Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

13 mai 2012

Mai en bleu!

Ah ce bleu qui a le don de m’émouvoir. Ce bleu qui se décline à l’infini….Bientôt celui des lavandes éclaboussera mon talus en variations bleu parme, bleu mauve… En attendant il s’amuse à pasticher les nuances d’un feu d’artifice:  bleu ardoise virant au céladon, puis à l’anis sous le souffle de Phébus.

Mai ensoleillé –

Sur les marches du talus

L’euphorbe joue les stars.

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D’autres bleus chantent sous la lumière, tentent de rivaliser, d’accaparer l’attention. L’iris bleu ciel, le plus courant, le plus banal,  rosit sous l’effort, se fond à la splendeur du jour. Son cousin de la main gauche, un iris qui vient d’on ne sait où, étale sa superbe, veut en mettre plein la vue. Pffff! Ça joue les aristocrates, les hobereaux de province parce que sa robe est plus majestueuse.  Regardez-le plastronner sur son écrin cotinus pourpre. Pas comme le cousin germain. Voilà un gars sympa. Plicata* magnifique, d’une timidité charmante, rassurante, recherchant l’anonymat sous  la protection du pittosporum .

Grotte émeraude-

Iris aux froufrous soyeux

Discrétion satin.

En mai, fais ce qu’il te plaît

Soleil débusque et chatouille

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MMR ( tous droits réservés)

 *plicata: iris à fond blanc, la plupart du temps, bordé de bleu ou de pourpre, avec des motifs pointillés ou rayés.

 

 

 

8 mai 2012

Mai et ses surprises

Cliquez sur la photo pour agrandir, merci.

Une balade au jardin et…. la secrète envie d’être surprise. Ce fût le cas ce  6 mai, à 10h30, par le plus grand des hasards. Comme bien souvent, nous allons dans une direction, puis, un détail nous détourne et…

voilà!

Me voici face à cette fleur inconnue. Vite, je pose ma bassine pleine de linge à étendre et cours chercher mon APN. Clic! clac! et encore clic!  Un peu trop de lumière mais tant pis. J’assure, pour la garder en souvenir. Bien m’en pris car après le repas, elle était refermée.

Qui était-elle? Cette mystérieuse poussait au pied de la souche de mon pauvre mimosa victime du grand froid de février. Recherche dans nos livres . Rien. Alors, cap sur internet et là , j’ai trouvé.

Il s’agit du salsifis à feuilles de poireau. Tragopogon porrifolius. C’est une annuelle ou bi annuelle dont la hauteur oscille entre 20 et 60cm. Sa racine est comestible, assez sucrée parait-il.

Pour plus de renseignements suivre ce lien  ICI

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Matin affairé-

Sur le trajet étendoir

Guet-apens floral

Inconstance ensoleillée

Fugue en APN majeur

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MMR ( tous droits réservés)

 

 

 

4 mai 2012

En Mai , fais ce qu’il te plaît

Filed under: mini poèmes, Haïkus, tanka, haïbuns... — Étiquettes : , , , , , — Martine @ 7 h 39 min

Pour le rendez-vous du vendredi avec « le coucou du haïku » d’Alice et Mamylilou, ICI

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O douceur en mai-

Biberonner l’or du ciel

Papillon avide

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Fine ombre lilas-

Berceuse zonzon abeilles

Fracas martinets

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Pelisse au placard-

Décolletés et dentelles

Romance en esquisse

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MMr ( tous droits réservés)

22 avril 2012

Un matin d’avril

Clin d’œil ensoleillé,

Zéphyr velours et soie

Sur ma faim d’euphorie.

Regard perdu,

Lèvres entre ouvertes,

Mes sens palpent l’instant,

Ce pétillant jacinthe

Sous l’arbre de Judée,

L’errance affairée

Rayées  guêpes ou bourdons…

Offrande douceur sucrée,

Quintessence nacrée,

Bouquet cœurs vert prairie

D’où jaillissent, dansant,

Grappes lilas charmeur.

L’azur gazouille un brin

Quelques mots hirondelle;

Reflète en son miroir,

Antennes et longues cuisses ,

Coquette à ses heures,

Un caprice sauterelle

Polissant son corset

Aux flammes anémone.

Narines frémissantes,

J’inhale, me nourris,

Prise cet orviétan*,

Ivresse matin d’avril…

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MMR tous droits réservés)

* Orviétan: drogue, remède

 

 

 

 

 

 

 

 

13 avril 2012

Floraison des cerisiers 2

Filed under: mini poèmes, Haïkus, tanka, haïbuns... — Étiquettes : , , , , , — Martine @ 11 h 36 min

Même thème que vendredi dernier pour le  » Coucou du haïk.u » ICI de Alice et Mamylilou

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Soleil montagnard-

Il a neigé comme un fou

sous les cerisiers

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MMR ( tous droits réservés)

10 avril 2012

Epave

Filed under: entre ombre et lumière,Poèmes — Étiquettes : , , , , , , , , — Martine @ 7 h 30 min

Thème de cette semaine pour la communauté de Hauteclaire,  » entre ombre et lumière »  ICI  : épaves

A deux coin-coin rageurs,

A deux rames de l’eau,

Indifférente,

Silencieuse,

Dort d’un sommeil fatigué

La barque des vacances,

Celle des pêches du petit matin,

Des rêvasseries filant au fil de l’eau.

Sous le soleil de septembre,

Sur son lit d’huîtres brisées,

L’épave coule peu à peu

Dans les courants changeants

Du Temps émeraude  ou onyx….

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MMR ( tous droits réservés)

 

 

8 avril 2012

A Pâques

Filed under: au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , , , , , , , — Martine @ 6 h 05 min

Nuit pisse-vinaigre,

Giboulées,

Tonnerre,

Nuit brûle paupières

Où les rêves se heurtent

Aux volet malmenés.

Nuit se désagrégeant

En milles diamants fumeux

Sous le souffle soleil .

Esquisse soie orientale,

Ombre aux mots ruisselants,

S’épanchant de vernis en velours,

Carillonnant ses gouttes

Au rythme écho joyeux

Des cloches en chocolat.

Poulette cacao

A oublié ses œufs

Sous dentelles jacinthes.

Renaissance pascale 

Que croquent allégrement

Par cents ou par milliers,

Les bouches gourmandes,

Les rires impatients

Pitchouns et enfançons…

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MMR ( tous droits réservés)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23 mars 2012

Aux portes du printemps

Filed under: mini poèmes, Haïkus, tanka, haïbuns... — Étiquettes : , , , , — Martine @ 5 h 55 min

Début de printemps: nouveau thème pour « Le coucou du haïku », de Alice et Mamylilou, ICI, sur un montage d’Alice

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Toc toc! à la porte-

Au soleil encore timide

Sourires fleuris

Parfumés par les violettes

Les merles amoureux bataillent

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Trompettes  au soleil-

Une touffe de narcisses

Détrône l’hiver

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MMR ( tous droits réservés)

19 février 2012

A gla! gla! suite

Ce matin là,  13 février dernier, je décidai de faire une virée au bord du Fresquel qui passe pas très loin du village. La météo annonçait le redoux pour les prochains jours….   Si je voulais capturer quelques effets intéressants il était plus que temps de partir à l’aventure. L’aventure, c’est beaucoup dire. Mais enfin,  emmitouflée comme une poupée russe, me voilà filant comme le vent…

Couleurs sibyllines,

Calme marmoréen

Que piquent les merles

A petits coups transis.

Engourdi par le froid, le soleil s’extirpait laborieusement de ses draps brumeux. Mes joues, mon nez s’accordaient sûrement à ses vapeurs rosées virant au framboise écrasé. Oui, a gla!gla!. Il n’y avait  pas que l’air qui était givré. 🙂

Abandonnant la route, j’empruntai une voie parallèle festonnée de congères.L’ostensoir  platine s’emparait du ciel, veloutait la neige de nuances beurrées. Hallucination? Huumm… la belle chantilly . Une pie lève-tôt survola en se moquant cette bipède rêveuse invétérée.

Allons, pressons! Pressons!La crêpe pâlichonne va virer à l’or le plus pur, mordre dans cette blancheur nivéenne…  Quelques maisons éparses calfeutrées sur leurs secrets me cachaient le rivage. Il devait bien y avoir un passage quelque part entre ces jardins, ces haies et autres vergers… Des traces de roues me guidèrent vers une trouée et là…. les yeux écarquillés, le cœur battant la chamade je découvris  une vue à couper le souffle. Ah mes Maîtres impressionnistes, mes Fauves, si vous pouviez  guider ma main pour balbutier toute cette beauté sur mes toiles.

J’interrogeai l’opacité des buissons, le grillage des branches… Le sentier  longeait le cours d’eau sans jamais s’approcher.  Frustration. Nappes glacées, ressac figé , que de merveilles tentaient la photographe…

Au bout d’une centaine de mètres, enfin, une échancrure dans tout ce fouillis végétal me permit d’apercevoir l’extrême bord. La descente était tapissée d’orties brutalisées, de ronces armées jusqu’aux dents. Grâce à la complaisance de quelques arbustes assez robustes je pus m’aventurer jusqu’au bord de la rivière.


Gaïa, maître verrier génial, comblait toutes mes attentes. Tout m’appelait, m’interpellait. Ma paire d’yeux ne me suffisait pas. Il y avait tant et tant à voir, à moissonner…

Oubliée la montre, la pendule, la trotteuse insensible. Les mots dansaient une gigue joyeuse, composaient et recomposaient odes et contes, s’évanouissant  aussi vite que l’éclair…

Parchemin boréal,

Bleu stylet antarctique,

Le solfège torrentiel

De soupirs en silences

Cherche sa clef de sol,

Ses octaves laiteux

Que cisèle Soleil.

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Mais…

Qu’y avait-il de l’autre côté du pont? A suivre

MMR ( tous droits réservés)

(cliquez sur les photos pour agrandir, merci)

12 février 2012

A gla!gla!

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Dimanche en huit, peu de temps après avoir photographié un lever de soleil extraordinaire, ICI , Il se mit à neiger comme un fou. Par moment, il tombait  « des mouchoirs » ( expression entendue en Provence ). La pauvre petite anémone , ICI ,  semblait bien misérable en compagnie de trois brins d’herbes brûlées par l’hiver.   Vers le soir les nuages en eurent  assez de disperser leurs fleurs virginales, d’effilocher leur ouate. Nous  fermâmes les volets sur une interrogation. Qu’allions nous découvrir au matin? Tout d’abord, un autre merveilleux lever aux teintes assourdies.

Le jardin étincelait sous les premiers rayons transis. Les ombres gardaient encore leur mystère bleu nuit. Ce clair-obscur me ramenait à celui de la montagne, de ses congères, de ses ravins d’éternel silence. Mon esprit vagabondait sur les cimes lointaines en glissant sur ce manteau glacé. Tandis qu’au soleil mille et un diamants étincelaient.

Certaines plantes résistent envers et contre tout, à l’image de cette touffe de narcisses très précoces.  Le froid pesant de tout ses degrés négatifs me tirait les larmes, me pinçait les doigts….  Mon petit univers mutait vers l’indicible poésie nordique…

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Le mardi suivant, en descendant au Marché, je découvris la fontaine près de la gare, sortie tout droit d’un conte d’Andersen. Quelques jets d’eau tentaient vaillamment de se frayer un passage. Au retour, c’était fini. Bâillonnée la chanson glougloutante et grelottante. Muette aussi celle de la place Carnot . La Reine des neiges l’avait effleurée de sa baguette magique figeant ses orbes musicales.

Après avoir remonté la rue piétonne ( anciennement rue de la gare), dernier coup d’œil admiratif à la sculpture glacée qu’était  devenue la fontaine. L’horloge de la gare m’autorisant encore un peu d’école buissonnière avant l’arrivée du bus, je décidai une nouvelle chasse aux clichés. Le port gardait prisonnières les péniches dans un étau blanc laiteux où se mourait le ciel.  La Martine risque-tout de mes jeunes années ressurgit , bravant le tapis verglacé entremêlé d’îlots neigeux. Avec d’infinies précautions je me hasardai à 50 centimètres du bord. L’écluse avait perdu de nombreuses chandelles mais offrait encore de belles décorations.

Le sas , inerte, témoignait de cette météo extrême  mordant et déchirant. Débâcle sur le Canal du Midi… Étoiles givrées, fêlures, lignes brisées,  rondes bosses, apparitions fantastiques gravées par la gouge climatique. L’onglée  s’invitant douloureusement, je fuis vers l’abri-bus les mains tétanisées…

MMR ( tous droits réservés)

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