Les voyages immobiles… … de Martine Madelaine-Richard

15 novembre 2020

Sur la longue plage blonde

Filed under: l'herbier de poésie — Étiquettes : , , , , , , , — Martine @ 3 h 21 min

Pour l’Herbier de poésie, Adamante, ICI  , nous propose d’écrire sur les œuvres du sculpteur  Théo Jansen,   ICI   

et puis ICI  ,   et encore ICI

 

Sur la longue plage blonde, les crabes aiment à courir à marée basse. Les petits limicoles picorent crevettes et vers de sable.  Au loin, océan et ciel se disputent l’horizon. Tandis qu’au bord de l’eau…

Entre deux algues

Un coquillage doré

Baille aux corneilles

L’automne ganté de froidure a chassé les vacanciers.  Pas un humain trouble fête.  Le rire des mouettes nargue les nuages aux ventres rebondis.

Ressac serein

Sur la laisse de mer

Trois mouettes festoient

Quand soudain, toute cette tranquillité marine vole en éclats.  Un étrange insecte,  surgi de nulle part, se précipite sur le sable humide.  C’est un géant, un mastodonte tout en ailes et en pattes grêles. Il déroule sa longue carcasse aérienne à folle allure.

Les ailes du vent

Celles de l’insecte

Union éphémère

Cet animal extraordinaire sort tout droit de l’imagination d’un artiste venu du Nord. Mélange de plastique recyclé et de bois, ses œuvres unissent avec bonheur les sciences à la poésie.

Illusion d’optique

Des animaux fabuleux

Un rêve prend corps

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MMR (tous droits réservés)

23 février 2020

Renouveau

Les jours succèdent aux jours… Les saisons toujours emmêlées…   Certains matins frileux se réchauffent aux nuances mandarine de Phébus ragaillardi.  Les petits habitants du jardin reprennent possession des lieux.

Lever de rideau-

Sifflets et remue-ménage

Deux merles jouent du bec

 

La brume  du vent marin se sublime insensiblement. Explosion silencieuse! Un prunier lâche ses pétales sous la course excitée des merles.  « Pin! Pin! » L’un d’eux, sans doute un célibataire endurci, salut le retour du soleil.   Affamés, les premiers oiseaux viennent  chiper quelques graines à la mangeoire.

Saint Valentin-

L’amour toque à la fenêtre

Des mésanges bleues

Un piéride survole le jardin en ligne droite.  Où donc va-t-il ainsi, aussi pressé qu’un citron?  Romarin et  laurier tin, mimosas, pâquerettes, pissenlits, violettes blanches et violettes, crocus, narcisses…  sont courtisés par maintes trompes gourmandes.  Quelques syrphes* font doucement du sur place. Les premières abeilles sauvages filent à droite ou à gauche. Une osmie bicolore semble très intéressée par les « appartements » de l’hôtel à insectes.

22 février-

Les jacinthes carillonnent

Vive le printemps!

 

MMR ( tous droits réservés)

*syrphe: une mouche très utile au jardinier. Elle butine les fleurs et ses larves adorent les pucerons.

17 janvier 2020

Le petit veau

Pour l’Herbier, Adamante, ICI, nous propose d’écrire sur cette peinture, de préférence en haïbun:

Francis Bacon, Étude de taureau, 1991, huile, peinture en aérosol et poussière sur toile, 198 x 147 cm, collection particulière © The Estate of Francis Bacon / All rights reserved / ADAGP, Paris and DACS, London 2019

 

L’air immobile et poisseux pèse de tout son poids sur la prairie somnolente. Au loin, un tracteur poussif halète de fatigue.  Sous l’ombre chiche du grand pin quelques vaches ruminent paisiblement.

 

Soleil crépitant-

A l’heure de la sieste

Fourmis au travail

 

Son museau tendu vers le ciel, un petit veau suit des yeux avec envie le ballet joyeux des martinets.  Il s’ennuie et rêve de courses , de bruit, de vie trépidante.

 

Feu solaire-

Rodéo des mouches

Celui d’un petit veau

 

Il a laissé trainer ses oreilles et surpris les confidences de sa grand-mère un soir où elle le croyait endormi. Elle racontait les exploits d’un sien cousin, taureau de combat. Une vedette en son temps triomphant dans les grandes arènes d’Espagne. Ah comme ce devait être excitant toute cette gloire! Dommage qu’il se soit endormi avant la fin de l’histoire.

 

L’enfance naïve

Joue aux papillons

O temps suspend ton vol

.

Le petit veau s’amuse à courir parmi les herbes folles dérangeant avec joie de jolis papillons. J’ai fait de même lorsque j’étais petite.  Ces insectes, que l’on pourrait comparer à des fleurs volantes,  m’émerveillent à chaque retour du printemps.

 

Joli mois de mai-

Sur le sucre des Lychnis

Un citron acide

Ce jour là, le temps était menaçant.  Tandis que j’observais un grand silène se gorgeant du nectar des lavandes, une abeille sauvage se mit à lui tourner autour. Il s’agissait d’un anthidium mâle jaloux, très possessif. Pas question de s’approcher de ses femelles. Il le harcela puis finalement renonça. Ce papillon était décidément trop calme et indifférent..

 

 

 

 

 

 

 

 

Scabieuses, lavandes…

Parmi toutes les fleurs

Celles des papillons

 

La valériane, accueillante , offrait la quiétude de son ombre à un satyre affamé.  Cette plante très mellifère a beaucoup de succès auprès des insectes.

Midi –

Au banquet du jour

Ma faim et celle  des papillons

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MMR ( tous droits réservés)

Mes petits héros dans  l’ordre d’apparition  de haut en bas, et de gauche à droite:

1- le citron: Gonepteryx rhamni

2- le silène: Brintesia circe en compagnie de l’abeille sauvage: anthidium

3- Le Demi-deuil: Melanargia galathea

4- La Belle dame: Cynthia cardui

5- Le brun des pélargoniums:  Cacyreus marshalli

6-  L’azuré commun ou de la bugrane: Polyommatus icarus ( si je ne fais pas erreur, sinon détrompez-moi svp)

7- Le satyre ( Lasiommata megera)  le mâle se nomme Satyre et la femelle Mégère.

2 juin 2019

Saisir le fugitif instant…

Filed under: Océan et Bassin d'Arcachon — Étiquettes : , , , , , , — Martine @ 1 h 57 min

Que faire lorsque vous devez attendre que l’on répare votre roue transpercée par un gros clou? La question s’est posée lorsque nous étions partis pour nous promener au bord du Bassin, dans sa partie nord.

Première chose: avoir toujours son APN sur soi ou dans le sac. Ce qui est mon cas chaque fois que je mets le nez dehors. Enfin, presque toujours.  Près du garage, où avait lieu cette réparation, s’étalait une immense pelouse assez négligée. Et c’était une chance pour observer la vie courant, sautant ou volant. Comme ce joli papillon : le cuivré commun .

 

Sur le tapis vert

Il se pose, en surprise

Le papillon

 

Puis un  bourdonnement  assez puissant attira mon attention. Un gros bourdon allait tranquille de pissenlit en pissenlit. Énorme, noir et rouge feu.  Jamais vu dans mon jardin, ni au cours de mes nombreuses pérégrinations.

 

Neuf heures au soleil

Un bourdon de fleur en fleur

Bain de pollen

 

A deux pas de là, autre plaisir, connu celui-ci. Un beau papillon Citron se délectait de nectar.

 

L’or du pissenlit

Celui d’un Citron pressé

Garçon? Un pastis!

 

Et enfin, une dernière surprise, de taille également. Une fourmi, d’un gabarit fort impressionnant. Comparez avec la taille de cette fleur . Elle semblait s’intéresser à son nectar . S’agit-il de Camponotus ligniperda ( ou fourmi gâte-bois) ?

 

Une fleur suave

Fric-frac bourdons, papillons…

La fourmi bredouille

 

Réparation terminée relativement vite. Et nous reprîmes la route vers  Arès pour respirer l’air du Bassin.

 

A marée basse

Un chemin d’eau entre les herbes

Mes pensées l’emprunte

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MMR ( tous droits réservés)

3 mai 2019

Le Printemps ici et… là…

Pour l’Herbier de poésies, Adamante, ICI , nous propose d’écrire sur cet arbre remarquable:

Le ciel est gris.

Le printemps tarde à venir. Pas un bruit dans les cimes, sous les branches. Où sont donc passés les oiseaux?

 

Sur le gazon tendre-

Chat, queue interrogative

La faim pour compagne

 

Le vieux sage pense et pense encore. D’ailleurs il passe son temps à ça. Que faire d’autre lorsque l’on est arbre? Et vieux, si vieux que sa mémoire se dilue dans la course des nuages et du vent.

 

Parfum menthe fraîche-

Le vol d’un bourdon errant

Meuble le silence

 

L’ancêtre en a tant vu qu’il en aurait des histoires à raconter. Mais qui passe encore dans ce coin reculé du parc, mis à part le jardinier? Le platane tend ses bras comme pour serrer une main amie.  Son tronc se penche à l’écoute d’une musique intérieure connue de lui seul. Ses racines enjambent la barrière délimitant la pelouse.

 

Le temps d’un soupir

Et le rêve s’envole

Au pays des légendes.

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« Où sont donc passés les oiseaux? » Ce n’est pas compliqué. Ils sont dans mon jardin!

Monsieur Mésange est amoureux. Il va et vient aux quatre coins. Chenilles et pucerons, araignées et limaçons n’ont qu’à bien se tenir. Monsieur Mésange fait le ménage pour nourrir sa dulcinée..

Depuis que nous avons cessé d’approvisionner la mangeoire, nous pensions que les chardonnerets iraient voir ailleurs si la table est meilleure.  Mais pas du tout. Ils sont encore dans le secteur à se nourrir de graines de fleurs.

Au bord du toit, L’étourneau sansonnet met les bouchées doubles pour nourrir sa nichée.  Il s’octroie parfois une pause pour chanter comme un pinson ou imiter un klaxon. Ses trilles et cliquetis, ses gazouillis et grincements claironnent à tout le pays « Je suis là!. Admirez ma belle voix, la richesse de mon répertoire! »

Indifférent à ses vocalises, Monsieur Merle, quant à lui, a pour priorité de se faire respecter. Sur son territoire, pas question qu’un autre vienne conter fleurette à sa jolie merlette. Coups de griffes et coups de bec sont distribués avec vigueur. Malheur à l’imprudent qui s’en prend plein « les dents »!

Tandis que tout le monde s’agite, Monsieur Verdier, au sommet de son cyprès, chante à s’en brûler le gosier. Il déroule chaque note sur la page du Printemps comme si celui-ci était permanent. Silhouette jaune anis, ce soliste inspire le poète griffonnant fiévreusement  un conte de plumes et d’amourettes…

MMR ( tous droits réservés)

10 février 2019

La pergola

Filed under: Poèmes — Étiquettes : , , , , , , , , , , , — Martine @ 1 h 08 min

Le sujet écrit vendredi pour l’Herbier  de poésie a fait remonter le souvenir  d’un instant très agréable:

Sous le rideau mouvant de la pergola, tête à l’ombre et jambes abandonnées au soleil, il fait bon se laisser aller…

L’émail du ciel

Gravé

Par le vol des hirondelles

L’instant se délite en minutes paresseuses et voluptueuses. Mon bâton de pastel glisse de mes doigts absents  sur ma feuille abandonnée.

Parenthèse blonde

Va et vient des abeilles

Refrain lénifiant

Le monde se concentre dans le rien magnifié.   Les secondes pailletées bleu et or deviennent éternelles.   Une mouche improvise un solo syncopé sur le bruissement amolli des feuilles.  Tout autour, le jardin regorge de parterres multicolores.  Fleurs parmi les fleurs, les papillons promènent de-ci de-là leur poésie aérienne. Soupir bienheureux.  Juste jouir jusqu’à plus soif de cette nature si sereine.

Chaud après-midi-

Le parfum des roses

Enlace ma flemme

Dans ma grotte végétale , bercée par le bourdonnement industrieux des insectes, la soie de ma rêverie s’effiloche. Ses brins lumineux se diffusent jusqu’à ma main et la réveille. Le pastel interrompu reprend en traits vifs et éclatants.  Le delphinium à la silhouette vaporeuse cristallise ce moment où mon Temps s’est vaporisé en volutes enchantées…

MMR( tous droits réservés)

Merci pour tous vos commentaires très très appréciées

20 avril 2014

Sous le signe du cerisier

Pour le coucou du haïku géré par Marie-Alice, j’ai choisi le thème libre

Dimanche dernier, j’étais à IMG_3910_v1une rencontre poétique. Journée organisée par Marie-Andrée Balbastre, présidente de l’association de poésie Terpsichore  , sur une idée de Martine J ,  membre et poète  . Nous avions tous remarqué les nombreux vergers de cerisiers près, et autour, de son village mais… en novembre. Quelle frustration que d’imaginer leur beauté printanière  à l’approche de l’hiver. Aussi, rendez-vous fut pris pour les admirer en 2014. Pour moi cette journée commence en arrivant chez MA. Qu’il est beau son jardin sous le soleil paresseux.

Tout le bleu du ciel

réfugié au cœurIMG_4050_v1

du céanothe

.

Nous sommes plusieurs dans la voiture de notre présidente. En avant toute. Direction  la Montagne Noire. J’ai hâte de contempler ce joli petit coin au printemps. Plus nous approchons, plus c’est spectaculaire. IMG_3942_v1Marie-Andrée s’arrête plusieurs fois pour me laisser jouer au reporter photographe.

Sous les cerisiers

Clic-clac de mon APN

Écho d’un coucou

.

Un peu en retard, nous voiciIMG_3986_v1 enfin au bout de la route. « Bonjour ! Bonjour! »  Les premiers arrivés s’installent dans une jolie petite chapelle désaffectée. C’est l’heure de l’assemblée générale de Terpsichore. Puis, chacun apporte de quoi garnir la table du pique-nique. Installation des plateaux , chaises, buffet largement garni.  Les poètes, comme les peintres , apprécient le bon vivre.

.A l’apéritif-

Entre les rires se glisse

le chant d’un oiseau

.IMG_3996_v1

Ce week-end des Rameaux, pas un son de cloche.

Le clocher muet

Une guitare en profite

pour emplir son vide

.

Dernière goutte de café avalée, les IMG_4032_v1poètes partent en balade. Il est temps d’aller admirer les cerisiers de plus près.

Sous le soleil

Il n’y a pas que les abeilles

qui bourdonnent

.

IMG_4070_v1Au long du chemin nous apprécions la beauté de la nature, échangeons sur tout ce qui nous entoure: violettes, orchidées, coronilles… le tout entrecoupé de deux haltes poétiques

Douce cerisaie-

Un temple d’oubli

le temps d’une pause

.IMG_4064_v1

Chacun lit ou déclame de bien belles choses. Lorsque vient mon tour,Marie-Andrée me demande de présenter mon nouveau recueil. Ce que j’accepte avec plaisir .Puis je choisis de partager « Soleil » . Mes amis poètes m’applaudissent et me félicitent.

.

Le soleil

vient caresser mes mots-

Un pétale aussi

.IMG_4080_v1

Commencée sous les nuages la journée se termine sous un ciel merveilleux.

Bleu! Blanc! Bleu!Blanc!Bleu!

Au sacre du printemps

Ciel bleu royal

Boules, fusées végétales

Les cerisiers sont en fête

..

MMR ( tous droits réservés)

13 avril 2014

Pas un cerf-volant

Filed under: mini poèmes, Haïkus, tanka, haïbuns... — Étiquettes : , , , , — Martine @ 7 h 49 min

« Le cerf-volant »: nouveau thème pour le Coucou du haïku géré par Marie-Alice

J’ai cherché dans mes albums… pas une photo sur ce sujet.  Va falloir improviser…

.IMG_2558_v1

A l’aurore …  Les mots du Bassin pour seule compagnie…

.

Sur l’émail du ciel

Les vapeurs de l’avion

sans fil à la patte

.

Cet instant si fragile où le Temps semble suspenduIMG_2560_v1…. Sur l’eau dansant au gré de la discrétion du vent

.

Des reflets… des bulles…

Ce matin  les poissons

jouent au cerf-volant

.

C’est trop tôt pour pour s’amuser au jeu du cerf-volant. Pas un amateur.  Ils sont encore dans les bras de Morphée..

.

IMG_2581_v1Là-haut les aigrettes

entraînent le cerf-volant

de mes rêveries

.

MMR ( tous droits réservés)

 

23 mars 2014

Premier jour printanier

« Équinoxe de printemps »: Thème pour le « coucou du haïku », géré par Marie-Alice

.IMG_3744_v1Cliquez sur les photos pour agrandir svp, merci

Sacré printemps! A force d’être en avance, le voici enfin , officiellement!  Certains coins du jardin se croient encore en hiver. Et d’autre presque en été.   Le Temps emmêle ses aiguilles.

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21 mars –

Carnet rose débridé

Jacinthe … Anémone…

.IMG_2158_v1

Tout resplendit,  bourgeonne, se hisse à la conquête du soleil! Difficile de rester studieuse  au bureau, au chevalet, à la cuisine ou derrière mon clavier…

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Soleil à gogo-

Le vent printanier balaie

mon envie d’agir…

.IMG_3637_v1

La mésange lance  à  tous les vents son joli « chant du nid ».  Du cyprès au lampadaire, du toit à la haie voisine, Monsieur Tourterelle fait une cour effrénée à sa dulcinée.  Coucouuu…roucou!.Coucouuu…roucou! Infatigable!

Ambiance à la noce-

Diptères sur laurier tin

Film classé XIMG_3482_v1

.

Est-il jaloux?  Agacé par ce chaud discours, un rien  monotone , sa majesté Merle, roi de mon Eden,  lance trilles sur trilles. Indifférent aux  jacinthes, intarissable , sa voix couvre presque celle de l’amoureux transi d’à côté…

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Fragrances entêtantes-

Narcisses et lauriers  nous saoulentIMG_3736_v1

tourterelle idem

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MMR ( tous droits réservés)

16 février 2014

Souvenir solaire ( haïbun)

Filed under: mini poèmes, Haïkus, tanka, haïbuns... — Étiquettes : , , , , , , , , — Martine @ 8 h 40 min

« Un souvenir » est le thème de février chez la communauté des « Passeurs de mots » d’Evajoe

Allez, suivez -moi ( enfin, c’est si vous voulez bien sûr 🙂 ). Quittons un moment toute cette grisaille hivernale, toute cette eau qui noie nos rêves…

Souvenir, souvenir IMG_8657_v1

C’est l’été dans les Hautes  Alpes . A flanc de montagne , un petit jardin un peu abandonné, un brin ensauvagé

Juin montagnard

Le jardin bourdonne et zonzonne

Pause chaise-longueIMG_8574_v1

Chaleur accablante. Chaleur délicieuse. Le ciel dilue son bleu d’un zeste laiteux.  Sous l’azur engourdi mes gestes ralentissent, mes paupières filtrent la violence lumineuse.

Sans complexe

les lézards  bronzent intégral

mais pas les escargots

Souvenir…souvenir…

Pas un matou. C’est l’heure de la siesteIMG_8668_v1. Bousculant le silence deux geais s’interpellent , s’insultent  d’un pin à l’autre.. Leur remue-ménage laisse indifférente une foule de petites vies. Mais pas l’écureuil roux. De son perchoir, un merisier  aux feuilles pantelantes, celui-ci les invective à son tour. On a pas idée de déranger le monde.  » quek! quek! quek! quek! Glapissements  en rafale.  Une vraie bordée d’insultes.

Théâtre estival-

Deux geais et un écureuil

à couteaux tirés

Puis l’algarade s’épuise,  IMG_8938_v1s’englue à la chaleur sirupeuse.  Assoupissements des minutes. L’heure ronronne comme une chat auprès de l’âtre. Du fond de la vallée un train siffle, épuisé à l’idée de partir…  L’or de Phébus ruisselle, s’insinue sous les feuilles, dans les interstices, chasse l’ombre lavande…

Effleurant ma peau

Qu’ils sont doux ces papillons

d’ombre et lumière

.

MMR ( tous droits réservés)

Cliquez sur les photos pour agrandir svp, merci

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