ( tous droits réservés)

3 août 2011

Léthargie

Filed under: Poèmes — Étiquettes : , , , , , , — Martine @ 9 h 34 min

Léthargie soleilleuse

Sous dentelle lumière,

Incognito lavande,

Silhouette mirage,

Je me glisse au secret

D’un monde marguerite.

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A l’ombre pomme reinette,

La blondeur mirabelle

Ou du rêve églantine,

J’use les secondes,

La chaleur feu d’airain

Aux orbes cumulus.

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Appel velours menthe,

Cachette chlorophylle,

Mollesse papillon

Guette le chant ancien.

Celui couleur cristal,

Notes rosée et pluie ,

S’évadant, silencieux,

Des gorges campanules.

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MMR ( tous droits réservés)

3 juillet 2011

Qué calor!

Filed under: Poèmes — Étiquettes : , , , , , — Martine @ 14 h 57 min

La morsure hivernale,

Voile mélancolique

Perlé ennui rouillé,

Où je souhaitais le feu

D’un soleil canicule,

Est bien loin de juillet.

L’abeille, le moucheron,

Quelques écailles d’or

Bousculent la torpeur,

Cisèlent l’incandescence

La chanson de cigale.

Mes pas cherchent l’anis,

Tapis velours gazon

Douce grotte charmille.

Dentelle alanguie,

Mes pensées se lavandent ,

Chevauchent l’air du temps,

Imaginent l’autre part…

Ce paradis lointain

Où saute l’éclair roux,

Panache fantaisiste

Affamé de pignons.

L’iodé algues brunes,

Chatouillis sable blond

Le ciel audois s’enroule

A la vague océan…

Je largue les amarres…

MMr ( tous droits réservés)

10 mai 2011

Inquiétante étrangeté

Filed under: entre ombre et lumière — Étiquettes : , — Martine @ 2 h 56 min

Ce mardi, pour le rendez-vous de la communauté de Hauteclaire ,  » Entre ombre et lumière » ici voici ce que j’ai trouvé…

Le soleil plombait l’heure grésillant lentement … Recherchant l’ombre discrète, un étrange animal, personnage ou…. quoi… qui… se cachait des regards?

Je restais perplexe, un peu craintive, face à cette troublante et inquiétante visite sur mes terres…

MMR ( tous droits réservés)

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