
Le gave impatient
Se rue dans la faille,
Saute d’herbes en rocs
Vers ses noces iodées.
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Au seuil du précipice
Chaos et véhémence,
Indomptable, l’eau plonge
Fracassant son cristal.
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MMR ( tous droits réservés)

Le gave impatient
Se rue dans la faille,
Saute d’herbes en rocs
Vers ses noces iodées.
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Au seuil du précipice
Chaos et véhémence,
Indomptable, l’eau plonge
Fracassant son cristal.
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Miaou!
Chatte au soyeux langoureux
Aux feulements feutrés
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Miaou!
Tous les matous de l’ombre
Vont venir
Subjugués
Se rouler à vos pattes
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Miaou!
Un rêve passe
Taché de nuit
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Miaou!
Chatte
Panthère
Tigresse
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Miaou!
Quel que soit votre nom
Entre griffes et ronrons
Sous ce masque verni
Le mystère se tapit
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Pauvre insecte mal aimé qui ne mérite pas sa mauvaise réputation! Lui aussi pourrait chanter la chanson de Johnny Hallyday: » Quoi ma gueule? Qu’est-ce qu’elle a ma gueule? »
Forficula auricularia; insecte dermaptère; famille des forficulidae. Son nom vient des cerques ( pinces)
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Absolument inoffensif. C’est un excellent auxiliaire du jardinier. Polyphage, il aime les végétaux prêts de se décomposer comme les fruits trop mûrs. Il raffole de pucerons, de psylles ( ennemis des arbres fruitiers)
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Fuyant la lumière ( lucifuge), le forficule recherche trous, fentes, écorces dégradées, pierres… La nuit venue, il part en chasse.
Pourquoi perce-oreilles?
Parce qu’on le retrouvait souvent dans les fruits à noyaux très mûrs. Les quartiers de pêches ou d’abricots étant nommés oreilles ou oreillons, le nom de perce-oreilles est demeuré.
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Pour en savoir plus sur cet insecte extraordinaire: https://passion-entomologie.fr/le-perce-oreille-commun-forficula-auricularia/

Loup garou et Coquelicot
Immodestie autour du cou
S’en vont courir le guilledou
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Coquelicot et Loup garou
Tendres dessins sous le manteau
Échangent baisers d’amadou
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Loup garou et Coquelicot
S’acheminent droit vers le houx
Qui dissimule leur château
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Coquelicot et Loup garou
Jouent au voyou et à l’agneau
Sur tapis de mousse tout doux.
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Merci pour tous commentaires extrêmement appréciés
Pour la page 232 de l’Herbier de poésies, Adamante nous propose d’écrire sur un photo d’ABC

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Le soleil chauffe agréablement l’atmosphère d’une belle matinée d’avril. Les oiseaux, occupés à leurs amours, chantent dans tous les coins.
Édelinne avance lentement, profitant à plein de tous ses sens: les trilles et gazouillis, les couleurs des fleurs, les mille et une nuances du vert printanier et les parfums. Ah! Toutes ces odeurs sont si enivrantes après le long hiver. C’est une jeune brune aux yeux pervenche, grande, élancée, teint halé et joues roses, se moquant bien de sa beauté. La chevelure libre légèrement emmêlée, elle se promène, droite et sereine, dans sa petite robe grise élimée aux poignets, balançant à bout de bras son panier d’osier. Connaissant la forêt comme sa poche, la bachelette** chemine cueillant ici quelques agarics*, là de l’ail des ours, plus loin des feuilles d’oseille, d’arroche***, de menthe et autres plantes aux vertus médicinales. De quoi préparer la soupe ainsi que des tisanes digestives et des emplâtres. Soudain, à droite, s’élève du cœur obscur de noisetiers un gémissement.
– Qui est là? interroge-t-elle alarmée.
Seul un geignement lui répond. Immobile La jeune fille, tout en patientant, tente de percer cette ombre ténébreuse. Lorsque, dans un fracas de branches brisées, une patte griffue apparaît, suivie d’une grosse tête écailleuse aux yeux dorés brillant de larmes.
– Mais… qu’est-ce-que… s’étonne Édelinne.
– Moi… avoir mal, se plaint en reniflant le nouveau venu.
– Un dragonnet! s’exclame la cueilleuse tout en s’élançant vers lui. Pauvret! Montre-moi. Ah! je vois une grosse épine plantée entre deux coussinets. Ne bouge pas. Hop! Voilà! C’est fini, sourit-elle, tout en lui caressant le sommet du crane.
– Merci, gronde le jeune animal. Moi… avoir dette, ajoute-t-il , découvrant deux canines fort aiguisées.
– Je t’en prie. C’est avec grand plaisir que je rends service.
Le monstre juvénile tente deux pas prudents. Rassuré, il ouvre ses ailes translucides, puis s’envole gracieux et rapide. Édelinne le suit du regard, éblouie. Elle qui croyait cette race éteinte.
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douceur printanière-
parmi la nature en fête
la belle et la bête
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* agaric: semblable à un champignon de Paris , mis à part que ses lamelles sont roses.
** bachelette: jeune fille ( au Moyen âge)
*** arroche: annuelle de la famille des épinards, cultivée depuis le Moyen âge jusqu’au 19 ème siècle .

Où es-tu?
Que fais-tu
Y es-tu?
Le printemps s’en vient lentement, comme indécis. Parfois chaussé de ballerines, il esquisse un entrechat. A d’autre moments, ses pieds éthérés lestés de grosses bottes, il joue à cloche-pieds parmi les nombreuses flaques, cadeaux d’une surabondance de giboulées.
Je contemple, morose, depuis ma fenêtre, cette grisaille ruisselante. Certes, le jardin est heureux de toute cette manne liquide qui tombe du ciel. Mais moi, j’ai faim de chaude lumière.
Lorsque soudain, un coup de tramontane vient déchirer l’épaisse couche nuageuse. Le soleil apparaît, mutin, gommant ma mélancolie. La nature étincelle. Les couleurs resplendissent. Narcisses, tulipes, pissenlits, pâquerettes se haussent, brillent à qui mieux mieux pour séduire abeilles et papillons.
Le cerisier du voisin tend vers l’azur sa belle tête neigeuse. Tandis que les pruniers de l’allée communale rosissent de plaisir sous les caresses dorées de Phébus.
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fleurs de cerisiers-
les abeilles travaillent
et moi… je lézarde
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Merci pour tous vos commentaires très appréciés et motivants 🙂
Renga n° 3 avec l’Herbier de poésie, orchestré par Adamante. Cette fois nous sommes huit: Françoise , Josette, Marine, Adamante, Martine, ABC, Jill Bill, Balaline
Envol, vertige & liberté
De haut en bas, de bas en haut, échos printaniers

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au jardin je dors
premiers rendez-vous twittés
réveil des oiseaux
Françoise
le chat derrière la fenêtre
dehors une pluie battante
Josette
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sur la rocaille
bruyères et pervenches
ont fraternisé
Marine
sur la partition humaine
syncope à contre-vie
Adamante
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mars tout engourdi
en sa palette de gris
le téléphone sonne
ABC
j‘ai rendez-vous avec vous
j’en oublie mon parapluie
Jill Bill
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écoute mon fils
les murmures de l’aube
la grâce est née
Balaline
dès l’aube nous partirons
escalader l’Everest
Françoise
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la tige du souci
une montagne à gravir
dit l’escargot
Josette
si le papillon l’entend
tout le monde le saura
Marine
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envie de voler
de looping – grisée de cimes
le cœur fou de joie
Adamante
depuis le plus haut sommet
être la reine du monde
Martine
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le vertige me prend
de sommet en sommet-
maman je vole
ABC
un cerf-volant de papier
au-dessus du nid de l’aigle
Jill Bill
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voici le printemps-
son surpuissant regard d’aigle
traque la vermine
Martine
un oiseau sur la branche
fêtons l’enfant poète
Balaline
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Merci pour vos commentaires très appréciés.
Ces dernières années un nouvel oiseau vient visiter le jardin. Il s’agit de la fauvette à tête noire. Calotte noire pour monsieur; tandis qu’elle est rousse pour madame et les juvéniles.

Familles des sylviidae- Nom scientifique: Sylvia atricapilla*. Parfois, caché au cœur du plus gros des arbousiers, il m’offre une merveilleuse mélodie. Assez commun partout en France, on a plus de chance de l’observer là où la végétation est touffue ( ronciers, sureaux, haies). Ce passereau se nourrit de baies et d’insectes.

Nous l’apercevons souvent, occupé consciencieusement à débusquer ses proies sur les troncs et branches de nos arbustes. Mais, cette fois là, quelle heureuse surprise il nous a accordée.

Une baignade fort éclaboussante! Ah ça! Il y allait de bon cœur! Ce fût notre bonheur du jour!
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* Renseignement LPO ( ligue de protection des oiseaux): ICI
Pour l’Herbier de poésie ICI Adamante, ICI, nous propose d’écrire sur une de mes photos
Que d’or! Cette année mon mimosa est extraordinaire. Quelle abondance! Quelle générosité éblouissante!
J’imagine un Harpagon minuscule dans mon jardin. Un Tom Pouce avare désirant s’accaparer et retenir le monceau d’écus du magnifique acacia* . Les yeux fermés, le nez enfoui au cœur des belles glomérules dorées, le voici sourd au monde.
« Posséder sans jouir n’est rien. »* *
Le petit personnage, bien que doté d’’invisibilité à nos yeux, attend la nuit pour sortir et s’emplir les poches de ces sequins duveteux et parfumés. Jamais rassasié, il en prend à poignées, encore et encore. Pourtant, rapidement, ses poches se révèlent trop petites. Alors, l’avorton revient avec un sac presque aussi grand que lui. Et il amasse, amasse ce trésor, un sourire béat fendant sa face d’une oreille à l’autre.
Un escargot glisse nonchalamment à deux pas de là, s’arrête pour examiner, tendant une corne après l’autre, l’étrange comportement du farfadet.
– Holà l’homme! Que fais-tu? Pourquoi tant de hâte? s’informe le gastéropode.
Surpris, le gringalet lève la tête, cherchant qui peut bien l’espionner. Et peut-être le voler? Il y a tant de malhonnêtes de nos jours!
– Qui va là? s’écrie-t-il.
– Ce n’est que moi, Hélix. J’habite ici, au pied de ce gratte-ciel. Je ne fais que passer entre deux repas rafraîchissants.
– Que me voulez-vous? réplique le myrmidon corseté d’anxiété.
– Moi? Je ne veux rien que de la tranquillité. Votre agitation gêne ma digestion. Que faites-vous? insiste le colimaçon.
– Heu… Je nettoie le sol. Le vent et la pluie ont arraché et jeté bas des milliers de… heu… boules jaunes. Ça fait désordre. Alors… heu… voilà, conclue-t-il, embarrassé.
– Ah bon? Et bien, je vous laisse à votre labeur, répond la cagouille, reprenant sa glissade interrompue.
La demi-portion s’active éperdument pour en terminer avec sa précieuse récolte, et, surtout, la mettre à l’abri.
giboulées de mars-
le soleil du mimosa
tapis d’or fugace
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* L’arbre appelé mimosa, originaire d’Australie, est un acacia. Ne pas confondre avec le faux acacia aux belles grappes de fleurs blanches dont le vrai nom est robinier.
* * Réplique de l’avare dans la pièce de théâtre de Molière.
La coccinelle! Tout le monde connaît ce bel insecte rouge à pois noirs de nos jardins. Savez-vous qu’il en existe 5000 espèces! Pour ma part, j’en ai observées de plusieurs types dans mon petit univers.
Coccinella septempunctata– coccinelle à sept points. Cette autochtone est la plus fréquente en France. Elle est également la plus grosse avec la coccinelle asiatique: 7 à 8 mn.

Sa larve. Une redoutable chasseresse friande de pucerons. Cette aphidiphage mange entre 100 à 200 pucerons/jour. Excellente alliée du jardinier!

Larve cotonneuse de la coccinelle cryptolaemus montrouzierri. Je n’ai pas retrouvé la photo de l’adulte dans mes albums. Mais vous pouvez découvrir sa « bouille » ICI

Harmonia axyridis– coccinelle asiatique. Ce magnifique coléoptère présente une large gamme de couleurs et de nombre de points. Cela va du rouge à points noirs au noir à points rouges en passant par de nombreuses nuances de jaune. Redoutable prédatrice de pucerons, Importée de Chine au début du XXème siècle en Europe et aux États Unis. Depuis, on a découvert qu’elles sont porteuses d’un virus mortel pour nos coccinelles indigènes.

Oenopia conglobata– coccinelle zigzag, appelée également coccinelle rose.
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Psyllobora vigintiduopunctata- Coccinelle à vingt deux points. Ci-dessus vous avez l’imago (adulte) et sa larve.
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La coccinelle passe par quatre stades: l’œuf, la larve, la pupe et l’imago. Ci-dessus voici la pupe. Une sorte de sac fixé au végétal où le coléoptère termine sa métamorphose.

Au sortir de sa mue, ci-dessus, une coccinelle en train de sécher. Très vulnérable aux prédateurs car toute molle. Née jaune pâle, en durcissant, elle se colorise et ses taches apparaissent.
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