Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

15 avril 2017

Les conspirateurs

–   Vous avez bientôt fini? C’est que je commence à avoir des crampes moi!

–  Encore un moment!

–  ∉∀∝θ   ∉⊆Ō

–  Qu’est-ce qu’il dit le tondu?

–  Il est fatigué lui aussi.

–  €ξ⊕∀

–  Et puis il a faim.

–  Il n’est pas le seul. Alors Boucles d’or, où en es-tu?

–  Encore un peu de patience. J’y suis presque. Il suffit d’écarter encore un peu les pétales…

– Alooors! s’énerve la mouche verte. Tu en mets un temps! Je la sens mal cette affaire!

Ce matin, trois compères se sont retrouvés près du lilas. Celui-ci n’est qu’une boule de neige parfumée.  Avec des mines de conspirateurs chacun a pris position selon le plan prévu. Bourdon  part au casse-pipe avec enthousiasme.  Il compte bien se remplir les poches vite fait bien fait. Cole (coléoptère de son état) frémit des antennes ( qu’il a fort belles d’ailleurs). La patience ne figure pas au nombre de ses vertus.  Bourdon est beaucoup trop lambin à son goût.  Faire le pied de grue, ça va bien pour les oiseaux, mais pas pour un insecte.

–  Dépêche l’ami! Dépêche!  Être vigie, ça donne le torticolis, râle Cole.

–  Je fais ce que je peux. Tu n’avais qu’à t’y coller, hé! minus! se rebiffe Bourdon.

–  Tu sais ce qu’il te dit le minus? Si je suis là, c’est juste pour rendre service. Parce que pour le reste, hein, je m’en bats les antennes.! réplique Cole.

–  Chuuuuuuuut! Ça va pas non? Vous allez réveiller l’ogresse, les gronde la mouche verte.

–  C’est sa faute, se défend à voix plus basse Bourdon.  Faut pas me stresser!

–  ΘŒ ???

–  Non, pas de problème. Ne vous inquiétez pas étranger . Tout se déroule comme prévu.

–  λΨ∅

– Oui, si vous voulez.

–  Tu peux traduire? Il commence à me courir sur les élytres  celui-là, gronde Cole.

–  Sois un peu plus aimable . Il propose de prendre le relais, le réprimande la mouche verte.

–  Ah?  heu… bon, d’accord.

Bourdon s’active, souffle, se démène comme un beau diable. Mais,  que voulez-vous? A l’impossible nul n’est tenu.

–  Je crois que nous arrivons trop tard. Il ne reste presque rien.

–  Oooh! Ne me dis pas ça! s’exclament en même temps Cole et la mouche verte.

Les trois copains sont abattus. Quand au tondu, ils les dévisagent  chacun à leur tour de ses grands yeux pixelisés., complètement perdu.

–  ΘŒ ?

Accablés, les trois  potes ne lui répondent même pas. 

–  Hou!hou! les interpellent une boule dorée volant et tressautant. J’arrive de chez les tulipes. Vous devriez y aller. Les corbeilles sont pleines à ras-bord. Il faut en profiter! les avertit-il joyeusement.

Ragaillardis, les trois compères,  ainsi que l’étranger, à qui l’on vient de traduire le discours enthousiaste du nouvel arrivant, s’empressent de faire quelques mouvements d’assouplissement et hop! Les voici tous partis.

Que cherchaient ces quatre comploteurs? Du pollen? Pas sûr car ici il ne manque pas. Alors quoi? Ça, seul le Dieu des insectes le sait…

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MMR – tous droits réservés)

Avec de haut en bas:

–  coléoptère non identifié

–  bourdon?  abdomen roux , tête et thorax noirs, d’assez belle taille.

–  mouche verte: peut-être Lucilia caesar. Dite mouche à merde, bien qu’elle n’aille pas sur les fèces ( wikipedia)

–  pisaura mirabilis: grande araignée chassant à vue. Assez commune dans mon jardin.

–  mouche éristale sepulchralis, appartenant à la grande famille des syrphes. On la croirait en platine. C’est la première fois que je la vois.

–  Oxythyrea Funesta. Petit scarabée noir taché de blanc.  surnommé drap mortuaire à cause de sa couleur. Celui-ci était entièrement recouvert de pollen.

Si vous voyez une erreur, n’hésitez pas à me la signaler, merci.

 

19 février 2017

Printemps ou pas printemps?

L’hiver en gants blancs

Crocs bien affûtés

Semble lever le pied

Face à joli Printemps

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Criquet , qui nous a tenu compagnie   depuis début décembre ( ou peut-être plus tôt, caché dans les plantations du carré n°1) semble avoir mis les voiles depuis trois jours. Dans l’herbe, le dernier cliché pris vendredi matin. Peut-être avec le retour d’un temps très printanier, se sent-il d’humeur amoureuse?

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Au soleil

Qu’il est bon de s’ouvrir

Comme une fleur

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Frissons-

Une abeille se réchauffe au soleil

De mon mimosa

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Mouches,  abeilles domestiques, bourdons, guêpes, abeilles sauvages, tout un petit monde se presse sur le romarin plus qu’accueillant!

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MMR ( tous droits réservés)

de gauche à droite:

anthorophora plumipe, bourdon, xylocope

Merci pour vos commentaires et vos ricochets sur mes mots. Ce que ça fait plaisir tous ces échanges.

😉

16 août 2015

Aurore au teint fleuri

Filed under: animaux, insectes... — Étiquettes : , , , , , , , — Martine @ 5 h 17 min

IMG_6960_v1IMG_7537_v1Aurore au teint fleuri

Or bruni  ciselant le froufrou des cosmos

Tramontane, épuisée par sa nuit rafales et tonnerre

Mollit

Ronronne comme chaton chatouillé.

Le jardin, étonné,  s’ouvre tout doucement aux minutes solaires

Il fait doux!

Il fait bon s’abandonner

Au souffle indolentIMG_7812_v1IMG_8325_v1

A ce goût acidulé orange  confite.

Là-haut,

Vrilles et arabesques

Les martinets saluent l’aménité du  jour.

Tout en bas

Au secret du massif

Accroché  à sa lavande

Blotti sur un coussin valérianeIMG_7336_v1IMG_8103_v1

Bourdon et Coco fébrile

Stoïques sous le déluge nocturne

Sèchent leur fourrure alourdie de diamants.

Aurore se fond au sourire azur et tournesol

Abeille, industrieuse

Promène de fleur en fleur

Ses couffins à pollen…

MMR ( tous droits réservés)

Pour agrandir , cliquez sur les photos svp, merci

1 mars 2015

La forêt enchantée

img_1805_v1Imaginez…

En septembre…

Sept heures moins le quart…

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Pas un souffle de vent. La lune , d’un clin d’œil salut le jour qui vient en sourdine grignoter sa souveraineté. La pinède assoupie ne réagit qu’à peine à la fraîche haleine iodée du Bassin*.

IMG_0868_v1Là-haut, les aigrettes garzettes filent vers leurs pêches petits poissons et crustacés*.

A l’aurore, certaines font une pause déjeuner sur cette plage à l’orée des pins.

Instant parfait où pas un humain ne vient les déranger.

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Lentement,Phébus s’empare du ciel , cavale sur son orbe fléchant un or  flamboyant tout azimut. Cette lumière réconfortante et rassurante éveille les premières plumes.

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Do ré  loin du sol

Quadruple croches sur la portée

Oiseaux au réveil

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L’astre du jour impérial s’insinue entre les têtes des arbres, IMG_0827_v1 surprend quelques feuilles nues et rougissantes. Curieux et insistant, il promène son indiscrétion au plus profond de la forêt.

Sous l’ardeur de ses traits lumineux, les ombres s’amenuisent, se dissolvent, recherchent l’accueil d’une souche vermoulue…

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Le silence est d’or

Une feuille se pose

Tiens? Un papillon!*

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Un nuage  a profité de la nuit pour relâcher son trop plein de diamants éphémères.

Un, juste un seul

sur un fond nuit de chine

Nuage et pleur de lune

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Ce sans-gêne en a surpris plus d’un. Sa fourrure détrempé, Bourdon, courageux, attaque sa journée. Mais vraiment, la farce n’est pas drôle.

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Le bourdon bourdonne

Grogne et ronchonneP1040283_v1

Mais pas le champignon

Aux courbes girondes

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P1040341_v1La clarté émoustille, chatouille, stimule tout le petit monde du sous bois.

Ça siffle, ça trille, ça roucoule dans tous les coins.

Du Bassin arrive le teuf-teuf poussif d’une pinasse.  Les mouettes haussent le ton et leurs rires giflent les ramures. Il en faut plus  pour troubler la course débridée du Sieur Écureuil…

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MMR( tous droits réservés)

Cliquez sur les photos pour agrandir svp, merci.

*Bassin d’Arcachon

*L’aigrette garzette se nourrit également de mollusques, insectes, vers, reptiles, petits oiseaux…

* Papillon migrateur: le vulcain

14 juillet 2013

Sous le bleu

Filed under: au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , — Martine @ 7 h 03 min

Sous un coin de ciel bleu…

Cliquez sur les photos pour agrandir svp, merci

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A l’ombre valériane,

Feuille frémissante,

Citron* boit à longs traits

Son élixir de vie.

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Perché sur l’édredon,

IMG_9271_v1La saveur rose lavande,

Bourdon s’emplit les poches

De délices pollen.

L’azur pour seul témoin,

Ce Rapetou, fébrile,

Dans sa hâte macule

Son pyjama rayé.

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MMR ( tous droits réservés)

* citron: gonepteryx rhamni; lépidoptère; famille des Pieridae

 

 

28 avril 2012

Entre deux giboulées!

Passez la souris sur les photos pour agrandir s’il vous plaît, merci.

Il fait un temps pourri. Mais le jardin resplendit de contentement. De l’eau! Encore de l’eau  clame-t-il vers le ciel!

Oui! Bon! Un peu ça va! Mais une pause de temps en temps, hein?

J’ai envie de dire pouce!

Du bleu ! DU BLEU! DU BLEU!

C’est ma rengaine, mon refrain chagrin du matin à la face du ciel.

Le 21 avril était si merveilleux. Une journée presque estivale.

Le genêt ( une variété non parfumée 🙁 ) brillait, luisait , capturait la lumière.Tout un petit monde s’y activait. « Vite! Vite! Pas une minute à perdre! » bourdonnait-il. Mouches, abeilles sauvages ou domestiques plongeaient au cœur des fleurs; se dégageaient poudrés d’or bruni; se hâtaient vers l’offrande affriolante suivante sans perdre une seconde.

Ce gros balourd de bourdon dédaigna ce matin-là les papillons dorés pour ceux rose fuchsia de l’arbre de Judée.  Il pressait, farfouillait du nez, passait  au délice suivant très concentré sur le but de sa quête. Quelle belle fourrure! L’envie me démangeait de la caresser. Je me contentais… sagement… de le chatouiller du regard. 🙂

Les bourdons se nourrissent de nectar et de pollen. Ils ont leur rôle à tenir dans la biodiversité. J’en ai observés couverts de pollen. Pareil pour les abeilles et les mouches. De temps en temps, ils se posent et font toilette.

Mais ce jour-là, tout le monde semblait pressé comme un citron. Midi, l’heure de pointe approchait. Une lève-tard? Ou bien une exploratrice venant de loin?  Sur le coussin rose pâle de la sarriette, une énorme mouche butinait sans façon toutes les lèvres offertes.  Tachina Fera, insecte diptère de la famille des Tachinidae. Marrante avec son gros popotin poilu. Mais une redoutable dont les larves parasitent et tuent les chenilles.

Ses cousines, aux robes aussi variées que celle de leur menu du jour, butinaient, se goinfraient du suc sur les énormes euphorbes.  Parfois ça se disputaient bien un peu. Mais la table étant bien fournie, on retournait très vite au festin.

Une belle galerie de portraits. Ce sera l’occasion d’un nouvel article.

 A l’ombre de l’arbre de Judée, deux ravissantes tulipes à fleur de lys s’épanouissaient .

Tendre duo ,

Frais tête à tête,

Un teint neige et cerise qu’aurait enviée la vilaine reine de Blanche Neige.

Si élégantes,

Si fines,

Si radieuses

Si….trompeuses

Entreprenant vainement de s’agripper au satin virginal, un drap mortuaire multipliait les tentatives pour échapper au piège de l’une d’elles.! Tapi, un regard menaçant le surveillait. Une thomise se fondait à la blancheur laiteuse de la liliacée. Estima-t-elle son cuir trop indigeste? Le veinard s’en tira  à bon compte  pour cette fois. Mais attention à la prochaine maladresse…

MMR t tous droits réservés)

22 avril 2012

Un matin d’avril

Clin d’œil ensoleillé,

Zéphyr velours et soie

Sur ma faim d’euphorie.

Regard perdu,

Lèvres entre ouvertes,

Mes sens palpent l’instant,

Ce pétillant jacinthe

Sous l’arbre de Judée,

L’errance affairée

Rayées  guêpes ou bourdons…

Offrande douceur sucrée,

Quintessence nacrée,

Bouquet cœurs vert prairie

D’où jaillissent, dansant,

Grappes lilas charmeur.

L’azur gazouille un brin

Quelques mots hirondelle;

Reflète en son miroir,

Antennes et longues cuisses ,

Coquette à ses heures,

Un caprice sauterelle

Polissant son corset

Aux flammes anémone.

Narines frémissantes,

J’inhale, me nourris,

Prise cet orviétan*,

Ivresse matin d’avril…

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MMR tous droits réservés)

* Orviétan: drogue, remède

 

 

 

 

 

 

 

 

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