Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

5 février 2012

Matin frileux

Filed under: Promenades ici et ailleurs... — Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , — Martine @ 10 h 38 min

Ce matin….

Rien…

Le silence…

La tramontane a enfin cessé de rugir. Lorsque j’ai aperçu le ciel par le fenestrou de la cage d’escalier, aaaaahhh 🙂 le lever était intéressant.

La nuit entrouvrait ses voiles sous la pression du jour.

– 7°.

A glagla! Emmitouflée jusqu’au ras des yeux me voici frémissante à attendre les trois coups.

Phébus n’est pas pressé.Mes doigts commencent un peu à protester.

La solitude? Oui, là, elle est la bienvenue, désirée, réclamée. Je râle intérieurement si une voiture passe. Non!Non! Martine est au spectacle , prête pour le cliché du siècle. On diffère sa sortie s’il vous plaît! On respecte son rendez-vous favori…

Fichtre, ce qu’il fait froid!

Quelques pas impatients vers ce grand pin à gauche pour échapper à l’éclat d’un réverbère. L’herbe crisse sous mes chaussons ( et oui, la hâte,  la crainte de rater le début de la représentation me font risquer la « mort »  🙂 )

Raffut au dessus de ma tête! Envol fracassant de tourterelles dérangées par l’importune . J’ai manqué un battement de cœur sur le coup.Mais j’oublie vite car les premières mesures d’une symphonie wagnérienne résonnent assourdies.

Les yeux écarquillés, ces instants se gravent comme au burin dans un coin de mémoire. Comparaisons, images, symboles se bousculent face à cette féérie.

J’aimerais pouvoir inventer des mots nouveaux pour décrire cette merveille. Les nuages virent lentement ( en apparence) d’un noir velouté vers des tons bleu-marine striés de fumée parme…. Puis le feu embrase les volutes qui se tordent, s’enroulent, tressent l’incroyable chevelure de l’aurore.

Il est 7h58. Deux automobilistes ont à peine gêné ma concentration. Car l’onglée n’est pas loin. Mon corps est bien au chaud . Par contre pour manier ce nouvel appareil, beaucoup plus petit que le précédent, impossible d’avoir des gants. Le bouton est petit et très sensible. Du doigté! Car il n’est pas question de gâcher ces instantanés.

Les draperies se meuvent, ondoient. Me voici face à un fleuve de lave en fusion.

C’est grand! C’est magique! Quelle émotion!

Jamais assouvie,

Jamais rassasiée,

J’ai faim de cette beauté,

De cette splendeur qui me transporte dans une autre dimension. Ce torrent incandescent envahit tout l’horizon. Vagues après vagues le voici au dessus de ma petite insignifiance. Le lève-tard dominical passe à côté de quelque chose de grandiose.

Mon regard s’embue, se brouille. Décidément, il est temps de rentrer. Les couleurs virent petit à petit vers un beige rosé, puis jaunâtre secoué d’un soubresaut ardent. Ultime offrande captivante avant de se noyer dans un gris assorti à celui des tourterelles effarouchées.

Mon nez est insensible,

Mes menottes s’engourdissent,

Mon estomac crie famine,

Les couleurs ternissent,

Retour au bercail dare-dare..

Avant de m’engouffrer dans la chaude protection de la maison, dernier coup d’œil en arrière.

Le snack est ouvert. Chip! chip!chip! Bonjour mésange!

MMR ( tous droits réservés)

2 février 2012

Anémone

Filed under: Poèmes en couleurs — Étiquettes : , , , , , — Martine @ 8 h 00 min

Cliquez sur l’image pour agrandir, merci.

MMR ( tous droits réservés)

 

30 janvier 2012

Une belle matinée

Filed under: au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , , , — Martine @ 8 h 19 min

L’hiver n’a pas toujours la couleur du gris ou du blanc. Il peut arborer  un costume doré sur tranche. Celui que l’on porte à la plage.

L’or du jasmin flamboie sur un ciel bleu de cobalt . L’air pique un peu le matin mais pas vraiment méchant. Juste histoire de dire que ce ciel n’est pas celui du mois d’août.

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Pluviôse bleu roi-

Jasmin crépitant son or

Mais pas d’hirondelles

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Je me repais goulument de cette lumière aussi douce qu’une caresse maternelle.

Pas une voiture ne vient troubler cette embellie hivernale. Une grosse mouche grise profite de cette tiédeur inespérée pour venir zonzonner dans ma bulle. Elle cesse son manège près de la bouche du regard des eaux pluviales. Pas très esthétique ce choix. Mais voici,  aussi silencieuse que l’espion aux pattes de velours, ICI , une mouche joliment baptisée syrphe. Sa ressemblance avec une guêpe peut induire en erreur. Mais la forme de ses ailes, ses gros yeux  et surtout son vol stationnaire aphone ne trompe que les non avertis. Elle aussi repère la bonne fortune du souci largement épanoui. Je l’observe , indifférente à ma curiosité, se gorgeant de nectar.

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A l’abri du mur-

Un avant goût de printemps

Mon nez rouge fraise

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MMR ( tous droits réservés)

27 janvier 2012

Une fleur hivernale

« A chacun sa fleur ». Comme chaque vendredi, un nouveau thème pour « le coucou du haïku » , ICI , communauté d’Alice et Mamylilou.

Puisque nous avons le choix et que… j’ai toujours du mal à choisir, alors, voici ce que le jardin m’offre en hiver

Chaque année, sous la protection bienveillante de la haie de cyprès, il revient…

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Sol craquant de gel-

Un tout petit perce-neige

éclaire un jour gris

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Le sud, parfois très rude, est en général bienveillant , surtout à l’abri d’un mur.. Cet automne, trop occupée, je n’ai pas eu le temps de courir les jardineries pour renouveler les bulbes. Je regrette surtout d’avoir oublié une beauté largement représentée dans les massifs de la commune.

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Pensées à foison-

Danse au soleil hivernal

Drôles de papillons!

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Dans mon brise-vent végétal, fleurit le laurier tin, l’arbousier mais aussi…

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Romarin lavande-

Violence de la tramontane*

Riposte parfumée

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Cet univers clos de murs bas, d’arbustes très aérés et de cyprès un peu indisciplinés, abrite quelques îlots joyeux tels que..  les violettes nichées entre de grosses pierres , leur fragrance comme un pied de nez à l’hiver… ou encore…

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Entre deux blizzards-

Ribambelle de crocus

O bonheur du jour

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Ramenés de mes vacances au Cap-Ferret, deux mimosas minuscules se sont bien accoutumé à leur nouveau gîte.  Depuis, le mois de février n’a plus le même visage. Pas besoin d’aller à Mandelieu-La Napoule pour « s’éclater » en jaune! 🙂

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Au cœur de l’hiver-

Véhémence parfumée

Mimosas en fête

Promesses miel sur ciel bleu

L’abeille se croit au printemps

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MMR ( tous droits réservés)

22 janvier 2012

Après la pluie

Nouveau thème de ce mardi pour la communauté de Hauteclaire  « entre ombre et lumière » ICI : gouttes d’eau

Ah cette eau que l’on attend et qui ne vient jamais quand on veut! Enfin… presque jamais.  Pour ma part je l’apprécie la nuit, lorsque je suis bien au chaud sous ma couette! 🙂 Mais au jardin, dans le noir… certains ne sont pas à la fête.

Déjà, en fin d’après-midi l’orage avançait lentement, traîtreusement,  dévorant la douceur du jour. Le seringat profitait des derniers rayons pour s’offrir aux lèvres de l’abeille ou du syrphe craintif…

Mais derrière lui, le tonnerre roula lentement du tambour. Braouuummmm! La Montagne Noire, portant bien son nom., se confondit , fusionna aux  nuages… Une fulgurance déchira le ciel. Au cœur des cyprès, les oiseaux se disputèrent les meilleurs gîtes.

Il était temps de filer se mettre à l’abri.

Bien que bref, ce tohu-bohu laissa quelques traces. La nuit ne fût pas tendre pour mes locataires. Certains s’en sortant mieux que d’autres.

Après la pluie…

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De nombreux  volcans émaillèrent la pelouse mitée  d ‘étranges gueules noires. Les fourmilières, ravagées par les trombes d’eau,  demandèrent de gros efforts de reconstruction. Ses courageuses habitantes se démenèrent sans trêve.

L’orchis abeille se dressait du haut de sa petite fierté. Tandis que les tulipes courbaient l’échine sous le poids de leur dépit.

Dame sauterelle supportait sa cuirasse de diamants éphémères. A trois pas de là, maître Bourdon avait bonne mine le pauvre. Coiffé à l’iroquoise, fourrure en bataille, ne sachant quelle contenance avoir, il  tenta de butiner  un pollen détrempé.

Seule la rose, coquette, battit des cils en chassant une perle lumière prise au satin de sa peau. Mai ou juin, qu’importe. Cette saison embellissait son teint. La belle accueillit le soleil en ses atours diaprés.

Après la pluie… le beau temps…

MMR ( tous droits réservés)

19 janvier 2012

Instant présent bis

Filed under: mini poèmes, Haïkus, tanka, haïbuns... — Étiquettes : , , , , , — Martine @ 8 h 45 min

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Table ensoleillée-

Entre café et croissants

Ton rire homérique

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MMR ( tous droits réservés)

4 janvier 2012

L’an nouveau

Filed under: entre ombre et lumière — Étiquettes : , , , , , , , , , , , , — Martine @ 19 h 54 min

Premier rendez-vous 2012 pour la communauté « entre ombre et lumière, ici, de Hauteclaire.

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Fine aquarelle ce premier lever 2012. J’ai emprunté l’APN de mon mari pour tenter de capturer cette délicate porcelaine, cette timidité du ciel. Timide? Oh oui. La brume avala goulument l’Alaric, la Cité, le village… Mais Phébus d’un doigt impatient déchira ses voiles grise-mine. Adieu nuages! Bonjour lumière!

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Le soleil , vainqueur, épousa la moindre courbe, révéla la gourmandise d’une mouche, la carnation mordorée

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du fraisier, sa hardiesse à narguer l’hiver par l’éclosion de trois fleurs. Les larmes de la nuit s’évanouirent…

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Les joyaux du pittosporum, leur tentation rubis, attirèrent les oiseaux. Le chrysanthème tardif, fit bouffer  sa chevelure nacrée. L’azur déploya sa douceur, écrin soyeux où se dora le lichen . Le jour m’offrit son sourire…

MMr( tous droits réservés)

20 novembre 2011

Amour solaire

Filed under: mes oeuvres — Étiquettes : , , , , , , , , , — Martine @ 19 h 08 min

Soleil entreprenant

Glisse sous les feuilles

De la vigne épanouie

Sa curiosité or.

Chaleur occitane,

Vieux parler troubadour,

Phébus chante l’amour

Aux pampres éblouies.

La belle, feu aux joues,

Secoue sa crinière,

Tortille des vrilles,

Danse,  immobile.

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Cambrure accueillante,

Ombre désir rouge,

L’amante, grains affolés,

Se sucre de plaisir.

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MMR ( tous droits réservés).

1: La vigne: huile sur toile : 60X60

2: Feuille1: technique mixte à partir de gravure, marouflée sur toile: 30X30

3: Raisins sur fond rouge, technique mixte à partir de gravure, marouflée sur toile: 30X30

18 novembre 2011

A l’écoute des sons

Suite du thème de vendredi dernier pour  » le coucou du haïku », ici, de Alice et mamylilou.

D’un sentier à l’autre ou à l’écoute des sons…

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Lenteur lumineuse-

Moelleux tapis feuilles mortes

Deux pigeons roucoulent

Sur le calme de l’automne

Remous et froissements d’ailes

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D’un sentier à l’autre, souvenez-vous,  j’étais en haut de la dune, après une belle grimpette, à admirer l’océan…

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Sentier dans les dunes-

Le vent froisse les oyats

Bruissement soyeux

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La montée avait été plus longue que prévue. Craignant que mon cher et tendre ne s’inquiète, je décide de rebrousser chemin après un petit coucou à l’océan.

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Piste sable blond-

Les grains roulent sous mes pas

Froissis* satinés

La mouette ignore l’automne

Son rire emplit le ciel

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Le retour est d’une facilité qui m’encourage aux pauses: pour écouter, deviner où se cache le mystérieux, le facétieux  qui me nargue depuis quelques mètres. Cri-cri-cri lorsque je marche , cessant à mon approche… Soudain je l’aperçois petite chose bruyante. Longues antennes? Ce doit être une sauterelle se croyant encore en été! A-t-il attiré l’oiseau?

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Au soleil dunaire-

Boule de plumes sur son perchoir

Trille perce-lumière

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Me voici de nouveau sous le couvert des frondaisons bleu-nuit des pins maritimes. Leurs aiguilles se mêlent au sable, leurs graines aussi.  Manne tombée du ciel grâce à l’étourderie ou la maladresse d’un éclair roux.

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Roi en son royaume-

L’écureuil couleur d’automne

Griffe le silence

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MMR ( tous droits réservés)

* Froissis: bruits de choses froissées

6 novembre 2011

A l’ombre

Filed under: au Jardin: fleurs, arbres... — Étiquettes : , , , , , , , , , , , , — Martine @ 10 h 04 min

A l’ombre d’un jour solaire . D’une journée où tout le feu du ciel ruisselle sur ma peau offerte. Délice de ces heures précieuses où je m’enivre de ce soleil 2011 tant aimé, tant capricieux .

Mon regard s’évade vers cet émail trop clair, ce métal brûlant qui se nomme azur.

Cette ombre mange lumière est un havre  où il fait bon rêver. Songes ondoyants d’atolls lointains où l’océan vient mourir sur la blancheur du  sable. Ma vision se perd au doré craquant du raisin. Caresse ses promesses sucrées que surveillent et soupèsent  la guêpe ou le moucheron.

Je me laisse envahir par cette chaleur émolliente… ouvre grands mes arcanes …  me fonds au zéphyr, à ce halo scintillant d’heures safranées… bercée par le cri-cri-cri du criquet invisible.

Ces stridulations modulent et fragmentent le Temps. Mon musicien lilliputien ne connait pas la mer.  Pourtant ses notes monotones se confondent dans l’espace à celles de son cousin des sables.

D’autres ombres s’étirant sur la dune moirée d’iode et de sel…

MMR ( tous droits réservés)

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